Si vous en avez l'occasion, allez assister à une fête birmane, ça vaut le coup
!
Religions et croyances
Vous le constaterez, le bouddhisme est omniprésent dans la vie quotidienne
des Birmans qui consacrent, paraît-il, plus de 10 % de leurs revenus à l'entretien
des pagodes et des prêtres. Ici, la religion est restée un fait social total.
Les militaires ne sont pas les derniers à l'avoir compris. Ils sont aux petits
soins avec le clergé par crainte de l'autorité morale et de l'influence qu'il
a dans le pays.
Au Myanmar, le bouddhisme se réclame de la branche Theravada, dite du Petit
Véhicule. Les moines s'astreignent à suivre 227 règles contenues dans leur texte
canonique : le Vinaya. Plus de 85 % de la population est bouddhiste.
Cela ne les empêche cependant pas de croire aux nat (les esprits). Les
autres habitants se partagent entre chrétiens, souvent protestants (6 %), musulmans
(3,5 %), hindous, animistes, etc.
Le bouddhisme
Le prince Siddharta Gautama (dit le Sage, l'Illuminé, le Bouddha) naquit au
Népal au VIe siècle avant J.-C. À l'origine, le bouddhisme est une
réforme religieuse du brahmanisme indien, trop rigide avec son système de castes.
Avec Bouddha, “ chacun doit assumer son propre salut avec diligence ”. Sa philosophie
permet à chacun de sacrifier aux rites, contrairement aux brahmanes, seuls autorisés
dans l'ancienne religion à pratiquer les rites.
Chaque Birman a passé au moins une semaine, un mois ou une année dans un monastère
(kyaung, prononcer “ tchong ”). En général, les enfants deviennent novices
pour au moins une semaine, vers l'âge de 10-12 ans, et reviennent au monastère
vers 20 ans pour une période plus longue (beaucoup y restent à vie). Pour beaucoup
d'enfants pauvres, le monastère est le seul moyen d'accès à l'éducation.
Le Myanmar est le royaume de l'irrationnel. Bien plus que dans d'autres pays
d'Asie, tout peut avoir un pouvoir surnaturel : l'eau, la terre, le feu, l'air,
la nature, les êtres humains (vivants ou morts), les chiffres et, surtout, le
temps et l'espace. Tous les actes de la vie d'un Birman sont conditionnés par
son jour de naissance.
De plus, les noms et prénoms des Birmans sont fixés d'après le
jour de la naissance et non en fonction du nom du père. Ainsi beaucoup de citoyens
de ce pays portent-ils exactement le même nom. Au Myanmar, il n'y a donc pas
de nom de famille mais des prénoms ou des surnoms qui doivent porter chance.
On peut changer volontairement de nom au cours de son existence. Quelqu'un né
le lundi aura le droit de choisir entre certaines consonances, correspondant
au mardi, entre d'autres.
Beaucoup de Birmans se font tatouer sur la peau des diagrammes
magiques destinés à les protéger des influences néfastes. Parfois, ils portent
la bague Nawarat qui a tous les pouvoirs et porte chance.
Les Nat
Le culte animiste des nat provient d'Inde. La croyance est fondée sur
le principe suivant : tout être, vivant ou non vivant, est animé par un esprit.
Le culte des nat consiste à se concilier les esprits par des sacrifices,
plutôt qu'à les adorer.
Les nat vous accompagneront partout dans votre voyage. Vous verrez
qu'on leur fait sans cesse des offrandes pour les amadouer : dans des niches
ou dans le creux des arbres où les croyants déposent des fruits et de la nourriture.
Les légendes liées aux nat donnent lieu à des représentations théâtrales
(zat) très prisées par la population. L'atmosphère y est fervente et
passionnée, et les gens applaudissent et s'expriment parfois avec un enthousiasme
de gamins.
Le nat pwe est la fête des nat. Toujours très populaire, cette
fête draine toutes les générations. Pendant plusieurs jours les Birmans invoquent
les esprits en dansant, en buvant et, surtout, en jouant de la musique le plus
fort possible à l'aide de gongs, de cymbales, de tambours, de xylophones. Il
paraît que cela les attire. Les nat arrivent alors nombreux et manifestent
leur présence en s'emparant du corps de leurs “ fiancées ” (les nat kadaw).Celles-ci sont en quelque sorte “ élues par les esprits ” et entrent en transe.
Savoir-vivre
Voici quelques éléments de savoir-vivre bien utiles pour construire de bons
rapports avec les autochtones. Quelques-uns sont communs à d'autres pays de
la région (comme la Thaïlande), d'autres bien propres à la Birmanie.
- On ne touche pas à la tête de quelqu'un, même des enfants.
De même, la claque amicale dans le dos n'est nullement dans les traditions et
on serre rarement la main des femmes.
- Pas de doigt pointé vers le visage de quelqu'un, même pour étayer
une explication. Ça peut être interprété comme une remontrance, voire une menace.
- En entrant dans une maison, en présence de l'hôte, se pencher
légèrement. Ce n'est pas un signe de soumission, mais simplement un geste de
courtoisie. Enlevez vos chaussures si vous en notez d'autres rangées près de
la porte et qu'à l'évidence vous avez affaire à un beau parquet ciré et à des
tapis. En revanche, si l'hôte est chaussé ou si le sol est en dur, vous pouvez
les garder. Possibilité de serrer la main de l'hôte, mais nul ne vous en voudra
si vous ne serrez pas celle de son épouse. Les cadeaux s'acceptent de la main
droite.
- Comment appeler les Birmans ? Les anciens usages (encore en
cours dans certaines régions du Nord) interdisent d'appeler quelqu'un d'important
(qui occupe un poste officiel) par son nom, mais il est d'usage de le faire
par sa fonction. Pour les gens importants ou plus âgés, on devancera le nom
par un U.
- Apparente indifférence : la politesse birmane ne permet pas
en principe de manifester de la curiosité lors de la présence insolite d'un
étranger. L'apparente indifférence est un signe de bonne éducation. Mais les
gens vous manifesteront cependant presque toujours un certain intérêt mâtiné
de gentillesse.
- Pudeur birmane : dans la rue, éviter les marques trop prononcées
d'affection (se serrer tendrement, s'embrasser).
- Ne pas parler de politique dans la rue : en Birmanie, sous la
dictature militaire, on ne parle pas de n'importe quoi avec n'importe qui, ni
n'importe quand. Notamment pas de politique.
- Évitez les pourboires, sauf pour de vrais services rendus. Préférez
les petits cadeaux.
- Le troc est monnaie courante : ne vous étonnez pas de
la passion des Birmans pour le troc. L'usage de la monnaie est récent
et ne peut pallier les problèmes de négoce actuels. Aussi serez-vous
souvent abordé par des gens vous proposant d'échanger vos vêtements,
vos lunettes, votre montre ou des parfums (les cosmétiques français
sont très appréciés) contre des objets artisanaux ou des
pierres précieuses (souvent fausses).
- Dans les pagodes et les temples et souvent dans les monastères,
il convient de retirer ses chaussures et ses chaussettes. Pas seulement à l'entrée
de l'édifice, mais très souvent à celle de l'aire de la pagode. Pour la visite,
contourner les bouddhas par la gauche.
- Pour la photo, discrétion conseillée. Avant d'immortaliser un
moine, lui demander son accord.
- On ne s'assoit pas dos au Bouddha et on ne pointe pas ses pieds
dans sa direction, c'est très mal vu (de même, dans une grande pagode avec déambulatoire,
en s'asseyant, ne pas tourner le dos au stûpa). Ne pas manquer d'effectuer un
petit don dans la boîte destinée à cet effet.
- En principe, on ne serre pas la main d'un moine. On s'assoit
plus bas que lui. Les cadeaux s'offrent des deux mains. On ne donne plus de
nourriture à un moine après 12 h. Attention, on ne marche pas consciemment sur
l'ombre d'un moine (elle fait partie de sa personnalité). Pour une femme, ne
pas se trouver en situation de toucher un moine (bousculade dans une foule de
rue, dans un bus, etc.).
Traditions
- Le bétel : cette substance provient de la noix de bétel ou
d'arak. Elle est très appréciée des Birmans. Ils la mâchent, en fin de repas,
écrasée en petits morceaux et enroulée dans une feuille de bétel avec de la
chaux et parfois du tabac
- Le tanaka : le produit de beauté des Birmanes par excellence.
Vous verrez de nombreuses femmes aux joues couvertes d'une crème de couleur
sable jaunâtre. Il s'agit d'une pâte obtenue à partir de l'écorce d'un arbre
qui pousse au Myanmar.