Musique et danse
Afrique rime avec musique. Cependant, il ne faut pas s'attendre à
parcourir ce continent au rythme de cette musique, dont le moindre
reportage vante les attraits. Ces danses et chants, qui évoquent
aussitôt l'Afrique dans nos esprits, ne se produisent que lors de
cérémonies bien précises ou alors sur l'incitation mercantile de
quelques organisations touristiques.
En revanche, il arrive souvent que, à la nuit tombée, sur la place du village, au milieu d'échoppes, les gens dansent au son du djembé et du balafon, instruments typiques, ou écoutent le griot qui, accompagné de sa kora (dont la musicalité fait penser à la harpe), chante les hauts faits de telle ou telle famille, surtout au Mali.
Base
de la vie en société presque autant que la religion, la musique occupe
une place toute particulière. Très exubérante et festive, elle puise
ses racines mélodieuses dans des traditions ancestrales. Aussi bien en
ce qui concerne le choix des instruments que celui des paroles et des
sujets des chansons.
Sons pluriels
Il faut parler au pluriel des musiques. Chacune est un dialecte, et
chaque instrument est accordé à son propre dialecte. La musique, comme
la danse, traduit la complète communion de l'homme et de la nature.
L’instrument traduit les intonations, les tons, les sons de la langue.
Tout est instrument, y compris les voix de gorge, le nez pincé, ou
encore les coups résonnant sur la jambe ou le ventre.
L'instrument de musique a partout une valeur symbolique : pour tous les
assistants, il représente leur cosmogonie, ou l'acte sexuel, ou
l'accouchement, ou la vie, et chacun reconnaît la valeur de chaque
détail ainsi que sa signification profonde.
Vous pourrez entendre souvent les chants de travail qui rythment les
activités des champs (l'origine du jazz !) et surtout les jeux musicaux
rythmiques des enfants.
Maintenant, la musique ne se cantonne pas à la brousse. Dans les
grandes villes, les gens avaient fêté l'indépendance sur les rythmes
venus de Cuba (notamment le mérengué).
Ceux-ci continuent d'ailleurs d'électriser les boîtes de nuit. Les
instruments et les sonorités de l'Amérique noire, ou ceux propagés par
la world music, ont également beaucoup de succès.
En France, pour aborder l'Afrique en spécialiste ès musique, rendez-vous tous les jours sur les ondes d'Africa n° 1 (107.5 FM),pour connaître les musiciens ou les morceaux à la mode.
Quelques instruments typiques
La kora
Surtout présents en Afrique de l'Ouest, les griots, membres d'une
sorte de caste particulière, à la fois sorciers et poètes, chantent
depuis la nuit des temps les louanges des princes. accompagnés de la kora,
instrument à cordes (16, 21 ou 28) dont la forme rappelle celle du luth
mais dont la caisse de résonance est une calebasse tendue d'une peau de
chèvre. Sa sonorité est proche de celle de la harpe.
Le balafon
Sorte de xylophone, il se compose de lames de bois de différentes
tailles et épaisseurs, montées sur un châssis. Des calebasses percées
de trous et disposées en dessous servent de caisses de résonance. Les
lames, cuites au four, contribueront à produire des sonorités très
pures et musicales. Le balafon est ensuite accordé suivant la langue du joueur car il accompagne le plus souvent les chants de son ethnie.
Les tams-tams
Appelés aussi djembés, ils sont de différentes tailles : le tama,
le plus petit, se place sous l'aisselle, d'autres occupent une place
particulière au sein de l'orchestre. Avant le dîner, au retour de la
pêche, sur la plage, à la messe, au cours d'une balade en pirogue...
tout est prétexte pour tambouriner. Ce qui donne lieu à de formidables
explosions de joie.
Les griots
Ce sont des musiciens ambulants, professionnels presque de naissance - ils
font partie d'une caste -, qui vont de village en cour royale chanter les louanges
d'un lignage et de ses descendants.
Certains atteignent la célébrité, d'autres
font le tour du quartier, surtout à l'occasion d'une fête où l'on ne peut pas
refuser leur présence. Ils se plantent bien droit à l'entrée devant le maître
de maison, avec ou sans kora, leur instrument de musique, et, selon
l'argent qu'ils espèrent gagner, récitent toute la saga ou en chantent une bribe.
Aussi, quand un griot est signalé dans le quartier, souvent le maître de maison
se cache, en espérant ne pas se faire prendre, car le griot est à la fois paria
et respecté pour ses connaissances. Il fera rire tous les voisins avec une bonne
chanson aux dépens du radin.
Certains griots sont attachés à la religion musulmane et récitent les louanges des saints ou des marabouts.