Il y a quelques décennies, on s'empressait de faire disparaître les vestiges des sites datant du début de la révolution industrielle. Puits de mine, manufactures, entrepôts, cheminées étaient rasés pour faire place à des réalisations à peine plus esthétiques.
Quelques pionniers (architectes, historiens) se sont passionnés pour le pouvoir d'évocation de ces lieux chargés de la mémoire collective des populations qui y avaient vécu.
À présent, on se donne la peine de restituer le cadre de vie des aïeux. Certains sites sont nés de la volonté d'industriels « éclairés », concepteurs d'univers utopistes où travail, habitat, hygiène et rapports sociaux devaient fonctionner au sein d'un ensemble harmonieux. Le génie industriel se manifeste aussi dans les technologies utilisant des moyens rudimentaires (vapeur, force hydraulique) et dans l'utilisation de matériaux sobres (fer, fonte, brique).
Ces témoignages d'un proche passé sont nombreux et méritent autant d'intérêt que les prestigieux édifices civils ou religieux.
S'il est un domaine où la Belgique regorge de richesses, c'est bien dans celui de l'activité artistique. À plusieurs époques, tous les facteurs ont été réunis pour que les régions belges apportent leur contribution aux grands courants artistiques en Europe.
Toutes les écoles ont été présentes en Belgique au cours des siècles, carrefour de rencontres de plusieurs cultures. Celtes, Romains, Français, Bourguignons, Espagnols, Autrichiens, Hollandais y ont laissé des traces de leur génie propre, mais c'est dans les cités flamandes et wallonnes que des courants comme l'art mosan, la peinture flamande, le gothique flamboyant, le symbolisme, l'Art nouveau et, dans une moindre mesure, le surréalisme ont donné naissance à certains de leurs chefs-d'œuvre les plus marquants.
Point de rencontre du monde latin et du monde germanique, la Belgique possède deux domaines linguistiques et deux littératures bien distinctes.
Jusqu'au XIXe siècle, la langue flamande, éclatée en plusieurs dialectes, va végéter dans une utilisation patoisante.
À la suite de l'indépendance belge en 1830, un courant intellectuel et national va amener de jeunes bourgeois à puiser dans le riche passé de la Flandre les raisons de revendiquer pour leur langue un statut culturel équivalent à celui du français.
Du Moyen Âge à 1830, la littérature francophone se confond avec sa grande voisine du Sud.
Au XIXe siècle, le paradoxe veut que ce soient des Flamands de souche qui firent la gloire des lettres belges naissantes.
Accèdent au rayon des best-sellers en français (sous le label : « La Jeune Belgique ») : Georges Eeckhoud, Émile Verhaeren, Maurice Maeterlinck (Prix Nobel), Camille Lemonnier, Georges Rodenbach, tous ardents symbolistes et naturalistes qui donnent un élan à l'essor des lettres en Belgique.
Les tenants d'une littérature que l'on dit populaire ne sont pas les moins gâtés en tirages : le champion toutes catégories est Georges Simenon, suivi de Henri Vernes (le père de Bob Morane) et de Thomas Owen.
Au rayon classique, la Renaissance vit quelques Belges se distinguer dans la
composition, comme le Montois Roland de Lassus. Peu de choses à dire avant la
fin du XVIIe siècle, où André-Modeste Grétry commet quelques opéras-comiques
à succès.
À l'indépendance, Fétis fait œuvre de théoricien et de musicologue,
et l'organisation de l'enseignement musical permet la formation et l'émergence
de grandes figures comme César Franck, Guillaume Lekeu et, plus tard, Paul Gilson
et Jean Absil.
C'est du côté des interprètes que l'on peut distinguer des musiciens
de qualité : Eugène Ysaye et Arthur Grumiaux, violonistes, Henri Pousseur et
Pierre Bartholomée en musique contemporaine, Philippe Herreweghe et Sigiswald
Kuijken en musique baroque. Le baryton-basse José Van Dam porte à
l’opéra et au cinéma les couleurs de l’art lyrique
belge.
Ils sont légion les chansonniers, compositeurs et interprètes à avoir vendu
du vinyle puis des CD : le grand Jacques Brel au premier rang des gloires de
la scène, suivi d'Adamo, Annie Cordy, Jean Vallée, Julos Beaucarne, Frédéric
François, Plastic Bertrand, Philippe Lafontaine, Maurane, Lara Fabian et Axelle Red, Arno et Selah Sue, la noubelle star de la scène pop chez les Flamands.
En jazz, de grands noms aussi : Toots Thielemans, Philip Catherine, Charles Loos, Sadi, Steve Houben, Jacques Strozen...
Les grandes villes belges accueillent une tripotée de groupes étrangers ou belges qui se retrouvent dans les excellents studios d'enregistrement et s'y produisent régulièrement. Soyez donc attentif à la programmation de lieux emblématiques comme l'Ancienne Belgique (AB), le Bota (pour Botanique), les Halles de Schaerbeek, le Beurschouwburg ou la méga-salle de Forest-National à Bruxelles, ou l'Arena de Deurne près d'Anvers.
Quelques noms à surveiller de près : dEUS, Hooverphonic, Soulwax, K's Choice, Ozark Henry, Praga Khan, Flexa Lyndo, Zita Swoon, Soldout, Sharko, Dead Man Ray, Kiss My Jazz, Evil Superstars, Gore Slut, Show Star, Ghinzu, Girls in Hawaï, Venus, Hollywood Porn Star...
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