Fêtes et folklore
La Belgique est un pays où le particularisme (certains parlent de « localisme ») est érigé en institution. Pas étonnant, donc, de découvrir tout au long de l'année des processions, des marches, des parades, des cortèges carnavalesques ou historico-religieux, des kermesses et ducasses dédiées aux saints locaux... Chaque village, chaque région entretient farouchement sa tradition : c'est l'occasion de cultiver avec gaieté ou sérieux ce besoin d'appartenance et cette sociabilité qui sont les fondements de l'identité populaire.
Le folklore n'est pas en Belgique une curiosité de musée, il est actif et beaucoup plus vivant que dans les pays voisins.
Loin d'être des entreprises commerciales, les fêtes sont tout à fait authentiques, c'est ce qui fait leur attrait.
Les carnavals, tout sauf un spectacle
Pour faire un carnaval, il ne suffit pas de déguiser une bande de joyeux lurons et de les faire déambuler au son d'un orchestre, précédés de quelques majorettes frigorifiées. Le carnaval fait partie du patrimoine culturel et, à la limite, pourrait se passer des foules qui y assistent.
Le martèlement trépidant des sabots sur le sol est une incitation aux semailles, à l'enfouissement des graines, et les masques symbolisent les visages des ancêtres morts, dont il s'agit de se concilier la bienveillance en récoltant pour eux profusion de vivres. Le carnaval, véritable exutoire à la pression des lois et de la religion, est la dernière occasion de faire bombance avant la longue période du carême.
Durant le Mardi gras, en Wallonie, on célèbre le carnaval dans pas moins de 17 endroits différents. Organisé selon des traditions séculaires, où chaque costume, chaque accessoire est arboré selon une codification rigoureuse, il est suivi par une foule innombrable.
On distingue 3 types de carnavals :
- ceux de la tradition rhénane dans les cantons de l'Est (Eupen) ;
- ceux de la tradition wallonne (Binche, Malmedy) ;
- ceux du Laetare à la mi-carême (Fosses-la-Ville, Stavelot).
Assister à l'un de ces carnavals (surtout celui de Binche) est une expérience inoubliable. Si vous êtes intéressé, le calendrier annuel des carnavals est détaillé dans une brochure de l'office de promotion du tourisme.
Les géants
À la lisière du rituel carnavalesque et de l'histoire, les sorties de géants mettent en scène des personnages issus de la tradition orale des légendes et faits d'armes. Il semble que leurs premières apparitions remontent au XVe siècle. Les personnages bibliques côtoient les créations profanes et s'affrontent dans des combats symboliques ou célèbrent leurs noces en grande liesse.
Les processions
Chaque village ayant son saint patron, les occasions abondent pour promener ses reliques en commémoration de quelque épidémie de peste, ou de quelque vœu fait par un chevalier au retour de Terre sainte. Beaucoup se déroulent à travers champs.
La procession en costume d'époque avait autrefois vocation didactique pour les paysans illettrés. Chaque tableau, un peu comme dans les mystères sur le parvis des églises, illustrait un épisode de l'histoire.
La plus célèbre est la fastueuse procession du Saint-Sang a lieu à Bruges le jour de l'Ascension.
Spectacles de marionnettes
- À Bruxelles, le théâtre de marionnettes de Toone perpétue le répertoire des grands classiques : Les Trois Mousquetaires, Le Cid, Les Quatre Fils Aymon, La Passion du Christ, le tout dans un français du cru, émaillé de marollien, mais parfaitement compréhensible aux non-Bruxellois !
- À Liège, les amateurs iront écouter Tchantchès, le Liégeois buveur et chaleureux qui vous conviera, dans un wallon accessible, à un récit de la Nativité ou à des légendes de l'épopée de Charlemagne.
Savoir-vivre et coutumes
- Au téléphone, dans la rue, annoncez d'emblée que vous ne connaissez pas le flamand, et que vous n'êtes pas belge francophone ; cela évitera les malentendus.
- En Wallonie et à Bruxelles, entre jeunes, ou lorsqu'on est familier, on embrasse la personne de sexe opposé sur la joue une ou trois fois (pas deux). En Flandre, on est moins démonstratif.
- Les Belges se contentent volontiers d'une « tartine » au déjeuner (leur « dîner »), ce qui leur permet de quitter le boulot beaucoup plus tôt qu'en France.
- Dans les rapports professionnels, la simplicité est de mise et les rapports hiérarchiques peu ostentatoires. La pondération et la courtoisie ne sont pas de la lenteur d'esprit.
- On aime le consensus en Belgique, polémiquer pour le plaisir de prendre la contrepartie d'un interlocuteur n'est pas une preuve d'intelligence.
- À Liège, on apprécie la jovialité, et un brin de raillerie n'est pas déplacé.
- Être invité pour prendre le café veut dire passer vers 16h30.
- Les retards intempestifs ne sont pas de mise, seul le « quart d'heure académique » est toléré.