Fêtes et folklore
Les carnavals, tout sauf un spectacle
Pour faire un carnaval, il ne suffit pas de déguiser une bande de joyeux lurons et de les faire déambuler au son d'un orchestre, précédés de quelques majorettes frigorifiées. Le carnaval fait partie du patrimoine culturel et, à la limite, pourrait se passer des foules qui y assistent.
Le martèlement trépidant des sabots sur le sol est une incitation aux semailles, à l'enfouissement des graines, et les masques symbolisent les visages des ancêtres morts, dont il s'agit de se concilier la bienveillance en récoltant pour eux profusion de vivres. Le carnaval, véritable exutoire à la pression des lois et de la religion, est la dernière occasion de faire bombance avant la longue période du carême.
Durant le Mardi gras, en Wallonie, on célèbre le carnaval dans pas moins de 17 endroits différents. Organisé selon des traditions séculaires, où chaque costume, chaque accessoire est arboré selon une codification rigoureuse, il est suivi par une foule innombrable qui accompagne avec ferveur les évolutions des participants.
On distingue 3 types de carnavals :
- ceux de la tradition rhénane dans les cantons de l'Est (Eupen) ;
- ceux de la tradition wallonne (Binche, Malmedy) ;
- ceux du Laetare à la mi-carême (Fosses-la-Ville, Stavelot).
Assister à l'un de ces carnavals (surtout celui de Binche) est une expérience inoubliable. Si vous êtes intéressé, le calendrier annuel des carnavals est détaillé dans une brochure de l'office de promotion du tourisme.
Les géants
À la lisière du rituel carnavalesque et de l'histoire, les sorties de géants mettent en scène des personnages issus de la tradition orale des légendes et faits d'armes. Il semble que leurs premières apparitions remontent au XVe siècle. Les personnages bibliques côtoient les créations profanes et s'affrontent dans des combats symboliques ou célèbrent leurs noces en grande liesse.
On peut citer la célèbre procession des géants d'Ath qui a lieu le dernier week-end d'août, mais Nivelles et Alost, Arlon et Grammont, Tervueren et Namur, Wellin, Dendermonde, Heist et Braine-le-Comte ont aussi les leurs.
Les processions
Chaque village ayant son saint patron, les occasions abondent pour promener ses reliques en commémoration de quelque épidémie de peste, ou de quelque vœu fait par un chevalier au retour de Terre sainte. Beaucoup se déroulent à travers champs.
La procession en costumes d'époque avait autrefois vocation didactique pour les paysans illettrés. Chaque tableau, un peu comme dans les mystères sur le parvis des églises, illustrait un épisode de l'histoire.
La plus célèbre est la fastueuse procession du Saint-Sang qui a lieu à Bruges le jour de l'Ascension. Elle commémore le retour de Thierry d'Alsace de la 2e croisade en 1150.
Spectacles de marionnettes
Pour clôturer ce long et riche chapitre des traditions populaires, il convient de vous recommander les spectacles de marionnettes.
- À Bruxelles, le théâtre de marionnettes de Toone perpétue le répertoire des grands classiques : Les Trois Mousquetaires, Le Cid, Les Quatre Fils Aymon, La Passion du Christ, le tout dans un français du cru, émaillé de marollien, mais parfaitement compréhensible aux non-Bruxellois !
- À Liège, les amateurs iront écouter Tchantchès, le Liégeois buveur et chaleureux qui vous conviera, dans un wallon accessible, à un récit de la Nativité ou des légendes de l'épopée de Charlemagne.
Savoir-vivre et coutumes
- Au téléphone, dans la rue, annoncez d'emblée que vous ne connaissez pas le flamand, et que vous n'êtes pas belge francophone ; cela évitera les malentendus.
- En Wallonie et à Bruxelles, entre jeunes, ou lorsqu'on est familier, on embrasse la personne de sexe opposé sur la joue une ou trois fois (pas deux). En Flandre, on est moins démonstratif.
- Dans les rapports professionnels, la simplicité est de mise et les rapports hiérarchiques peu ostentatoires. La pondération et la courtoisie ne sont pas de la lenteur d'esprit.
- On aime le consensus en Belgique, polémiquer pour le plaisir de prendre la contrepartie d'un interlocuteur n'est pas une preuve d'intelligence.
- À Liège, on apprécie la jovialité, et un brin de raillerie n'est pas déplacé.
- Être invité pour prendre le café veut dire passer vers 16 h 30.
- Les retards intempestifs ne sont pas de mise, seul le « quart d'heure académique » est toléré.