Géographie
L’archipel des Baléares est constitué des îles de Majorque,
Minorque, Ibiza, Formentera, Cabrera et d'une centaine de petits îlots.
Les géographes distinguent les grandes Baléares ou Gymnésires (Majorque
et Minorque), des petites Baléares ou Pityuses (Ibiza et Formentera).
Ibiza se trouve à 80 km de la côte espagnole, et Majorque comme
Minorque à 200 km de Barcelone.
- Majorque (Mallorca) est la plus grande des Baléares. C’est une île contrastée,
présentant des paysages très différents. Une chaîne montagneuse, la serra de Tramuntana,
la traverse du sud-ouest au nord-est sur près de 100 km. Elle protège ainsi
du vent la grande plaine centrale El Pla, qui couvre 2/3 de l’île. La serra
du Sud est bien moins élevée que celle du Nord.
- Minorque (Menorca) est la deuxième plus grande île des Baléares (700 km²).
De forme allongée, elle s’étire d’est en ouest sur environ 50 km. C’est une
île plane, son plus haut sommet est le Monte Toro (358 m). Minorque se divise
en deux régions bien distinctes, séparées par la route qui relie Ciutadella
à Maó. Le Nord est une région de petites collines. Le Migjorn
au sud présente un relief de plaines, sillonnées de profonds ravins. L’île est
parcourue de milliers de kilomètres de murs de pierre sèche, qui délimitent
les champs et les protègent des vents.
- Ibiza est l’île la plus proche du continent et c’est l’île principale
des Pityuses. Elle présente un aspect montagneux au sud-ouest et au nord-est.
Entre les deux chaînes, une plaine à la terre rouge couverte d’orangers, de
figuiers, de caroubiers. C’est au sud de cette plaine que se situent les marais salants.
- Formentera est la plus petite île habitée de l’archipel (23
km sur 17 km). Un détroit la sépare d'Ibiza. Son relief est gentiment
bosselé de petites collines ne dépassant pas 192 m. Le nord de l’île est couvert
de marais salants.
Climat
Les îles jouissent d'un climat méditerranéen. L'été, il y fait chaud et sec (25 °C en moyenne) et l'hiver reste clément (12 °C en moyenne). Les températures augmentent déjà à partir d'avril et il fait souvent encore très bon en octobre. L'automne peut cependant vous jouer des tours, car c'est la saison la plus pluvieuse.
On distingue deux secteurs dans l'archipel :
- Minorque et la partie nord de Majorque jouissent d'un climat tempéré avec des pluies qui dépassent les 600 mm par an ;
- le sud de Majorque, Ibiza et Formentera présentent un climat subdésertique, très ensoleillé avec de faibles précipitations.
De plus, le climat est caractérisé par l'exposition aux vents dominants.
À Minorque, l'île la plus plate avec Formentera, rien n'arrête la tramuntana, vent violent du nord, froid et sec, analogue au mistral du midi de la France. Il se déchaîne en général plusieurs jours d'affilée, surtout entre décembre et février. Une trentaine de jours par an, il souffle à plus de 10 m à la seconde, ne se heurtant qu'aux kilomètres de murets qui protègent les champs.
Le paysage est marqué par les excès d'Éole : arbres et arbustes sont ployés, et les habitants, pour protéger leurs terres, ont dû construire ces milliers de kilomètres de remparts de pierre sèche. Ici et là commencent à fleurir des éoliennes « domestiques », capables de fournir de l'électricité à une famille ou une petite exploitation agricole. En contrepartie, ceux qui souffrent des grosses chaleurs préféreront le climat de Minorque, car c'est l'île la plus ventilée en été et la plus verte aussi..
Tourisme de masse
Pourquoi les Baléares ?
Une foule de raisons commande le choix de l'archipel comme destination de prédilection
des Européens du Nord : le climat, l’accessibilité, il n’y a qu’une ou deux heures
de vol depuis les principales villes européennes, et la sécurité. Autrement dit : du soleil, rapidement, en sécurité
et pour pas cher. À tel point que les Baléares sont devenues la neuvième destination
touristique mondiale, avec tous les problèmes que cela engendre.
L'or bleu
L’un des problèmes les plus préoccupants est celui de la pénurie d’eau. Le tourisme
de masse n’est bien sûr pas à l'origine des sécheresses, mais
il est grandement responsable, de manière directe ou indirecte, de leurs conséquences. Il faut
savoir par exemple que l'arrosage quotidien d'un terrain de golf représente
celui d'un champ de maïs ou encore la consommation de 2 500 personnes.
Menaces
Outre celle du manque d'eau, le tourisme de masse fait peser sur l'archipel d'autres menaces sérieuses.
- Les îles n'arrivent plus à faire face à la quantité de déchets (record de croissance en 1999 : 10 % de plus que l'année précédente !).
- Le réseau routier est saturé en été, période pendant laquelle des embouteillages bloquent nombre de routes importantes des îles.
- Des milliers d'embarcations stationnent en été au bord des plages, jusqu'à provoquer une réelle saturation maritime. Il devient difficile en haute saison de trouver une plage où aucune embarcation n'est ancrée. Outre les multiples déchets jetés par-dessus bord sans aucun scrupule, les plaisanciers cherchent des plages tranquilles et jettent l'ancre n'importe où, labourant les fonds et mettant en danger un écosystème fragile.
Les enjeux actuels
Le développement touristique de l'île a été initialement bâclé. Et les mauvaises habitudes, une fois prises, ont perduré. À la fin des années 1980, démocratie aidant, on a
enfin commencé à prendre conscience que la croissance du tourisme de masse ne
pouvait pas se poursuivre sur le même rythme. L’archipel, précurseur de ce type
de tourisme, devait en imaginer la réorientation.
L’idée maîtresse de ces
dernières années est l’amélioration de la qualité… mais elle va de pair avec
l’augmentation des prix et une conséquente « ségrégation » par
l’argent. Des mesures radicales ont été prises en ce sens, visant à assainir certains
sites balnéaires.
Les hôtels se sont vus imposer de nouvelles normes de
sécurité, et ceux qui ne remplissaient pas les conditions ont été tout
simplement rasés, majoritairement des hôtels 1 étoile. En parallèle, on
construisait des hôtels de luxe, des terrains de golf, des marinas. On favorisait le tourisme hors saison, les balades à vélo et les randonnées. De nouveaux hôtels de luxe sont apparus à l'intérieur de l'île de Majorque, strictement réglementés.