Architecture
Dans le Puy-de-Dôme, la montagne engendre de longues maisons trapues, aux moellons noirs coiffés de chaume, alors que les jasseries, équivalents des burons du Cantal, et les fermes de Limagne se ceignent de hauts murs. Les bourgs viticoles sont à peine plus souriants, avec leurs escaliers extérieurs et leurs tuiles canal. L'insécurité d'autrefois - que rappellent les châteaux et les églises fortifiées - reste gravée dans les mémoires.
Cette règle vaut aussi pour le Cantal mais, au sud du puy Mary, l'Auvergne s'illumine d'influences rouergates qui donnent à ses fermes un air de féerie. Constellés de lucarnes, les hauts toits en pagode étincellent d'un maillage de lauzes aussi précieux qu'un galuchat. Derrière les murs épais de basalte, qui n'offrent aux morsures de l'hiver que d'étroites ouvertures, la salle commune, plaquée ou non de boiseries, baigne dans une obscurité lourde.
Non loin de la pierre d'évier, saucisses et jambons sèchent au-dessus de la cuisinière en fonte. Dans un coin, une cheminée gigantesque abrite le cantou, refuge hivernal d'autrefois, dont les chenets à présentoirs maintenaient la soupe au chaud.
L’art roman auvergnat
Les stars du genre sont à Clermont-Ferrand (Notre-Dame-du-Port), à Orcival, à Issoire (Saint-Austremoine, où le XIXe s a rétabli la polychromie), Saint-Nectaire, Saint-Saturnin, Le Puy-en-Velay, Mauriac, l'extraordinaire abbaye de La Chaise-Dieu... aussi bien que dans n'importe quel hameau.
Figures
- Valéry Giscard d'Estaing (né en 1926) :
dernier ex-président en vie, grand coureur... de fond et grand
chasseur, ami de l'empereur Bokassa Ier, président du Conseil régional
d'Auvergne, l'infatigable V.G.E. a échoué dans sa mainmise sur
Clermont-Ferrand. Nul n'est prophète en son pays ! C'est à lui que
l'Auvergne doit le fameux parc Vulcania.
- Pierre Laval (1883-1945) :
avant de devenir le collabo-en-chef, ce natif de Châteldon
(Puy-de-Dôme) sut saisir toutes les opportunités de la IIIe République
: soit quatorze ministères, trois présidences du Conseil... En 1945,
son procès fut celui de Vichy. Verdict : fusillé.
- Georges Pompidou (1911-1974) :
les sourcils les plus caricaturés de France bourrelaient un
conservateur bonhomme, formé par la banque Rothschild, féru d'art
contemporain et de critique littéraire. Bel exemple de réussite
auvergnate !
- Vercingétorix (72-46 av. J.-C.) :
on assure que l'éloquent « Roi des cent tribus » (traduction supposée)
aurait été l'ami de César avant de le combattre. Il meurt étranglé à
Rome.
- Sidoine Apollinaire (Ve siècle) : au bord du lac d'Aydat, Monseigneur l'évêque versifiait des éloges d'empereurs et des quatrains pour les piscines.
- Georges Bataille (1897-1962) : né à Billom (Puy-de-Dôme), capitale de l'ail, il incarne l'Auvergne des volcans, ténébreuse et sulfureuse. Son Histoire de l'œil navigue entre Lautréamont, Pascal et Balthus.
- Blaise Pascal (1623-1662) :
avec Vercingétorix, l'inventeur de la brouette et de la machine à
calculer est le deuxième phare de Clermont-Ferrand. Créateur du
terrible “ doute pascalien ”. On a pu sous-titrer ses Pensées : la géométrie qui prend feu, car le Dieu de Pascal sort de l'algèbre
- Arletty (1898-1992) :
originaire de Saint-Éloy-les-Mines (Puy-de-Dôme), mais née à
Courbevoie, Léonie Barthiat fut un peu la Coco Chanel du cinéma
français. Même classe, même verve sans vulgarité, même dynamisme, même
modernité, mêmes imprudences sentimentales au cours de l'Occupation...
- Eddy Barclay (1921-2005) : qui l'aurait deviné ! Cet éternel mari n'était autre qu'un infatigable Auvergnat, originaire du Cantal. À la fois compositeur (La Valse des lilas...)
et producteur de disques, le bel Eddy (Édouard Ruault, dans le civil)
restait toujours droit dans ses costumes blancs, la fleur à la
boutonnière.
-
Francis Bouygues (1922-1994) :
parti de rien, cet Auvergnat acharné au travail a laissé derrière lui
un empire : 1er mondial du BTP, 1e chaîne de télé européenne en
audience, producteur heureux de films palmés (La Leçon de piano, Breaking the Waves...). Le groupe est aussi devenu opérateur téléphonique.
- Audrey Tautou (née en 1976) :
notre « Amélie » nationale est une vraie Auvergnate. Née à Beaumont
dans le Puy-de-Dôme et élevée à Montluçon dans l'Allier, elle est «
montée » à Paris pour faire carrière et fait désormais le bonheur des
plus grands réalisateurs... et du public.