Période antique
Une grosse cinquantaine d'années particulièrement glorieuses auront suffi à Athènes pour s'assurer une renommée éternelle.
À l'origine, ce n'était qu'une cité comme les autres, ou presque, puisqu'elle bénéficiait tout de même de la protection d'Athéna, fille de Zeus. La mythologie raconte qu'Athéna et Poséidon s'étaient disputé la ville, la déesse l'emportant après avoir fait jaillir sur l'Acropole un olivier, resté sacré, ce qui fait d'elle la divinité poliade (protectrice) de la ville.
Pendant la période mycénienne (1500-1200 av. J.-C.), on se souvient surtout du héros légendaire Thésée, célébrissime pour avoir vaincu le Minotaure et parricide involontaire à son retour de Crète (Égée, croyant son fils mort, se jeta dans le vide).
Comme dans la plupart des cités grecques, le régime évolua graduellement vers un pouvoir aristocratique avant que le peuple puisse se faire entendre. Des réformes, instituées par Dracon (qui a donné l'adjectif « draconien »), puis par Solon, un sage, et enfin par Clisthène, préparèrent en un siècle et demi (environ 650-500 av. J.-C.) l'avènement de la démocratie athénienne.
Là, des facteurs extérieurs sont venus donner un coup de pouce. La victoire sur les Perses, repoussés en 490 à Marathon puis battus à Salamine en 480 à l'occasion d'une bataille navale mémorable, va auréoler Athènes d'un prestige considérable, l'exploitation de mines d'argent au Laurion (aujourd'hui Lavrio, au sud-est de l'Attique) fournissant le nerf de la guerre.
Débarrassés pour quelques années de toute menace extérieure, les Athéniens vont alors pouvoir se consacrer pleinement au rayonnement culturel de leur cité, sous la houlette de Périclès. C'est l'époque glorieuse que l'on connaît sous le nom de « siècle de Périclès », symbolisé par le Parthénon.
Mais ce siècle ne dure en fait qu'une cinquantaine d'années, de 480 à 430 environ. Les Athéniens sont accusés de s'accaparer le trésor de guerre constitué pour se défendre contre l'Empire perse, et les autres cités grincent des dents devant cet « impérialisme », même si des historiens contemporains relativisent cette notion.
Mais l'orgueil est bel et bien le talon d'Achille des Athéniens, qui se considèrent comme les meilleurs parmi les meilleurs dans le monde grec. Sparte déclenche les hostilités en 431 et la guerre civile va enflammer le Péloponnèse et l'Attique pendant près de 30 ans, jusqu'à la reddition d'Athènes en 404, après des épreuves terribles (peste, famine...).
Jamais Athènes ne retrouvera son importance politique. Elle restera, en revanche, notamment sous l'Empire romain, une capitale culturelle. Les empereurs Hadrien et Marc Aurèle feront beaucoup pour lui redonner un peu de sa splendeur passée.
Influences extérieures et croissance
Après la période antique, on s'est acharné sur Athènes. Les Francs s'en emparent après 1204, puis c'est au tour des Catalans et des Florentins de se la disputer ensuite avant que les Ottomans, en 1456, trois ans après la prise de Constantinople, n'en prennent le contrôle.
Transformé en temple de la Vierge à l'époque byzantine, le Parthénon devient une mosquée. Les Vénitiens assiègent Athènes à la fin du XVIIe siècle : la ville ressemble à un champ de ruines.
Dans les années 1820-1830, le jeune État grec acquiert son indépendance sur une infime part du territoire national, mais c'est la petite cité de Nauplie, dans le Péloponnèse, qui est tout d'abord choisie comme capitale, et non Athènes, trop délabrée.
Pour accueillir Othon Ier, le nouveau roi arrivé de Bavière, il faut construire une nouvelle Athènes. Des architectes européens débarquent, modèlent un centre néoclassique presque géométrique (Acropole-Syndagma-Omonia). À partir de ce moment, la ville envahit presque toute la région environnante : l'Attique. Le développement a été anarchique, subissant les afflux de population. Athènes est définitivement redevenue une mégalopole.
Une ville transformée pour les Jeux olympiques
Cette mégalopole tentaculaire, les Athéniens l'appellent tsimendoupoli (la ville de ciment) et dès qu'ils le peuvent, ils la fuient, créant un véritable exode, notamment fin juillet-début août !
Près d'un tiers des Grecs vivent à Athènes et en Attique (alors que la moyenne des capitales européennes est de 11 % de la population du pays) ! La moitié de l'industrie grecque étant concentrée au Pirée et dans la région d'Éleusis, il s'ensuit une forte pollution. Athènes est en effet une cuvette, d'où une situation privilégiée (microclimat) à l'origine.
Aujourd'hui, c'est une catastrophe : le néfos, nuage de pollution qui vient du Pirée, s'abat sur Athènes... et il y reste. Un rapport (2007) indique que les Athéniens sont, de tous les habitants d'une capitale européenne, ceux qui sont les plus mécontents de la qualité de vie dans leur ville.
Et pourtant, c'est bien cette ville qui a été désignée pour accueillir les Jeux olympiques de 2004 ! De 1999 à 2004, Athènes s'est transformée en un vaste chantier et le résultat a stupéfié jusqu'aux plus sceptiques. Construction de nouvelles lignes de métro et de tramway, pour réduire la circulation automobile, création d'un vaste plateau piéton permettant d'aller d'un site archéologique à un autre, et d'un nouvel aéroport en Attique, à Spata, avec un vrai périphérique pour contourner Athènes et y accéder plus rapidement...
Même si ces grands travaux ont causé bien des difficultés au quotidien, les Athéniens et les visiteurs de passage apprécient que la vie quotidienne soit facilitée par ce nouveau réseau de transports en commun performant.