|
![]() Un peu d’histoire AthènesLa naissance de la cité Les origines À l'origine, Athènes apparaissait comme une simple cité grecque comme les autres, ou presque, puisque la ville bénéficiait de la protection
d'Athéna, fille du roi des Dieux de l’Olympe, Zeus. La mythologie raconte qu'Athéna
et Poséidon, le dieu de la mer et frère de Zeus, s'étaient disputé la petite
ville et que la déesse l'emporta en faisant jaillir sur l'Acropole (colline
au centre de la ville) un olivier, considéré ensuite comme sacré. L’Acropole
connut ainsi très tôt dans l’histoire d’Athènes une fonction religieuse de premier
ordre. L'essor économique Pendant plusieurs siècles, la ville, organisée sous un système monarchique primitif, ne connut pas de développement particulier. À partir du Ier millénaire avant J.-C., elle se forgea une solide réputation dans le commerce des céramiques, et consolida ses routes maritimes vers les autres villes de la région. Rapidement, l'agriculture prit de l'ampleur dans les échanges, et la population athénienne se mit à croître considérablement. Les évolutions politiques Deux siècles plus tard, comme dans la plupart des cités grecques, le régime évolua graduellement vers un pouvoir aristocratique, jusqu'à l'avènement de la démocratie athénienne (environ 650-500 av. J.-C.). C'est la naissance de la polis (cité) grecque, où l'aristocratie prend le pouvoir. La victoire sur les Perses, repoussés en 490 à Marathon puis battus à Salamine en 480, va auréoler Athènes d'un prestige considérable, l'exploitation de nouvelles mines d'argent au sud-est de l'Attique fournissant quant à elle le nerf de la guerre. La démocratie athénienne Le tournant C’est en 630 avant J.-C. qu’Athènes prend une importance historique capitale.
Un aristocrate appelé Cylon parvient à prendre l’Acropole et tente d’imposer
la tyrannie à Athènes. Assiégé, il est rapidement contraint de s’enfuir en abandonnant
ses partisans. Cet épisode sanglant est rapidement suivi de réformes dans la
ville. Les premiers pas de la démocratie C’est bien à Athènes qu’est née cette conception du pouvoir que l’on nomme
démocratie. Grâce à Dracon et Solon, Athènes devient, au Ve siècle avant J.-C.,
une cité où les individus sont gouvernés par un cortège d’élus, et non plus
par un monarque dont le pouvoir se fait par filiation. La justice n’est plus
arbitraire mais elle est inscrite dans la loi. Tyrannie et grandeur Le tournant démocratique de la politique athénienne est stoppé en 561 avant
J.-C. par l’arrivée de Pisistrate au pouvoir. Soutenu par le peuple, il instaure
une tyrannie qui, étrangement, se révèlera plutôt raisonnable. Pisistrate ne
change pas les institutions de la polis, mais poursuit au contraire la
conception démocratique de Solon. Les institutions Après la chute de la tyrannie, la démocratie athénienne va s’établir pour de
bon grâce à Clisthène, qui décide d’une totale réorganisation politique de la
ville. Athènes se retrouve divisée en de multiples circonscriptions, et les
citoyens sont répartis en dix tribus élisant chacune desconseillers siégeant
au conseil des Cinq-Cents qui fait les lois, tandis qu’un conseil restreint
de 10 archontes se charge de les faire exécuter. Le rayonnement d’Athènes Les guerres médiques Ce changement extraordinaire dans la politique athénienne va être accompagné
d’un rayonnement politique et culturel sur toute la Méditerranée orientale,
favorisé par différents facteurs extérieurs. En 490, pour s’opposer à l’avancée de Darius, roi des Perses, les armées athéniennes déclenchent la première guerre
médique. Le choc a lieu sur le territoire grec, à Marathon, et les Athéniens
parviennent à faire fuir l’envahisseur. L’alliance Les Perses décident de prendre leur revanche dix ans plus tard. Cette fois-ci,
Athènes organise avec différentes petites villes une véritable alliance
de guerre. L’armée grecque décide d’abandonner la ville aux envahisseurs pour
mieux les surprendre en pleine mer. Les Perses dévastent la cité et détruisent
presque entièrement les temples de l’Acropole, mais sont définitivement battus
à Salamine à l'occasion d'une bataille navale mémorable. Le siècle de Périclès La plus glorieuse époque d’Athènes, appelée « siècle de Périclès »,
s’étale en fait sur une cinquantaine d’années, de 480 avant J.-C. à 430 avant
J.-C. environ. Périclès est l’un des aristocrates élus qui dirige la cité pendant
cette période. Au cours de ses mandats, il assure le fonctionnement
des institutions démocratiques et la répartition des richesses, offre du travail
à tout le monde et favorise le développement culturel et intellectuel
de la cité. Le déclin de la ville La chute de l’alliance Les Athéniens vont pêcher par orgueil : organisateurs d'une confédération
basée sur l’île de Délos dans les Cyclades, ils sont accusés de conserver le trésor
de guerre que les autres cités avaient constitué pour affronter les Perses afin
de financer, pour eux-mêmes, des expéditions militaires dans une vaste politique
impérialiste en Méditerranée orientale. La guerre du Péloponnèse Cette guerre dite du Péloponnèse va embraser toute la région pendant une trentaine
d’années. Avec la mort de Périclès, les épidémies de peste, la famine et l’épuisement
du trésor, Athènes s’affaiblit considérablement. Malgré quelques succès et une
paix temporaire, la ville doit se rendre en 404 avant J.-C. devant Sparte.
La chute de la démocratie Les Spartiates vont imposer à Athènes la dictature de trente tyrans choisis
avec soin, communément appelé les Trente. Ce régime sévère va durer un peu plus
d’un an, après quoi la démocratie est de nouveau rétablie, mais sans le prestige
de celle de Périclès. Athènes romaine En 168 avant J.-C., Rome sort vainqueur de la guerre contre la Macédoine et
s’empare en un siècle de son empire, dont fait désormais partie Athènes au même
titre que d’autres illustres cités telles Sparte ou Corinthe. La ville tire profit
de cette passation de pouvoirs. Les empereurs romains la considèrent toujours
comme le berceau de la démocratie et de la philosophie, et lui assurent certains
privilèges au sein de l’Empire, faisant d’elle une véritable capitale culturelle.
Du Moyen Age au XIXe siècle Les invasions barbares Après la mémorable période antique, Athènes est reléguée au second plan et rattachée à l’Empire romain d’Orient dont la capitale est Byzance (aujourd’hui Istanbul). Elle subit à plusieurs reprises des invasions de divers armées barbares, qui pillent en partie son patrimoine architectural et artistique. Une ville convoitée La ville subit entre le IXe et le XVe siècle un double mouvement. Alors qu’elle
semble avoir perdu irrémédiablement son prestige économique et que bon nombre
de ses habitants la fuient petit à petit, elle devient inversement une cible
de choix pour les conquérants occidentaux. Athènes dévastée La domination ottomane sur Athènes, et sur la Grèce en général, va durer jusqu’à
la fin du XVIIe siècle. Les Vénitiens, désireux de vaincre une
fois pour toute les Ottomans, assiègent la ville en 1687. Victime de bombardements
intensifs, Athènes n’est plus qu’un grand champ de ruines. Les Ottomans se réfugient
dans le Parthénon, réputé imprenable, mais les Vénitiens bombardent la colline, tuant les occupants. Ils atteignent malheureusement
l’entrepôt de poudre, ce qui a pour effet de faire exploser les temples de la
colline, détruisant la plupart des vestiges antiques comme le Parthénon. Le renouveau d’Athènes Reconstruction À partir du début du XIXe siècle, Athènes va retrouver petit à petit une certaine importance. Pour accueillir Othon Ier, le nouveau roi arrivé de Bavière, il faut construire une nouvelle Athènes. Des architectes européens, souvent allemands, débarquent afin d’édifier la nouvelle capitale et modèlent un centre néo-classique presque géométrique (organisé autour de l’Acropole et des places Syndagma et Omonia). La ville s’étend progressivement dans l'Attique et attire à nouveau les habitants, notamment après 1922, quand les réfugiés d'Asie arrivent en masse : la ville, qui comptait 450 000 habitants, en reçoit 150 000 supplémentaires. Athènes est définitivement redevenue une mégalopole. Les premiers Jeux olympiques En 1892, le baron Pierre de Coubertin décida de remettre au goût du jour les épreuves sportives disputées dans l’Antiquité à Olympie. Ces « Jeux olympiques » sont le résultat d’un patient travail de ce Français. Pour la première édition en 1896, on choisit Athènes, et un magnifique stade en marbre en forme de U est construit pour l'occasion. Pour la première fois, en hommage à la première guerre médique, l’épreuve du marathon est organisée. Un développement contrasté En l’espace d’un siècle, la ville va connaître un développement démographique
et économique considérable, et son agglomération galopante va envahir presque
toute la région. Le développement immobilier a été anarchique,
subissant les afflux de population, notamment après 1922, après les guerres
turques, quand les réfugiés d'Asie Mineure sont arrivés en masse. Les JO de 2004 Une fois encore, le renouveau passe par les jeux Olympiques. Snobée en 1996
pour les jeux du centenaire, la ville a été désignée pour organiser en 2004
les premiers jeux Olympiques du XXIe siècle. |
|