Carte d'identité Argentine

- Superficie : 2 780 400 km², soit 5 fois la France.
- Population : 43,431 millions d'habitants.
- Capitale : Buenos Aires, dite Capital Federal. Elle concentre à elle seule environ 15 millions d’habitants.
- Religions : catholique à plus de 92 %, 2 % de protestants, 2 % de juifs.
- Langues : l'espagnol (castellano), langue officielle parlée par 100 % de la population, mais aussi l'italien, l'anglais, l'allemand, le français et quelques langues indigènes (le quechua et le mapuche).
- Monnaie : peso argentin.
- Régime : démocratie présidentielle, État fédéral.
- Chef d'État : Mauricio Macri (libéral de centre droit), depuis le 22 novembre 2015.
- Emblèmes du pays : le ceibo, magnifique fleur rouge. Le drapeau est bleu et blanc avec un soleil en son centre.
- IDH (Indice de développement humain) : 40e rang.

- Sites inscrits au Patrimoine mondial de l'Unesco : Parc national Los Glaciares (1981) ; les missions jésuites des Guaraní : San Ignacio Mini, Santa Ana, Nuestra Señora de Loreto et Santa Maria Mayor (1983) ; le Parc national d'Iguazú (1984) ; Cueva de las Manos, Río Pinturas (1999) ; la presqu'île de Valdés (1999) ; l'ensemble et estancias jésuites de Córdoba (2000) ; Parcs naturels d'Ischigualasto-Talampaya (2000) ; Quebrada de Humahuaca (2003) ; Qhapaq Ñan, réseau de routes andin (2014).

Économie

L'économie argentine (la 3e d’Amérique latine, loin derrière le Brésil et le Mexique) repose traditionnellement sur l’agriculture qui représente 10 % du PIB et près de 60 % des exportations. Aujourd’hui, le soja OGM est la première culture du pays (plus de 50 % des terres cultivables et 30 % des exportations), ce qui fait de l’Argentine le 3e exportateur mondial (et même le 1er pour l’huile de soja). Si la culture du soja transgénique a permis à l’Argentine de sortir la tête de l’eau après la dure crise de 2001, elle n’en demeure pas moins un souci écologique majeur.
Le secteur bovin accuse quant à lui un net recul, les terres d’élevage ayant laissé la place à la culture du soja. L’augmentation des taxes à l’exportation destinée à alimenter les caisses de l’État, a eu un effet contraire, provoquant une augmentation abusive des prix et fatalement une baisse de la consommation.

Même question pour le secteur industriel (près de 20 % du PIB) qui se concentre sur l’agroalimentaire, les textiles, la raffinerie et la pétrochimie et un peu de mécanique lourde. Les aides de l’état péroniste (qui ont creusé le déficit) ont peiné à compenser la baisse des échanges avec le Brésil, principal partenaire commercial.

Les écolos ont un peu de soucis à se faire : le pays disposerait de réserves en gaz et en pétrole de schiste qui le placeraient respectivement au 2e et 4e rang mondial... Ce qui, en outre, n’assure pas un faible coût du carburant, car le prix à la pompe est fixé à un niveau supérieur au prix du marché, pourtant historiquement bas.

Quant au tourisme, qui représente un peu moins de 10 % du PIB, il occupe une place croissante dans l’économie et génère un nombre d’emplois significatif.

Crise économique

Crises à répétition, déficits abyssaux, inflation galopante, fuite des capitaux, l'Argentine a connu une succession de difficultés tout au long de son histoire économique moderne.
La dernière en date, en 2000-2002, a été la plus sévère de toutes. Malgré son étiquette d'héritier du péronisme, le caudillo de La Rioja impose une politique économique ultralibérale qui enrichit quelques Argentins jette des millions d'autres dans les rues.
Son choix d'une parité peso/dollar entrave les exportations et déséuilibre la balance commerciale. La spirale de la déflation s’enclenche. La dette atteint un niveau record.

Le successeur de Menem, Fernando De la Rúa, s'en remet aux mêmes recettes libérales pour tenter de rassurer le FMI et les exportateurs. Fin 2001, les banques sont au bord de la banqueroute, y compris la Banque centrale. L'État ne peut plus payer ses fonctionnaires. Pour éviter la faillite du système bancaire, les retraits des particuliers sont alors plafonnés à 1 000 $Ar par mois ! Des manifestations violentes débouchent sur la chute de De la Rúa.
Le président par intérim, Adolfo Rodriguez Saa, interrompt le remboursement de la dette extérieure, provoquant la colère du FMI, et démissionne presque immédiatement.
Son successeur, Eduardo Duhalde, met fin à la parité peso/dollar et dévalue le peso. Du coup, le prix de certains produits augmente considérablement (hausse de 200 % du prix des médicaments en un an !). La situation atteint son paroxysme en 2002 : plus de la moitié des Argentins se retrouvent sous le seuil de pauvreté.

Retour en grâce de Néstor Kirchner

En mai 2003, Néstor Kirchner reprend les rênes d'un pays en déroute. Il poursuit le travail amorcé par Duhalde : déclaration de la cessation de paiement, puis discussions avec le FMI et les créanciers pour réduire l'endettement.
Après d’âpres négociations, près de 70 % de la dette est effacée (soit 60 milliards de dollars), et les délais de paiement sont rééchelonnés. En contrepartie, le pays s’engage à rembourser la totalité des intérêts de la dette publique. Seuls quelques créanciers privés (notamment les « fonds vautours ») refusent l’accord et réclament la totalité du remboursement de la dette argentine...

Grâce à la dévaluation de 2001, les exportations, relancées, atteignent en 2005 un record. Parmi les secteurs privilégiés se trouvent ceux des matières premières agricoles (notamment le soja), du pétrole, des industries agroalimentaires, de la sidérurgie et des industries du cuir.

La lutte contre la fraude fiscale devient un axe fort de la politique gouvernementale. La bonne santé économique du Brésil d'alors (premier partenaire économique de l’Argentine) donne un sacré coup de pouce au pays. L’économie se restructure.
L’embellie est nette. Dès 2003, selon les chiffres officiels, le taux de croissance décolle et gravite autour de 7,5 % (taux qui se maintiendra jusqu’aux années 2010).

Dégradation sous l’ère Kirchner 2

Arrivée au pouvoir en 2007, à la suite de son mari, Cristina Kirchner entame une politique économique moins favorable aux investisseurs. Elle propose d’augmenter les taxes à l’exportation (jusqu’à 45 %) sur le soja, nouvel or vert du pays, mais fait machine arrière face à la pression des grands propriétaires. En 2008, plusieurs entreprises sont renationalisées. Le milieu des affaires s’inquiète.

En 2009, lors de la crise internationale, l’économie du pays trouve un ballon d’oxygène grâce au soja (taxé à 35 %). Mais depuis la fin des années 2000, l’économie connaît une très forte inflation. Pour financer la politique sociale et les dépenses publiques colossales, on fait tourner la planche à billets.
Conséquence logique, les prix flambent. Selon les chiffres officiels, elle avoisine les 10 % par an, chiffre largement minoré. La plupart des économistes indépendants s’accordent à dire qu’elle atteint, dans la réalité, 25 à 35 %.
Au début de l’année 2013, le FMI hausse le ton en accusant l’Argentine de falsifier les données économiques, sanctions à la clé...

La fuite en avant

Autre sujet de préoccupation : les créanciers qui n’ont jamais accepté les accords du début des années 2000 concernant l’annulation partielle de la dette publique. Suite à un procès perdu en 2012, l’Argentine se voit contrainte de rembourser l’intégralité des sommes dues (intérêts compris).

Les mesures libérales de Mauricio Macri

Dès son arrivée au pouvoir en novembre 2015, Mauricio Macri, le nouveau président, applique un revirement libéral. Il lève le contrôle des capitaux mis en place par Cristina Kirchner et dévalue le peso de 30 % de sa valeur.
Pour stabiliser le marché des changes et renforcer les réserves en devises, le gouvernement réalise un grand emprunt de 50 milliards de dollars auprès des banques internationales.
Il offre une amnistie fiscale aux entreprises, qui s’empressent de rapatrier 90 milliards de dollars de dividendes, et leur permet de payer leurs importations en devises.
Enfin, à l’exception de la taxe sur le soja qui passe de 35 à 30 %, il supprime les retenciones, soit les taxes à l’exportation sur les matières premières et agro-industrielles.

Il faudra patienter pour voir si les potions libérales du président Macri remettent le pays ou non sur les rails de la croissance. Après une année au pouvoir, faite de 2 % de récession économique, Macri compte sur une croissance à 3 % pour 2017 grâce aux investissements privés étrangers. Il tente également une relance par la consommation, offrant à la population d’acheter des biens payés en 18 mois à taux zéro.
Mais le mécontentement social gronde. Augmentation massive (de 300 % !) du prix du gaz, des transports et de l’électricité, pouvoir d’achat en berne, suppression de 200 000 emplois dans l’administration, des spéculateurs qui gagnent plus en misant sur le peso qu’en investissant, 32 % de la population vivant sous le seuil de pauvreté, une dette publique passée de 42 à 53 % du PIB, un déficit budgétaire dégradé, passant de 3 % en 2013 à 7 % pour 2016...
Pas de chance, la baisse des cours du soja et les emprunts monétaires ont fortement érodé la balance commerciale.

Droits de l'homme

Élu sur un programme de lutte contre la corruption après les scandales de l’ère Kirchner, le nouveau président Mauricio Macri a eu bien du mal à convaincre de son intégrité, lorsque son nom a été révélé dans l’affaire des Panama Papers.
Le nouvel homme fort du pays a tout de même réussi à régler le différend qui opposait l’Argentine aux « fonds vautours » – des fonds spéculatifs qui accablaient le pays depuis des années – et à donner des gages aux bailleurs internationaux. Mais à quel prix ? Augmentation délirante des factures d’électricité (+ 700 %) ou d’eau, licenciements massifs de fonctionnaires, inflation galopante : la cure d’austérité imposée a fortement aggravé le taux de pauvreté, qui touche désormais 34,5 % de la population.

À la fin du mandat de Cristina Kirchner, les ONG dénonçaient les pressions de l’exécutif sur la justice, qui avaient notamment entravé l’enquête sur la mort du procureur Nissman. Une affaire qui a beaucoup pesé dans la campagne présidentielle. Le président Macri s’était d’ailleurs engagé à mettre en place une réforme de la justice garantissant son indépendance.
Mais même s’il est trop tôt pour dresser un bilan de son mandat, certaines prises de parole de membres de sa majorité, qui remettent en cause le bien-fondé des enquêtes sur les crimes commis durant la dictature, incitent à la prudence. Le pays, très divisé sur ce sujet, a cependant réussi à briser les lois d’amnistie et à juger plusieurs ex-tortionnaires. En tout, près de 400 responsables ont été condamnés et, en mai 2016, 15 ex-militaires argentins ont été sanctionnés à l’issue du procès du Plan Condor.
Cependant, les « grands-mères de la place de Mai » se battent toujours pour retrouver les enfants enlevés aux opposants et confiés à des dignitaires du régime.

Les féminicides (« meurtre de femmes ») constituent toujours une préoccupation pour les associations, qui dénoncent la passivité de la justice et des autorités dans ces affaires sordides. Les ONG rappellent également que l’avortement, désormais autorisé en cas de viol, est toujours très difficile à pratiquer dans les faits.

La violence des forces de l’ordre et les conditions de détention dans les prisons argentines restent par ailleurs une source d’inquiétude.

Enfin, s’il souligne les efforts accomplis, le rapporteur spécial de l’ONU sur le racisme a néanmoins déploré, en mai 2016, la poursuite des discriminations contre les communautés indigènes, pour l’accès à l’emploi, à l’éducation ou à la santé. Des communautés sous-représentées, qui sont toujours victimes d’accaparement de terres par des compagnies minières ou lors de projets d’infrastructures.

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