Patios
Bien avant les Arabes, ce sont les Romains qui instituèrent
l'ordonnancement de l'habitat autour du patio, petite cour centrale non
couverte.
Le patio permet d'avoir le sentiment d'être chez soi tout
en étant à l'extérieur, il protège des regards curieux ainsi que du
soleil. C'est un lieu de réunion, de rencontre de toute la famille.
Une multitude de géraniums furieusement rouges et autres plantes en
pots en tapisse souvent les murs, tandis qu'une fontaine centrale fait
bruire un filet d'eau rafraîchissant.
Les patios de Cordoue
sont sans doute les plus beaux d'Andalousie : petits pavés mal ajustés
au sol, beaux panneaux d'azulejos sur la partie basse des murs, grille
en fer forgé élégamment travaillée à l'entrée. Chaque année, un concours est d'ailleurs organisé pour célébrer les plus beaux !
Ventas
La venta est une maison située en pleine campagne au bord du camino real (équivalent
des voies romaines en France) où les voyageurs de passage s'arrêtaient
pour déjeuner ou dormir. Le coucher allait obligatoirement avec le
couvert ou inversement.
Les ventas sont encore présentes dans
toute l'Andalousie et font partie d'une tradition oubliée. D'une part
parce que le chemin de fer du XIXe siècle a quelque peu relégué aux
oubliettes les voyageurs et autres postiers. D'autre part, parce que la venta, par définition, est un peu excentrée, dans une contrée aride ou hostile. C'est pour cette même raison que les ventas ont souvent servi de repaires de bandits.
Les ventas andalouses,
du XVe à la fin du XVIIIe siècle, c'était un peu le western. On y
vendait toutes sortes de marchandises (d'où leur nom), parfois tombées
de la carriole.
Aujourd'hui, ces consommateurs un peu spéciaux ont
disparu, de même que les femmes de petite vertu. Il reste les gitans et
les contrebandiers.
La Semaine sainte
Pendant la Semaine sainte, qui s'étale du dimanche des Rameaux à Pâques (la date de Pâques variant entre le 22 mars et le 25 avril, le dimanche de Pâques étant le 8 avril en 2012 et le 31 mars en 2013), les grandes villes andalouses sont envahies par les touristes, eux-mêmes noyés dans la foule espagnole.
La tradition veut que les grands moments de la passion du Christ y soient donnés en spectacle, dans une ambiance où pénitence et dévotion se le disputent au plaisir de la mise en scène. On ne sait plus très bien si l'on est venu pour se repentir ou si seul nous a attirés là le plaisir d'admirer les costumes insolites des pénitents et de voir défiler les pasos surchargés au son des fanfares jouant des marches de circonstance.
La Semaine sainte est-elle une fête de la piété ou permet-elle seulement aux Espagnols de faire la fête ? Les mécréants y verront une parade digne d'un carnaval, occasion rêvée d'aller au spectacle, tandis que ceux qui sont pénétrés de sentiments religieux ou mystiques seront d'abord sensibles à ce qui semble être une communion fervente et qui l'est peut-être bien.
La corrida
Retour aux sources
Rite barbare ou art sublime ?
Lors de toute tentative de réponse à cette question, il faut se souvenir que le taureau est un mammifère, donc un animal équipé d'un système nerveux développé du même type que celui de l'homme...
À cette problématique s'ajoutent des pratiques contestables (et illégales pour la plupart) utilisées lors de la préparation des animaux avant même les corridas. Taureaux mutilés par la pratique de l'afeitado : on repousse la partie innervée (et donc vivante) des cornes vers la racine, à vif, afin de rendre les cornes moins dangereuses pour les toreros ; outre l'aspect douloureux de l'opération, l'afeitado prive l'animal d'une partie de ses repères spatio-temporels. Taureaux drogués aux tranquillisants ou malades, et qui s'effondrent dès leur entrée dans l'arène.
Ce qu'il faut savoir
Les courses, corridas de toros, ont lieu pendant les jours de feria et lors d'autres fêtes, ainsi que tous les dimanches en saison dans les grandes villes. Pour la plupart, ce sont des novilladas où les taureaux (novillos) ont moins de 4 ans, où les novilleros n'ont pas reçu la consécration de l'alternative (investiture solennelle), où il n'y a pas souvent de picadors. Les novilleros désireux de faire carrière y donnent souvent le meilleur d'eux-mêmes. Les capeas (de plus en plus rares) des villages, improvisées sur la place publique, sont très « sport ».