Les données suivantes sont relatives à l'Espagne du Sud.
- Situation : l'Andalousie occupe toute la partie sud de l'Espagne, ainsi que deux
enclaves en terre marocaine, les presidios de Ceuta et de Melilla. On les oublie souvent !
- Principales villes : Séville (704 190 habitants), Málaga (568 500 habitants), Cordoue (328 540 habitants), Grenade (239 150 habitants), Jaén (116 790 habitants), Almería (190 300 habitants), Cadix et Huelva (149 300 habitants).
- Population : 8 415 490 habitants.
- Ressources : tourisme, agriculture et élevage.
- Sites inscrits au Patrimoine mondial de l'Unesco : l'Alhambra, le jardin du Genaralife et l'Albaicín, à Grenade (1984 et 1994) ; le centre historique de Cordoue (1984 et 1994) ; le parc national de Donaña (1984 et 2005) ; la cathédrale, l'Alcázar et l'Archivo de Indias à Séville (1987) ; les ensembles monumentaux Renaissance de Úbeda et Baeza (2003) ; un grand nombre de grottes, au titre de « l'art rupestre du bassin méditerranéen de la péninsule Ibérique » (1998).
Le sud de l'Espagne est-il encore une région souffrant de mal-développement, ou bien est-ce, comme le pensaient, au milieu des années 2000, certains journalistes, la Californie de l'Europe ? La réalité se situait bien sûr entre les deux. Jusqu'à ce que l'explosion de la bulle immobilière en 2008 (un secteur sur lequel l'Andalousie avait - tourisme oblige - beaucoup misé) change singulièrement la donne.
Si l'on fait abstraction du cas très exceptionnel de l'enclave de Ceuta, l'Andalousie est championne d'Espagne du chômage (33,17 % contre 24,30 % en Espagne mi-2012). Et même dans l'euphorie du boom économique de l'Espagne au début du XXIe siècle, le chômage n'est jamais, en Andalousie, descendu en dessous des 12 %. Ces indicateurs témoignent de la sous-industrialisation et de la trop grande place dévolue à l'immobilier touristique (surtout depuis les années 1980) et à l'agriculture, où coexistent archaïsme et modernité.
L'Espagne, en grande partie grâce à sa moitié sud, est un grand pays exportateur de produits agricoles et agroalimentaires (oranges, huile d'olive, vins, fruits et légumes). L'essentiel de la production provient des zones irriguées, huertas anciennes héritées de la conquête arabe.
L'industrie est parvenue malgré tout à s'implanter dans la région, les hautes technologies n'étant pas en reste. La construction aéronautique est ainsi présente à Séville et à Cadix, la production d'énergie éolienne très développée autour de Tarifa, et les villes de Málaga et de Séville sont en passe de devenir deux puissants technopôles. Séville, en plein boom, bénéficie d'infrastructures dignes de son statut de métropole européenne.
La très grave crise économique qui frappe l'ensemble du pays a été très cruelle dans la région. C'est en Andalousie que le nombre de chômeurs a le plus augmenté depuis début 2008 : près d'un Andalou sur trois privé d'emploi, la consommation se ralentit, et nombre d'entreprises sont en faillite.
En Andalousie les immeubles dont personne ne croit plus qu'ils seront un jour terminés font désormais partie du paysage. Sachant que les taxes liées à l'immobilier représentaient près de 15 % du budget des municipalités et des régions, les communes qui, par le passé, ont largement eu recours à l'emprunt n'échappent pas à ce mouvement descendant.
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