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Un peu d’histoire Alsace

Quelques dates

- 90 000 à 40 000 av. J.-C. : les Alsaciens chassent le rhinocéros.
- 1500 av. J.-C. : allez, les Gaulois ! 10 km de mur en moellons protégeaient leurs sanctuaires.
- 58 av. J.-C. : un géant suédois, le Suève Arioviste, traverse le Rhin avec une armée fleuve. Panique : on appelle César, qui le culbute au-delà du Rhin.
- Ier et IIe siècles : protégée par la province de Germanie supérieure, la plaine d'Alsace se romanise.
- IIIe et IVe siècles : les dieux celtes sont à la mode comme Vosegus (Vosges) et le père Rhin, ami du commerce.
- Ve siècle : en 407, un tourbillon de peuples (Vandales, Suèves...) emporte la Gaule ; Argentoratum préfère prendre un nom germain : Strateburg (la ville des routes). En 451, c'est le cyclone hun.
- VIe-VIIIe siècles : le duché d'Alamanie émerge sur la rive droite du Rhin, le duché d'Alsace occupant la rive gauche. Trois peuples cohabitent : Gallo-Romains, Francs et Alamans.
- IXe et Xe siècles : près de Colmar, Louis le Pieux, fils de Charlemagne, est déposé par ses trois bambins. Ils se partagent l’empire comme des chiffonniers. À Strasbourg, en 842, Charles et Louis s’allient contre Lothaire : mais c’est celui-ci qui fourre l’Alsace dans sa besace. C’est le célèbre serment de Strasbourg.
- XIe et XIIe siècles : à côté des évêques, promus princes d'empire, les puissants se partagent l'Alsace.
- XIIIe et XVe siècles : l'Alsace s'affirme comme un pays de cocagne. Avec le commerce les villes émergent. Dix d’entre elles s'organisent en ligue : la Décapole. Strasbourg fait cavalier seul. Vers 1240, elle s'offre une cathédrale. On s'y cultive avec Albert le Grand (maître de Thomas d'Aquin) et Gottfried de Strasbourg (auteur d'un Tristan). On y imprime dès 1458.
- XVIe siècle : Strasbourg mène la Réforme en Alsace, le XVIe siècle est un siècle d'or. On sculpte, on bâtit, on peint. L'humanisme fait rayonner cette terre de tolérance.
- XVIIe siècle : guerre de Religion en version allemande, la guerre de Trente Ans ruine l'Alsace.
- 1648 : l'Autriche cède la Haute-Alsace à la France. Sous conditions : la Décapole conserve ses droits propres, réformés et catholiques sont traités à égalité.
- XVIIe siècle : la révocation de l'édit de Nantes ne toucha pas l'Alsace, protégée par les traités. Le simultaneum oblige villes et villages protestants comptant sept foyers catholiques à leur réserver le chœur de l'église.
- XVIIIe siècle : fortifiée par Vauban, l'Alsace résiste aux guerres. Avec Lambert, elle contribue au Siècle des lumières. Strasbourg reste pratiquement indépendante. Elle reçoit Goethe, Cagliostro, le jeune Bonaparte…
- Révolution : la tour de la cathédrale de Strasbourg faillit porter un bonnet phrygien. On assiste à une francisation sur fond de guillotine.
- Empire : les conquêtes de Napoléon et de ses généraux placent la province au cœur de l'Europe.
- 1870-1914 : mal défendue, l'Alsace succombe aux Prussiens qui l'annexent. 59 000 Alsaciens - catholiques surtout - s'exilent pour rester Français. Mais la bonne administration allemande affaiblit les francophiles.
- 1918-1940 : les Français sont bien accueillis.
- 1940-1945 : aux premiers jours de guerre, les riverains du Rhin sont évacués dans le Sud-Ouest. Et Hitler annexe l’Alsace. Un camp de concentration est construit au Struthof. Incorporation de force de 130 000 jeunes (les « malgré-nous ») dans l'armée.
- Novembre 1944 : Leclerc entre à Strasbourg.
- 1945 : la « poche de Colmar » est nettoyée.
- Après-guerre : avec Pflimlin, domination du MRP chrétien. Puis c’est la vague gaulliste.
- 1949 : Strasbourg devient le siège du Conseil de l'Europe.
- 1976 : Fessenheim a sa centrale nucléaire. Début de l’irrésistible ascension écolo.
- 1979 : Strasbourg accueille le premier Parlement européen élu au suffrage universel direct.
- 1989 : élection de Catherine Trautmann (PS) à la mairie de Strasbourg, première femme, en France, à la tête d'une ville de plus de 100 000 habitants.
- 1995 : le tramway de Strasbourg fait peau neuve.
- 1997 : Catherine Trautmann devient ministre de la Culture.
- Décembre 1999 : tempête sans précédent. Des forêts entières sont dévastées en quelques heures.
- 2000 :Catherine Trautmann redevient maire de Strasbourg.
- 2001 : Catherine Trautmann cede sa place de maire à Fabienne Keller.
- 2007 : Le TGV Est Européen entre en gare de Strasbourg.

L'identité alsacienne

Le choix de Strasbourg comme siège du Conseil de l'Europe est une réponse aux Alsaciens troublés dans leur identité. L'Europe restaure la vraie vocation de ce carrefour rhénan, que le dernier siècle avait confiné dans un rôle de garde-frontière.
À l'heure où les jeunes, sauf dans les campagnes, ne parlent plus le dialecte, le fameux bilinguisme reprend du poil de la bête dans le domaine de l'enseignement. Mais cette identité demeure la signature d'un pays qui n'a cessé d'être ballotté par l'histoire.
L'Alsace reste aujourd'hui la seule région de France métropolitaine si originale par rapport à l'identité nationale.
Quant à l'Allemand, il retrouve ici, dans une décontraction quasi méridionale, les villages-bijoux, les vieux pignons et les cathédrales que les bombes américaines et le béton de l'après-guerre ont effacés chez lui... L'Alsacien le reçoit jovialement dans la langue de Goethe. Le Strasbourgeois fait ses emplettes à Kehl, la ville badoise d'en face - au même titre que le Badois remplit son cabas à Strasbourg.
Les relations transfrontalières ne se limitent pas aux emplettes : des écoles franco-allemandes ont été ouvertes, les échanges universitaires se multiplient, la chaîne Arte, bilingue, concrétise le rapprochement des deux pays, et bien d'autres initiatives...
L'autre secret de l'Alsace, c'est sa convivialité. Facteur de conformisme, le sentiment de la communauté est aussi source de vie. La table est l'un de ses domaines de prédilection. En Alsace, les amis se réunissent toujours dans des winstubs (caves à vin) qui jouent un peu le rôle de clubs.





 

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