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Alpes

Un peu d’histoire

La Savoie

La Savoie est réunie au Piémont en 1429. Sous les règnes de Louis XI, de François Ier, puis plus tard sous Henri IV, Louis XIII et Louis XIV, elle est l'objet de mille convoitises. Finalement le traité d'Utrecht, en 1713, régularise un peu la situation en cédant la Savoie au roi de Sicile. La région subit ensuite l'occupation espagnole (avec l'aide des Français) avant de devenir le « département du Mont-Blanc » en 1792. Victor-Emmanuel Ier recouvre ses terres et abdique.
La Savoie subira plusieurs fois le sort d'une balle de ping-pong avant que Victor-Emmanuel II ne la cède définitivement avec le comté de Nice en 1860 à la France, en remerciement de son aide contre les Autrichiens. Un plébiscite populaire confirme ce rattachement définitif de la Savoie qui, depuis, n'a pas changé de mains, même en 1944, grâce aux rudes combats des résistants au plateau des Gilères.

Le Dauphiné

Le bas Dauphiné, le Champsaur et le Briançonnais deviennent au XIe siècle la possession du comte d'Albion, Guigues Ier. Au XIIe siècle, Guigues IV se fait appeler dauphin, nom qui provient du surnom que sa mère (anglaise) lui donnait étant petit (dolphin). Dès lors cette appellation fit office de titre, appliqué aux souverains du... Dauphiné.
Sous les règnes de Guigues VI et VII, le royaume s'agrandit grâce à l'acquisition de l'Embrunais et du Gapençais. Humbert II, dauphin en mauvaise posture, décide en 1349 le « transport du Dauphiné à la France » à condition que le fils du roi prenne le titre de Dauphin et s'engage à conserver les franchises du Dauphiné. Louis II (le futur Louis XI) crée le parlement de Grenoble.
Les guerres d'Italie (où s'illustre le célèbre chevalier Bayard) puis les violents combats entre catholiques et protestants, qu'entraîne la Réforme, mettent la région à feu et à sang pendant une bonne partie du XVIe siècle. En 1628, le Dauphiné passe du statut de « pays d'État » à « pays d'élection ». Cette nouvelle tutelle déplaît singulièrement aux populations de la région.
À la fin du XVIIe siècle, le Dauphiné est attaqué par le duc de Savoie, Victor-Amédée II, et est fièrement défendu par Philis de La Charce, devenue héroïne locale. En 1791, le Dauphiné est divisé en trois départements : les Hautes-Alpes, l'Isère et la Drôme. De retour de l'île d'Elbe, Napoléon préfère éviter la voie du Rhône, trop hostile. Il remonte par la vallée de la Durance. À Gap, il reçoit un accueil enthousiaste. En remerciement, il offre à la ville une somme d'argent destinée à la construction de refuges près des cols et sur les chemins muletiers.
L'histoire du Dauphiné reprend un sombre relief en 1944 avec l'héroïque résistance clandestine du Vercors, devenu l'un de ses principaux bastions.

Quelques dates

- 218 av. J.-C. : guidée par Hannibal, une armée d'éléphants piétine les neiges du Petit-Saint-Bernard. Avec des pertes, elles aussi, très lourdes.
- 121 av. J.-C. : Rome conquiert les Alpes en battant les Celtes (Allobroges), puis les Germains (Cimbres et Teutons).
- 443 : Aetius, général romain, installe les Germains burgondes au « pays des sapins », la Sapaudia (Savoie).
- 1034 : Rodolphe, maître du nord de la Savoie, lègue son royaume à l'Empereur germanique. Mais un autre Savoyard, le comte de Maurienne, agrandit ses domaines.
- 1084 : saint Bruno fonde la Grande Chartreuse.
- 1349 : le roi de France achète le Dauphiné, qui devient l'apanage traditionnel de son fils aîné.
- XIVe s. : devenus ducs, les comtes de Savoie créent un véritable État, avec pour capitale Chambéry. « Portiers des Alpes » contrôlant quatre cols sur six, ils s'opposent aux Dauphins.
- 1429 : la Savoie est réunie au Piémont, avant d'obtenir, au XVIIIe siècle, la Sardaigne.
- XVIe s. : menacé par la France, le duc de Savoie déménage sa capitale à Turin.
- 1628 : le Dauphiné passe sous administration directe de la France.
- Fin du XVIIe s. : la Savoie attaque le Dauphiné.
- 1786 : première ascension du Mont-Blanc.
- 1792 : les armées de la Révolution occupent la Savoie, qui devient le « département du Mont-Blanc ».
- 1846 : à la Salette, la Sainte Vierge se livre à des apparitions.
- 1858 : en échange d'une aide française pour conquérir l'Italie, le duc de Savoie cède à Napoléon III ses possessions alpines et le comté de Nice. Les Savoyards vont plébisciter l'accord.
- 1924 : premiers jeux Olympiques d'hiver. Ça se passe à Chamonix...
- 1968 : jeux Olympiques d'hiver à Grenoble : Killy, trois médailles d'or. Cocorico !
- 1992 : Albertville accueille les jeux Olympiques d'hiver. Jolie moisson de médailles, et cérémonie d'ouverture inégalée (Decouflé, c'est gonflé !).
- 1999 : incendie du tunnel du Mont-Blanc, qui fait 39 morts.
- Mars 2002 : réouverture du tunnel, avec circulation alternée des poids lourds malgré de vives polémiques.
- Février 2006 : côté italien, Turin et les Alpes accueillent les XXes Jeux olympiques d'hiver.

Sécession

« SE » : cette curieuse plaque ornant le derrière des autos immatriculées 73 et 74 indique la Savoie, non la Serbie. Elle sert d'emblème aux quelque 3 000 adhérents du Parti Savoisien - ou Ligue Savoisienne -, créé en 1994 pour restaurer l'indépendance de l'État de Savoie.
Gag ? Pas tout à fait. On se souvient comment le duché de Savoie, borné à l'ouest par un puissant royaume, avait tourné ses ambitions vers l'Italie, et mis la main sur le Piémont. Mais lorsque Turin devint sa capitale, les Savoyards s'émurent d'en être désormais réduits à jouer les supplétifs.
Quand vint l'heure de l'indépendance italienne, le Savoyard Cavour, président du conseil de Victor-Emmanuel, troqua l'aide militaire de Napoléon III contre la cession de la Savoie et du Pays niçois. Sous réserve d'un référendum qui, en 1860, est approuvé à 99,8 % (un score qui laisse aujourd'hui rêveur...). Les régions du Nord, géographiquement tentées par le rattachement à Genève, se prononçant pour le « Oui et zone », c'est-à-dire l'établissement d'une zone franche, qui sera très vite supprimée...
C'est ce référendum que conteste aujourd'hui le Parti savoisien. Son programme flou a réuni, aux dernières élections, entre 5 et 6 % des suffrages dans les « deux Savoies », un vote qualifié par lui-même de « protestataire ».
En dépit d'un passéisme revendiqué - le retour aux racines -, les Savoisiens se veulent plus proches de la Ligue lombarde que du FN et, tout en lorgnant sur un rattachement à la Suisse romande, bornent leurs revendications au cadre local : rapatriement des sièges sociaux du tunnel du Mont-Blanc et des Compagnies des Alpes, détentrices du pactole des stations de ski...





 



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