Routard.com, guides de voyage en ligne

Culture Albanie

Ismail Kadaré

Figure de proue de la littérature albanaise, Ismail Kadaré est né en 1936. Il étudie à Tirana, puis Moscou, mais doit rentrer lorsque l’Albanie rompt politiquement avec l’URSS. Déjà publié sous le régime stalinien d’Enver Hoxha, il parvient néanmoins à peindre l’absurdité du totalitarisme dans Le Général de l’armée morte (1963), qui le consacre sur la scène internationale.
Plus généralement, Kadaré réalise un portrait historique et sociologique pointu du monde albanais à travers les âges. Puisant dans le fond commun de la mythologie et des légendes, des ballades médiévales et des traditions, il tisse des histoires tantôt poétiques et philosophiques, tantôt cruelles, où se mêlent et s’affrontent passé et présent, réalité et fiction.
Avril brisé (1978) expose l’ineptie du kanun, la vendetta traditionnelle. Son œuvre, considérable (en nombre aussi !), comprend romans, essais, poésie et théâtre. Peu avant la chute du régime, en 1990, il obtient l’asile politique en France, où il réside toujours. Lauréat en 2005 du prestigieux prix Man Booker, il est souvent cité au nombre des nobélisables.

Skanderbeg

« Je ne vous ai pas aporté la liberté ; je l’ai trouvée, ici, parmi vous. » Héros de la résistance aux Turcs, Skanderbeg (1405-68) est le père spirituel de l’Albanie.
Fils du prince d’Émathie (Macédoine), né Gjergj Kastrioti, il est envoyé comme otage à la cour du sultan turc dès son enfance, avec ses trois frères - une bonne manière de s’assurer de la loyauté de leur père... Converti à l’islam, éduqué à Edirne, il s’illustre à la guerre.
Rebaptisé Iskander (Alexandre), il reçoit le titre de bey avec charge de gouverner en loyal serviteur de la Grande Porte. Mais il déserte avec 300 Albanais lors de la bataille de Nis (dans l’actuelle Serbie) et prend Krujë, perchée sur les flancs de la plaine albanaise près de Tirana. Le 28 novembre 1443, peu après avoir abjuré l’islam et réaffirmé sa foi chrétienne, il est couronné roi des Albanais et fait hisser sur la forteresse de Krujë le drapeau byzantin rouge frappé d’un aigle à deux têtes.
Soutenu par le Vatican, le roi de Naples et les Vénitiens, « l’Athlète du Christ » (selon les mots du pape Paul II) repousse 24 attaques turques sur Krujë ! Lassé, le sultan finit même par le reconnaître seigneur d’Albanie (1461). Sa force de conviction lui aura permis de résister durant 25 ans, mais il n’en faut qu’une douzaine après sa mort, en 1468, pour que le pays soit soumis par les Ottomans.
D’abord assimilé à un héros chrétien, le Vercingétorix albanais devient une figure emblématique de la cause nationaliste au XIXe siècle, toutes confessions confondues, lorsque le pays tente d’arracher son indépendance à la Turquie vacillante. Plus tard, bien plus tard, Enver Hoxha tentera de s’approprier le mythe en se plaçant dans la filiation du héros... Plus révéré que jamais, Skanderbeg s’est vu ériger de nombreuses statues ces dernières années, dont une au Kosovo (Pristina) et une autre à Skopje (Macédoine), où vit une forte minorité albanaise.

Mercedes

Est-ce de la culture ? Difficile à dire, mais c’est sans conteste un fait culturel : les Albanais roulent tous en Mercedes (ou presque) ! Du plus petit village jusqu’aux réduits huppés de Tirana, la marque allemande fait un carton. Robuste sur des routes cabossées (on est gentils pour les zones de montagne…), chic pour faire valoir son prestige social, c’est l’instrument idéal. Évidemment, toutes ne sont pas des jeunettes et beaucoup affichent six gros chiffres au compteur.

Bunkers

Vestige de la dictature stalinienne, le pays est littéralement jonché de mini-bunkers. On en voit tout au long des routes, sur les plages, dans les villes même. Il y en avait jadis tous les 100 à 150 mètres ! Beaucoup ont été détruits ces dernières années, mais leur quantité est telle que vous ne pourrez manquer d’en voir.
Paranoïaque jusqu’au bout des ongles, Enver Hoxha s’était mis en tête que le monde entier cherchait à envahir l’Albanie pour le déloger de ses fonctions ô combien civilisatrices… Un film albano-franco-polonais sorti en 1996, Kolonel Bunker, évoque parfaitement la démence de cette époque et de cet homme, qui recouvrit l’Albanie de quelque… 800 000 bunkers ! Le film et son réalisateur, Kutjim Çashku, ont été plusieurs fois primés, notamment à Venise.



On en parle sur le forum Albanie

SUJET par dernier
 envoyé spécial (5 réponses)nidras30/11/2008
 envoyé spécialnidras26/11/2008
 parler albanais (1 réponse)audrey15/10/2007
 Traduction mot (1 réponse)nono16/08/2007
Accéder au forum Albanie


 

© 2009 Cyberterre / Hachette tourisme. Le contenu de ce site ne peut être reproduit sans autorisation écrite.
Accès rapide : Contact, Plan du site, Avis hôtel, Maroc, Turquie, Grèce, Egypte, Tunisie, Marrakech, Lisbonne, Italie, Portugal, Paris, Espagne, Chine, Thaïlande, Canada
Crète, Etats-unis, Barcelone, République Dominicaine, Sénégal, Cuba,Vietnam, Mexique, Madagascar, Berlin, Toulouse, Venise, New York, Japon, Paris, Budapest
Bretagne, Corse, Amsterdam, Bruxelles, Madrid, Vienne, Québec, Ile Maurice, Réunion, Normandie, Australie, Seychelles, Lyon, Nice, Marseille, Croatie