- Nom officiel : République d'Albanie.
- Superficie : 28 748 km².
- Population : 3 620 000 habitants (estimation 2008). L’émigration vers l’Italie et d’autres pays européens de l’Ouest, qui a vu baisser la population dans les années 1990, a diminué.
- Statut : République. L’indépendance a été obtenue le 28 novembre 1912 au moment de la dislocation graduelle de l’empire ottoman.
- Capitale : Tirana. La ville et ses banlieues regroupent environ 20 % de la population du pays.
- Subdivisions administratives : le pays est divisé en 12 qarqe (comtés).
- Chef de l’État : Bamir Topi (élu pour 5 ans le 24 juillet 2007). En Albanie, le président est désigné par le Parlement avec un quorum des deux tiers des voix minimum. Son rôle est principalement honorifique.
- Premier ministre : Sali Berisha (depuis septembre 2005). Premier président de l’Albanie post-communiste, ce francophone averti est parmi les premiers à soutenir les étudiants en 1991. C’est après que ça se gâte : sa présidence est marquée par une corruption record, une dérive autoritaire et par la catastrophe des sociétés pyramidales, qui ruinent une bonne partie des Albanais. Il réussit néanmoins un come back en se faisant le champion de la lutte contre la corruption et le crime organisé… Berisha est attaché au Parti Démocratique d’Albanie (PDA), conservateur.
- Formations politiques : le Parlement albanais compte 140 députés, 100 élus localement au suffrage direct et 40 à la proportionnelle à l’échelle du pays. La majorité absolue est détenue par la coalition formée par le Parti Démocratique d’Albanie et la plate-forme conservatrice comprenant le Parti Républicain. Les autres grandes forces de l’échiquier politique sont à gauche : Parti Socialiste, Parti Social-Démocrate et Mouvement Socialiste pour l’Intégration issu d’une scission du PS. D’une manière générale, la scène politique albanaise est fort éclatée et la défiance envers les deux grands partis de plus en plus marquée. Le bourrage des urnes et autres manœuvres d’intimidation ne sont pas rares ; on parle par exemple de votes achetés aux Roms, les plus démunis de tous.
- Monnaie : le lek.
- Religion : majorité islamique ; aussi des orthodoxes et des catholiques.
- Ethnies : population homogène, avec 95 % d’Albanais
pour 3 % de Grecs et 2 % d’autres origines (Valaques, Roms, Bulgares,
Macédoniens). Cela dit, les estimations concernant les Grecs varient
assez largement en fonction des interlocuteurs - jusqu’à 12 % pour les
intéressés ! Les Albanais se divisent eux-mêmes en deux groupes,
Guègues (Nord) et Tosques (Sud).
Économie
En un siècle, l’Albanie est passée sans transitions d’un stade quasi féodal à la dictature du prolétariat, puis au libéralisme le plus forcené. Parlez de thérapies de choc… ou de chocs tout court !
Le scandale des sociétés pyramidales, en 1996-97, a profondément marqué les Albanais : ces banques, apparues dans tout le pays avec le soutien du gouvernement Berisha, promirent des taux d’intérêt phénoménaux, atteignant jusqu’à 25 % par mois ! Lorsque certains commencèrent à retirer leurs billes, tout le système, financé par les seuls nouveaux apports, s’écroula. Les Albanais floués prirent les armes pour exiger leur du et le pays s’enfonça dans l’anarchie la plus totale. Il aura fallu près d’une décennie pour revenir à un certain équilibre. On a bien dit « certain »…
L’économie est traditionnellement axée sur l’agriculture, mais celle-ci est peu rentable : 58 % de la population s’y emploie pour seulement 24 % du PIB. Les parcelles sont trop petites, les titres de propriété trop peu certains et le terrain trop montagneux. Ceci expliquant cela, quelque 18 % de la population vivent sous le seuil de pauvreté (avec moins de 2$/jour).
L’industrie, largement développée par le régime d’Enver Hoxha, souffre de problèmes d’infrastructures ; les fréquentes coupures de courant et d’eau ont découragé bien des investissements étrangers.
En vérité le pays dépend presque entièrement de l’argent envoyé par les émigrés à leurs familles et de l’aide internationale. Ces deux sources combinées représentent davantage que le total des exportations !
La situation macro-économique apparaît meilleure, avec un taux de croissance de 5 % en 2006 et une inflation maîtrisée. Les chiffres officiels, négatifs comme positifs, doivent toutefois être relativisés : l’économie informelle représenterait en plus, selon les sources, entre 50 et 60 % du montant du PIB officiel !