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Santé et sécurité Équateur

Santé

L'hygiène

Elle n'est pas au beau fixe partout. Les précautions universelles doivent être respectées : pas d'eau du robinet ni de boissons non contrôlées (sauf si bouillies : thé, café) et, en cas de doute, désinfection par Micropur® DCCNa, ou par filtration microbienne type Katadyn® ; pas de glaçons non plus (sauf dans les restos ou cafés chic) ; éviter les crudités dans les petits restos pas chers, le lait et ses dérivés non industriels, les viandes peu cuites ou servies « non fumantes », etc.
Si dans certains pays d'Amérique du Sud sévit périodiquement une épidémie de choléra, ce n'est que peu le cas en Équateur. En pratique, le touriste, fût-il routard, a très peu de risques d'attraper le choléra s'il respecte les précautions alimentaires de base. En cas de diarrhée : si coexiste une fièvre ou s'il y a émission de glaires, de pus ou de sang : consulter en urgence un médecin.
Pour le reste, il ne s'agira que d'une simple turista, ce qui est heureusement le cas le plus fréquent.
À savoir : les cliniques privées d'Équateur ne prennent en charge les malades que s'ils peuvent effectuer un dépôt de garantie (3 000 US$) par carte de paiement, et ce même s'ils ont contracté une assurance voyage.

Le mal aigu des montagnes (soroche)

C'est le problème qui peut arriver le plus vite. Il est provoqué par l'élévation trop rapide du niveau d'altitude, l'organisme n'ayant pas eu le temps de s'adapter. Il y a toutes les formes de gravités possibles, depuis le simple mal de tête ou la gêne respiratoire (sensation de manque d'air) jusqu'à l'œdème pulmonaire aigu, qui peut être mortel.
La solution la plus simple pour faire cesser ces troubles est de descendre à une altitude inférieure le plus rapidement possible. Si cela est impossible, faire quelques séances d'oxygène.

Sucer des comprimés de Coramine glucose® est sans grand effet mais n'a jamais fait de mal à personne (sauf aux diabétiques, à cause du glucose). Certaines médications locales sont disponibles, mais il n'existe aucune information objective à leur sujet.
En Équateur, mais moins qu'au Pérou et qu'en Bolivie : la feuille de coca, ou comment retrouver les plaisirs ancestraux de la chique. Les indigènes se soignent avec ça depuis des millénaires ! Pour tous les spécialistes aujourd'hui, la prise préventive de Diamox® est efficace.

Les premiers jours, il convient de laisser l'organisme s'adapter aux conditions d'altitude et donc de ne pas le fatiguer : moins vous ferez d'efforts physiques, mieux vous vous porterez ; ne montez que progressivement : ce n'est qu'au bout de 5 jours au minimum que vous pourrez envisager un circuit vers les sommets. Ne pas trop manger ; proscrire toute boisson alcoolisée ; ne pas fumer ; pas de « calmants » ni de somnifères. Pour les maux de tête légers, ne prendre que du paracétamol.

Enfin, en plus de l'altitude, l'air sec et frais expose aux problèmes ORL : angines et sinusites sont fréquentes ; prévoir ce qu'il faut avant de partir.

Le paludisme

On distingue 3 zones en Équateur :
- la zone amazonienne, où le paludisme est omniprésent ;
- la zone andine, où l'on peut considérer en pratique qu'il n'y a aucun risque de contamination ;
- la zone côtière, où le risque est très faible et pour laquelle aucun spécialiste ne recommande une chimioprophylaxie.
Il n'y a pas de risque de transmission au-dessus de 1 500 m, ni dans les grandes villes. Ailleurs en Amazonie, le risque existe mais varie selon la région visitée et la durée du séjour. Bref, tâchez de vous renseigner au préalable.

- Quoi qu'il en soit : dès le coucher du soleil, porter des vêtements recouvrant le maximum de surface corporelle ; sur les parties découvertes, utiliser des répulsifs antimoustiques efficaces type Insect Écran. Pour la forêt amazonienne, imprégnation des vêtements conseillée (Insect Écran Trempage).
- En Amazonie : dormir sous moustiquaire imprégnée d'insecticide. La plupart des hôtels situés dans les zones à risque sont pourvus de moustiquaires, mais parfois en piteux état. La meilleure solution reste donc les moustiquaires préimprégnées d'insecticide. Elles peuvent être achetées en pharmacie ou par correspondance.

- Médicaments antipaludéens préventifs : pour le versant amazonien seulement. Aujourd'hui on recommande en première intention la Malarone®. Seul inconvénient : son prix élevé. À défaut, le Lariam® (qui fait mauvais ménage avec l'altitude et aux nombreux effets secondaires) ou la Doxycycline® (qui fait mauvais ménage avec le soleil).

Vaccinations conseillées

- Contre la fièvre jaune, fortement conseillée (mais pas obligatoire) pour tout séjour sur le versant amazonien, inutile sur les zones côtières et andines : à faire plus de 10 jours avant l'arrivée, dans un centre agréé.
- Il est recommandé de ne partir qu’en étant à jour dans ses vaccinations universelles contre diphtérie, tétanos, polio, coqueluche et hépatite B.
- Le vaccin contre l’hépatite A est fortement recommandé pour toutes les personnes qui ne sont pas naturellement immunisées (prise de sang éventuelle pour les voyageurs de plus de 65 ans). On n’ose plus compter le nombre de lecteurs et amis qui en ont rapporté une.
- Vaccin contre la typhoïde pour les séjours prolongés.

Dangers et enquiquinements

La dollarisation n'est pas étrangère à l'augmentation des vols et des agressions constatés dans le pays : avec la hausse du coût de la vie, la pauvreté augmente et la délinquance aussi. Du coup, la plupart des gens possèdent une arme pour se défendre. Il convient donc d'être prudent, sans toutefois devenir parano.
Adressez-vous au consulat avant d'entamer un périple hors des sentiers battus. En effet, certaines régions peuvent connaître des troubles momentanés.
À Quito, attention dans les transports en commun. Il y a de nombreux pickpockets. Évitez aussi de vous balader seul dans la rue le soir, même dans le Quito moderne. En dehors de la capitale, faites attention dans les villes en général, surtout sur les marchés et dans les gares routières. Les lieux touristiques aimantent voleurs et agresseurs. Problèmes parfois aussi dans certaines grandes villes côtières (Esmeraldas ou Manta notamment). Soyez vigilant à Guayaquil également. Dans tout le Nord, près de la frontière colombienne, subsistent des cas d'agressions et d'enlèvements.
La police refuse parfois de recevoir votre plainte, histoire de ne pas trop faire grimper les statistiques de criminalité !

Quelques règles élémentaires vous permettront d'éviter bien des mésaventures : ne pas traîner dans les rues seul(e) la nuit et ne pas afficher sa richesse ; les taxis sont bon marché, utilisez-les donc pour vos déplacements nocturnes. Laisser argent et papiers dans un coffre ou à la réception de l'hôtel (contre un reçu) et ne garder sur soi qu'un peu de liquide et des photocopies de son passeport. Ne pas mettre non plus tous ses œufs dans le même panier, en mettant notamment son argent en différents endroits. Certains marchés sont devenus les terrains de jeux favoris des pickpockets : fermez bien vos poches et gardez votre sac à dos sur le ventre.
De nombreux vols ont aussi lieu dans les autocars, en particulier la nuit. Soyez très vigilant.
Bref, avec un minimum de bon sens et de vigilance, il ne vous arrivera... rien, comme à la plupart des touristes.

Conseils divers

- Ne pas boire d'eau courante (même si les Équatoriens le font). On trouve très facilement et partout de l'eau purifiée en bouteille. Vous pouvez également vous procurer, en France, des pastilles purifiantes.
- Le marchandage est de règle, même parfois dans les boutiques où les prix sont fixes. Donc, n'hésitez pas à discuter. Sur les marchés indiens, c'est même obligatoire.
- Beaucoup de faux dollars circulent dans le pays. Ne changez votre argent que dans les casas de cambio.
- Acheter ses cartes géographiques en Europe.
- Pour éviter la prolifération de faux guides, et les inconvénients qui pourraient s'ensuivre, demander à votre guide sa « licencia de guia de turismo nacional ».
- Prenez une assurance rapatriement. Cela peut vous tirer facilement d'un mauvais pas.

Drogue

La plupart des étrangers actuellement en prison y sont pour détention de drogue. Les autorités n'ont aucune pitié pour les routards pris en flagrant délit : de 6 mois à 2 ans de prison pour toute consommation de substance illégale et au moins 12 ans de trou pour le moindre trafic ! Ne jamais se promener dans les rues avec de la drogue en poche.
Ceux que les expériences psychotropes intéressent joueront plutôt les ethnologues en testant la chicha (maïs ou manioc fermenté) des Quechuas et des Shuars ou, mieux, l'ayahuasca (une boisson fortement hallucinogène) des Indiens de l'Oriente. Quant à la feuille de coca, elle semble curieusement absente de la culture andine d'Équateur, contrairement au Pérou ou à la Bolivie.
Si vous visitez le nord de l'Équateur (Ibarra, Tulcán...), vous serez peut-être contrôlé à plusieurs reprises par la police et par les douanes. Si vous êtes en voiture, le contrôle sera encore plus serré. Tout cela s'explique assez facilement : plus de la moitié de la drogue consommée aux États-Unis transite par les ports équatoriens.


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