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Un groupe de touristes italiens enlevés au Niger (El Watan 27/8/6)
EL WATAN Edition du 27 août 2006 > Dernière
Un groupe de touristes italiens enlevés au Niger
Les ravisseurs font connaître leurs revendications
Le silence qui a suivi l’enlèvement, la semaine dernière, d’un groupe de 21 touristes italiens, dont 19 furent vite relâchés, a été rompu par une revendication parvenue, hier, aux autorités italiennes et dans laquelle le groupe des ravisseurs, affirmant appartenir au Front du Far Sahara du Niger, formule une requête politique et dissuade les étrangers, touristes ou pas, à se rendre dans le pays subsaharien, pour « absence de sécurité ».
Le texte du message rédigé par les rebelles révèle la motivation « politique » à l’origine du rapt et critique le gouvernement de Niamey accusé de « bafouer la démocratie et de violer les droits de l’homme ». « Moi, président du Front du Far Sahara du Niger, déclare que le gouvernement du Niger n’est pas démocratique et ne garantit pas les droits de l’homme. Depuis la mort de notre président de la République du Niger, Ibrahim Barè Mainassara, tous les représentants de notre peuple ont été éliminés : Chahai Barka et Barka Wardagou, enlevés et dont nous ignorons encore le sort », récite le communiqué. « Nous cherchons seulement le droit d’un peuple à la survie et demandons, par conséquent, la possibilité d’être représentés dans le gouvernement, afin de résoudre pacifiquement la situation et garantir la présence des étrangers sur notre territoire. Tous les étrangers, même ceux qui s’y trouvent pour des motifs professionnels, ne peuvent se rendre au Niger jusqu’à nouvel ordre. Au Niger, il n’y a pas de conditions de sécurité », conclut le chef du Far Sahara du Niger. Les Italiens enlevés avaient été surpris alors qu’ils effectuaient une randonnée dans la région sud du Niger, frontalière avec le Tchad, aux environs du lac Tchad. Et si la plupart des visiteurs avaient été relâchés après une brève captivité, deux d’entre eux, Claudio Chiodi et Ivano De Capitani, tous deux originaires du nord de l’Italie, ont été retenus par les ravisseurs, qui avaient demandé au groupe de désigner deux personnes à séquestrer pour libérer les autres. Claudio et Ivano, deux explorateurs du désert endurcis, s’étaient portés volontaires pour permettre à leurs compagnons de recouvrer la liberté. Ce n’est pas la première fois que des touristes italiens, qui choisissent de visiter le désert du Niger, hors des circuits traditionnels réputés plus sûrs, car contrôlés par les militaires nigériens, sont enlevés. Le ministère des Affaires étrangères italien déconseille sur son site, depuis des années, cette destination. Mais le groupe de Claudio et de Ivano n’a pas suivi les recommandations du gouvernement italien, et est entré au Niger par la Libye, espérant, après une grande virée dans le vaste désert nigérien, pouvoir rejoindre la Tunisie via le Sud algérien.
Nacéra Benali
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