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YEMEN en routard, février 03

Posté par alex le 11 mars 2003 à 11:10 dans Itinéraires Yémen
Finalement, (cf mon message précédent), nous sommes partis en février à deux pour un voyage sac au dos de quatre semaines au Yémen. Il est donc possible de se passer des services d’une agence et de voyager par ses propres moyens. C’est clair que c’est passablement compliqué pour trouver le bon bus ou le bon taxi, et surtout au niveau des autorisations de circuler. D’ailleurs en un mois, on a croisé un seul routard. Evidement, la crise irakienne et l’actualité récente a achevé le secteur touristique au Yémen. Quelle tristesse de se retrouver absolument seuls dans les magnifiques hôtels traditionnels du vieux Sanaa. Espérons que ça reparte l’année prochaine ! Comme il a déjà été dit, le Yémen est un pays fabuleux, aux villes et villages époustouflants, avec des paysages de montagne ou côtiers magnifiques. Rarement vous trouverez un accueil aussi chaleureux, tout le monde est curieux de savoir d’ou vous venez et est prêt à vous aider autant que possible. En ce moment, dites que vous êtes français même si ce n’est pas vrai et vous serez presque acclamés comme des héros (« Chirac tamam ! »). Notre parcours : Sanaa et environs (Shibam, Kawkaban), Zabid via Hudayda, Kawkha, Taez, Aden, Mukalla, Wadi Dawan, Wadi Hadramout, Seyoun et environs (Shibam, Tarim) et retour à Saana en avion. Nous avons donc dû renoncer au Marib et au nord de Sanaa car il est impossible d’y aller en individuels et notre budget ne permettait pas de louer une jeep avec escorte. On a voyagé essentiellement en taxi collectif, les Peugeot 504 (« Bijo ») contenant dix adultes ou en bus. Ce n’est pas très confortable mais ça vaut vraiment la peine, les Yéménites sont ravis de voyager avec des touristes et c’est très bon marché. En ce qui concerne les bus, les compagnies comme Yemitco pratiquent un tarif spécial touriste, soit trois fois le prix du billet normal ! Préférez donc les compagnies moins haut de gamme. (Cette pratique est également en vigueur pour le prix des billets de musées : 5 fois le prix normal pour les étrangers au Palais du Sultan dans le Wadi Dar). Pour circuler librement, il vous faut ce fameux permis. Nous sommes passés par une voie officieuse en payant un gros bakchich (20 dollars !) à un fonctionnaire du ministère du tourisme, plus 7 dollars à l’intermédiaire rencontré par hasard et qui nous a amené jusqu’à lui. On peut se procurer ce permis par une agence mais j’ignore si c’est plus ou moins cher. En tous les cas, il nous a fallu 2 jours pour localiser ce fichu Ministère du tourisme de Sanaa que même les flics postés à 100 mètres ne connaissaient pas. Heureusement ce papier nous a permis de passer tous les checks-points. Sinon, la police nous a interdit de prendre la piste entre Kawkha et Mokha, sur la côte de la mer Rouge, qu’on voulait faire en moto. Entre Aden et Mukalla, des militaires se sont relayés à bord de notre bus. A la fin on nous a demandé un bakchich. Surprise : il suffit de s’énerver un peu et il abandonneront relativement facilement. Vous pouvez également faire semblant de ne pas comprendre. L’épisode le plus kafkaïen au niveau des autorisations s’est déroulé à Mukalla, pour aller à Seyoun en passant par le Wadi Dawan et le Wadi Hadramout. Là, il faut louer un véhicule privé et la police voudra vous accompagner. Nous nous sommes rendus trois jours de suite au QG de la « police touristique » pour obtenir un permis de voyager dans l’Hadramout sans escorte. On s’est passablement pris la tête et il faut bien dire que la police, à Mukalla du moins, atteint des sommets vertigineux d’incompétence et d’inefficacité. Ainsi après de longues heures de palabres et de salamalecs où la moitié du camp militaire discutait notre cas (toute cette confusion pour 2 touristes, comment géreraient-ils la situation s’il y en avait des dizaines ??), nous pensions pouvoir continuer notre voyage. On nous a finalement flanqué un militaire qui diminuait la place à l’arrière de la voiture, et nous aboya dessus pour qu’on lui achète son qat. A la fin, il a demandé de l’argent : on s’est mis en colère et on a refusé. Même si la police agit pour notre sécurité, ils ont encore beaucoup d’efforts à faire pour ne pas désespérer les touristes. Déjà il faudrait qu’un membre de cette police touristique parle un peu l’anglais… Evidement, vous pouvez recourir aux services d’une agence qui prendra toutes ces démarches en main et vous fournira une voiture et l’escorte, mais ça revient relativement cher. Malgré ces inconvénients, la voyage en individuels, en compagnie des gens du pays, vaut vraiment la peine, si vous aimez l’aventure et découvrir un pays avec honnêteté, ses facettes positives et négatives. En tous cas, nous n’avons été déçus par aucun des endroits visités. La région du Wadi Dawan est particulièrement géniale (passez la nuit à Sif par exemple). Et bien sûr, plus loin, Shibam reste la pure merveille de ce voyage avec Sanaa.
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Re : YEMEN en routard, février 03

Posté par Alan le 2 avril 2003 à 18:03
Salut Alex,
Heureux de voir que tu t'es régalé au Yémen, et merci pour ton petit " carnet ", çà m'a permis de me replonger dans ce pays que j'avais adoré et encore une fois allez y, allez y ! n'écoutez pas les oiseaux de mauvais augure qui vous prédisent le pire si on part au Moyen Orient, ceux qui ont voyagé dans toutes ces régions savent que c'est de là que l'on ramène les plus belles expériences et que l'accueil est le plus beau !
Bonne route à tous
Alan

alex a écrit :
> Finalement, (cf mon message précédent), nous sommes partis en février à deux pour un voyage sac au dos de quatre semaines au Yémen. Il est donc possible de se passer des services d’une agence et de voyager par ses propres moyens. C’est clair que c’est passablement compliqué pour trouver le bon bus ou le bon taxi, et surtout au niveau des autorisations de circuler. D’ailleurs en un mois, on a croisé un seul routard. Evidement, la crise irakienne et l’actualité récente a achevé le secteur touristique au Yémen. Quelle tristesse de se retrouver absolument seuls dans les magnifiques hôtels traditionnels du vieux Sanaa. Espérons que ça reparte l’année prochaine !
> Comme il a déjà été dit, le Yémen est un pays fabuleux, aux villes et villages époustouflants, avec des paysages de montagne ou côtiers magnifiques. Rarement vous trouverez un accueil aussi chaleureux, tout le monde est curieux de savoir d’ou vous venez et est prêt à vous aider autant que possible. En ce moment, dites que vous êtes français même si ce n’est pas vrai et vous serez presque acclamés comme des héros (« Chirac tamam ! »). Notre parcours : Sanaa et environs (Shibam, Kawkaban), Zabid via Hudayda, Kawkha, Taez, Aden, Mukalla, Wadi Dawan, Wadi Hadramout, Seyoun et environs (Shibam, Tarim) et retour à Saana en avion. Nous avons donc dû renoncer au Marib et au nord de Sanaa car il est impossible d’y aller en individuels et notre budget ne permettait pas de louer une jeep avec escorte. On a voyagé essentiellement en taxi collectif, les Peugeot 504 (« Bijo ») contenant dix adultes ou en bus. Ce n’est pas très confortable mais ça vaut vraiment la peine, les Yéménites sont ravis de voyager avec des touristes et c’est très bon marché. En ce qui concerne les bus, les compagnies comme Yemitco pratiquent un tarif spécial touriste, soit trois fois le prix du billet normal ! Préférez donc les compagnies moins haut de gamme. (Cette pratique est également en vigueur pour le prix des billets de musées : 5 fois le prix normal pour les étrangers au Palais du Sultan dans le Wadi Dar).
> Pour circuler librement, il vous faut ce fameux permis. Nous sommes passés par une voie officieuse en payant un gros bakchich (20 dollars !) à un fonctionnaire du ministère du tourisme, plus 7 dollars à l’intermédiaire rencontré par hasard et qui nous a amené jusqu’à lui. On peut se procurer ce permis par une agence mais j’ignore si c’est plus ou moins cher. En tous les cas, il nous a fallu 2 jours pour localiser ce fichu Ministère du tourisme de Sanaa que même les flics postés à 100 mètres ne connaissaient pas. Heureusement ce papier nous a permis de passer tous les checks-points.
> Sinon, la police nous a interdit de prendre la piste entre Kawkha et Mokha, sur la côte de la mer Rouge, qu’on voulait faire en moto. Entre Aden et Mukalla, des militaires se sont relayés à bord de notre bus. A la fin on nous a demandé un bakchich. Surprise : il suffit de s’énerver un peu et il abandonneront relativement facilement. Vous pouvez également faire semblant de ne pas comprendre. L’épisode le plus kafkaïen au niveau des autorisations s’est déroulé à Mukalla, pour aller à Seyoun en passant par le Wadi Dawan et le Wadi Hadramout. Là, il faut louer un véhicule privé et la police voudra vous accompagner. Nous nous sommes rendus trois jours de suite au QG de la « police touristique » pour obtenir un permis de voyager dans l’Hadramout sans escorte. On s’est passablement pris la tête et il faut bien dire que la police, à Mukalla du moins, atteint des sommets vertigineux d’incompétence et d’inefficacité. Ainsi après de longues heures de palabres et de salamalecs où la moitié du camp militaire discutait notre cas (toute cette confusion pour 2 touristes, comment géreraient-ils la situation s’il y en avait des dizaines ??), nous pensions pouvoir continuer notre voyage. On nous a finalement flanqué un militaire qui diminuait la place à l’arrière de la voiture, et nous aboya dessus pour qu’on lui achète son qat. A la fin, il a demandé de l’argent : on s’est mis en colère et on a refusé. Même si la police agit pour notre sécurité, ils ont encore beaucoup d’efforts à faire pour ne pas désespérer les touristes. Déjà il faudrait qu’un membre de cette police touristique parle un peu l’anglais… Evidement, vous pouvez recourir aux services d’une agence qui prendra toutes ces démarches en main et vous fournira une voiture et l’escorte, mais ça revient relativement cher.
> Malgré ces inconvénients, la voyage en individuels, en compagnie des gens du pays, vaut vraiment la peine, si vous aimez l’aventure et découvrir un pays avec honnêteté, ses facettes positives et négatives.
> En tous cas, nous n’avons été déçus par aucun des endroits visités. La région du Wadi Dawan est particulièrement géniale (passez la nuit à Sif par exemple). Et bien sûr, plus loin, Shibam reste la pure merveille de ce voyage avec Sanaa.
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Re : YEMEN en routard, février 03

Posté par didier fischer le 24 juillet 2003 à 18:50
pas mal ta petite ballade , si tu pouvais me donner qq infos sa serais encore mieux pour la preparation de la mienne pour dec/ jan . adresses d'hotels , noms des pressones a contacter pour les autorisations de circuler, le budget, ect ..ect..)
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