|
Le MATENADARAN
Institut des manuscrits anciens
111, avenue Machtots
Erevan
Le Matenadaran est l'un des plus vieux et des plus riches dépôts de livres du monde. Sa collection d'environ 17000 manuscrits comprend presque tous les domaines de la culture et des sciences anciennes et médiévales arméniennes: histoire, géographie, grammaire, philosophie, droit, médecine, mathématiques-cosmographie, théorie du calendrier, alchimie-chimie, traductions, littérature, chronologie, histoire de l'art, miniature, musique et théâtre, aussi bien que des manuscrits en arabe, persan, grec, syrien, latin, éthiopien, indien, japonais et autres.
Au cœur de l'héritage culturel, de nombreux originaux, perdus dans leur langue d'origine, et connus seulement par leurs traductions arméniennes, ont été sauvés de la perte. L'histoire du Maténadaran date de la création de l'alphabet arménien en 405. Ce centre de manuscrits a une histoire de plusieurs siècles, et cette histoire continue aujourd'hui.
Le Maténadaran St Mesrop Machtots est un Institut de Recherche Scientifique de vieux manuscrits, du gouvernement de la République d'Arménie. Il est situé dans la capitale arménienne Erevan. Il est le plus vaste centre d'étude et de sauvegarde des manuscrits arméniens du monde. Des originaux et des copies manuscrites de plus de 17000 manuscrits et environ 300 000 documents et archives y sont conservés, non seulement en arménien, mais aussi en grec, en latin, en arabe, en persan, en assyrien, en hébreu, en hindou, en japonais, etc…
Le nom de Mesrop Machtots est celui du créateur de l'alphabet arménien. Ce centre de manuscrits a une histoire de plusieurs siècles. Le noyau de cette collection est le Maténadaran patriarcal d'Etchmiadzine.
Selon l'historien du 5ème siècle Ghazar Parpetsi, le Maténadaran d'Etchmiadzine a existé dès le 5ème siècle. Il a acquis une importance particulière après 1441, lorsque la Résidence du Catholicos Patriarche suprême des Arméniens fut transférée de Sis en Cilicie à Etchmiadzine.
Des centaines de manuscrits commencèrent à être copiés à Etchmiadzine et dans les monastères des alentours. Peu à peu le Maténadaran d' Etchmiadzine devint l'un des plus riches institut de manuscrits du pays.
Dans un colophon de 1668, il est noté que du temps du Patriarche Suprême Philipos (1663-1655) la bibliothèque du monastère d'Etchmiadzine s'était enrichie de nombreux manuscrits. La copie de manuscrits était largement pratiquée pendant le règne de Hakob Jughayetsi (1665-1680).
Malheureusement, au cours du 18ème siècle, Etchmiadzine subit des attaques répétées d' ennemis. Déjà au début du 19ème siècle, il ne restait plus, de la riche collection, qu'un petit nombre de manuscrits.
Après le rattachement de l'Arménie orientale à la Russie en 1828, une nouvelle ère s'ouvrir pour le Maténadaran d'Etchmiadzine. Des copistes arméniens procurèrent de nouveaux manuscrits et les classèrent avec plus de confiance.
Le célèbre spécialiste des manuscrits l'archevêque Hovhannès Shakhatunian compila le premier catalogue de manuscrits du Maténadaran d'Etchmiadzine, qui comportait 312 manuscrits. Ses traductions en français et en russe avec une préface écrite par M. Brosset furent publiées à St Pétersbourg en 1840. Le second catalogue, plus volumineux, comprenait 2340 manuscrits, compilés par l'évêque Daniel Shahnazarian, et se nomme "le Catalogue Karénian" d'après le nom de l'éditeur. Il a été publié en 1863.
Le nombre de manuscrits du Maténadaran augmenta spécialement par la suite, quand des spécialistes privés prirent part à la copie, la recherche; la description et la préservation des manuscrits.
En 1892, le Maténadaran possédait 3158 manuscrits, en 1897: 3338, en 1906: 3788, et à la veille de la Première Guerre Mondiale, en 1913: 4060 manuscrits. En 1915, le Maténadaran reçut 1628 manuscrits du Vaspouragan (Lim, Ktuts, Akhtamar, Varag, Van) et Tabriz.
Le 17 décembre 1929, le Maténadaran fut décrété propriété d'Etat. Les 4060 manuscrits qui avaient été envoyés à Moscou en 1915 pour leur sauvegarde, furent retournés en avril 1922. Plus de 1730 manuscrits, rassemblés de 1915 à 1921, s'ajoutèrent à cette collection. Peu après, le Maténadaran reçut des collections de l'Institut Lazarian des Langues Orientales de Moscou, du séminaire Nercessian de Tiflis, de la Société Ethnographique arménienne, du Museum littéraire d'Erevan, etc…
En 1939, le Maténadaran d'Etchmiadzine fut transféré à Erevan. Pour faciliter la sécurité et la recherche de manuscrits, le 3 mars 1959, selon la décision du Gouvernement arménien, le Maténadaran fut réorganisé en un institut de recherche scientifique, avec des directions spéciales de préservation scientifique, d'étude, de traduction et de publication de manuscrits. La nomenclature et la description des manuscrits et des documents d'archives se fit sur une base scientifique. Grâce à de gros efforts, le Maténadaran peut offrir
aujourd'hui un certain nombre de catalogues, de guides des notations manuscrites et des index de cartes.
Les fonds du Maténadaran comportent: le fonds des manuscrits, les archives, la bibliothèque et le fonds de la presse. Pour préserver les trésors de l'héritage culturel, et pour prolonger la vie des documents, des ateliers de restauration et de reliure ont été ouverts, où de nouvelles méthodes sont mises en œuvre conformément à la science et aux techniques contemporaines.
Afin de donner aux chercheurs une plus grande occasion d'étudier les trésors des manuscrits arméniens, et de leur faciliter le travail, le Maténadaran peut leur offrir une description scientifique des manuscrits. En 1965 et 1970, les premier et second volumes des catalogues de manuscrits arméniens ont été publiés. Ils contiennent des listes auxiliaires détaillées de chronologie, de fragments et de noms géographiques.
Extrait du site www.matenadaran.am/en/history
Traduction Louise Kiffer
|