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Forum BrésilProjet de commerce équitable au BrésilPosté par vaintty le 12 mars 2011 à 01:54 dans Autre BrésilVoir aussi : Belém Bonjour, Je voudrais mettre en place un projet de solidarité avec un groupement de femmes, dans le domaine du commerce équitable (confection de vêtements en coton bio/équitable à commercialiser dans les îles françaises de la Caraïbe). Le projet a pour objectif d'aider ces femmes à améliorer leurs conditions de vie, à s'autonomiser, à faire la promotion du commerce équitable dans les îles françaises en question et bien sûr à créer des liens avec ce pays. Le projet devra se situer dans l'Etat du Para, de l'Amazonas ou de l'Amapa. Est-ce que quelqu'un connait des groupements de femmes dans un de ces Etats avec lesquels on pourrait mettre en place ce projet. Merci par avance pour vos réponses. Betty Je ne vais pas épiloguer sur l'aspect...Posté par benj77 le 12 mars 2011 à 11:06""commerce équitable" qui tout comme "tourisme solidaire" me fait doucement et cyniquement rigoler. Mais je reconnais que j'ai un mauvais esprit naturel. Je réponds à ta question sur le plan purement technique, afin d'être quand même constructif Va sur le site brasilyane.com et tu auras les coordonnées d'une association qui vient en aide à des gens particulièrement dans le besoin, qui vivent sur l'île Marajo. Peut être certains seront heureux d'avoir des débouchés. (je pense aux hamacs en coton filé La FUNAI a des magasins un peu partout, qui vendent des produits artisanaux émanant de tribus amérindiennes qui ainsi récoltent un peu de numéraire indispensable pour acheter des produits de base (parce qu'on peut rester "peuple premier" et néanmoins utiliser une machette plutôt qu'une hache de pierre pour faire son abattis; à ceux qui en douteraient je suggère de comparer par eux mêmes) les hamacs en coton filé sont magnifiques, et très sympas. Sur le site du "farol" (rio preguiça, à partir de barreirinhas) il y a une association des mères isolées qui font du commerce Ensuite, l'exportation vers les DOM... c'est le cauchemar absolu (crois-moi: j'ai essayé et j'y ai laissé mon énergie, mes illusions, et pas mal de fric). Outre les barrages habituels liés à l'entrée dans l'UE et dans la France en particulier tu as un barrage spécifique lié à l'entrée dans les DOM, avec passage quasi obligé par un transitaire racketteur - faute de quoi tu as même du mal à obtenir les documents cerfa vierges que l'administration est censée te fournir; Ajoutons à cela mauvaise volonté, indolence, esprit tatillon... seuls les bourgeois compradores qui sont dans l'importation depuis des générations s'en sortent, bénéficiant ainsi d'un monopole de fait. Ensuite... j'avais fait une étude de marché pour justement importer des hamacs (même s'ils n'étaient pas "équitables") Dans les DOM (antilles guyane) tu as les gens pauvres qui ne sont pas des clients potentiels réguliers et sûrs parce que le kg de riz passera avant le produit "équitable" Même s'ils achètent un hamac ils prendront... le moins cher, importé en gros à partir d'une fabrique industrielle. les gens plus riches mais qui se contrefichent de la culture brésilienne. S'ils donnent dans l'équitable ça sera à partir de produits de chez eux voire venant de leurs "racines africaines" (ça commence à fonctionner, ce trip) Chez les métros de passage, la plupart sont soit des gens qui galèrent, soit des rats venus là pour 4 ans dans le but d'amasser un max de fric pour construire la maison au retour en métropole. On n'achète rien de superflu voire un ou deux trucs pour faire local et le local est antillo-guyanais, pas brésilien. Ou si on achète brésilien c'est au cours d'un voyage à Belém maintenant qu'Air Caraibes dessert cette ville. Dernier point. Tu n'as pas de ligne de transport de fret régulière entre les DOM et le Brésil... sauf peut être un peu de fret aérien (par air-caraibes mais je n'en suis même pas sûr) mais ca va te coûter la peau des fesses et le gaspillage de kérosène pour transporter du textile, ça me semble peu compatible avec l'idée même d'équitable En clair il te serait plus facile voire plus économique de transiter par S. Paulo ou Rio puis l'hexagone d'autant plus que la burocratia du nord (Para, Maranhão) est hallucinante (depuis le Ceara ça va mieux mais aucune desserte maritime ou aérienne directe) Note bien que je suis un amoureux fou du nord et du nordeste, mais que je me refuse à les voir avec les yeux de Chimène Despachante cher, peu fiable obligatoire et malgré tout, crises de nerfs assurées. Désolé d'avoir l'air de casser les rêves et les bonnes intention. mais on est là pour se dire les choses, et pas dans le royaume des bisounours. Bonne chance néanmoins et bravo par anticipation si tu me fais mentir (si ça marche, tiens nous au courant, si tu rencontres des obstacles, dis-le aussi pour éviter que d'autres galèrent) Annonces Google
Projet de commerce équitablePosté par vaintty le 12 mars 2011 à 17:46Merci pour ta réponse et toutes les infos précieuses que tu donnes. C'est bien d'avoir un témoignage de quelqu'un qui a tenté une expérience similaire à ce que je voudrais mettre en place. ça m'évitera de gaspiller temps et énergie en empruntant des "voies" sans issues! Par contre tu parles de gaspillage de kérosène pour transporter du textile, incompatible avec l'idée de commerce équitable. N'oublie pas quand même qu'à l'heure actuelle, le textile qu'on utilise nous vient d'Asie, via l'Europe, ce qui représente peut-être 10 fois plus de km parcouru avant que les vêtements qu'on porte nous arrivent dans nos enseignes. Donc exporter du textile de la région proche serait quand même beaucoup plus "propre" que de le faire venir de Chine ou d'Indonésie. Mais voilà c'est la logique du commerce internationale et sa recherche des bas coûts à tout prix qui prévaut à l'heure actuelle, avec des conséquences écologiques désastreuses, si on tient aussi compte du fait que des tonnes de pesticides sont utilisés pour faire du coton, par exemple. L'idée du commerce équitable c'est quand même aussi, en plus de la rémunération juste, de produire de manière propre! Cela dit, en plus des tracasseries administratives que tu décris, la cherté de l'expédition des marchandises par le fret aérien entre le Brésil et les iles françaises (si cela existe! Je me renseigne auprès d'Air Caraïbe) risque de rendre le projet d'office non viable économiquement parlant! Il serait donc effectivement plus simple de passer par la France, via Rio de Janeiro. Mais c'est un tel non-sens! Je me posais la question de savoir ce qu'il en était de ce fameux pont sur l'Oyapock qui devait être inauguré en décembre de l'année dernière. Est-ce que ça ne faciliterait pas les échanges avec le Brésil, via la Guyane, d'autant plus que je lisais sur le France-Antilles Guyane que "les autorités françaises étudiaient la question de faire de la Guyane une porte d'entrée pour les produits brésiliens exportés vers l'Europe"? Concernant le public visé pour les produits qu'on aimerait mettre en place, je voyais surtout un public de gens de plus en plus concernés par les questions environnementales, les questions de développement durable, d'équité. C'est vrai que pour le côté équité (payer plus cher pour des question de solidarité), ça à du mal à passer, compte tenu du niveau de développement plutôt bas qu'on peut trouver chez nous (malgré les apparences). Mais pour l'aspect développement durable, on peut surfer sur la conscience écologique, certes timide, mais qui commence à émerger doucement. En tout cas, je te tiens au courant pour la suite! Ah le serpent de mer du pont!!Posté par benj77 le 12 mars 2011 à 18:26""""Je me posais la question de savoir ce qu'il en était de ce fameux pont sur l'Oyapock qui devait être inauguré en décembre de l'année dernière. Est-ce que ça ne faciliterait pas les échanges avec le Brésil, via la Guyane, d'autant plus que je lisais sur le France-Antilles Guyane que "les autorités françaises étudiaient la question de faire de la Guyane une porte d'entrée pour les produits brésiliens exportés vers l'Europe"?"""""" Il se trouve que j'ai vécu à St georges et que j'y repasse tous les ans. sa mise en service est retardée d'année en année la route macapa - oiapoque est une des pires du brésil, ce qui fait que oiapoque subit les prix les plus chers du pays et que souvent il n'y a même pas de ravitaillement ou du moins qu'il est très limité les autorités françaises étudient, certes, mais pas les locaux! parce que déjà qu'on produit très peu dans les DOM, mais en cas de concurrence avec un pays où le travailleur est payé 250 euros par mois et ces derniers, on n'y produira plus rien. Je prévois une grève générale paralysante dès que ça se mettra en route la douane de SGG est un sujet d'hilarité continu depuis 20a... si tu espères la faire travailler et dédouaner des trucs chez eux, je te conseille de t'attacher les services d'un psychologue à temps plein tant tu auras besoin de soutien^^ il est prévu pour le moment une "rupture de charge", c'est à dire que les camions brésiliens passeraient le pont, et qu'on transborderait leur marchandise dans des camions français. Tu vois le prix et la fiabilité du truc? Ajoute les transporteurs guyanais d'une fiabilité très relative, le fait qu'ils auront 250 km à faire pour rejoindre le port de degrad des cannes et tu auras une idée du cauchemar et du prix. ******************************* ce que tu me dis sur le transport du textile, c'est ce qui me fait ricaner! Quand je vois qu'on nous vend des t shirt "issus du commerce équitable" en spécifiant "coton malien" mais que ce coton brut a été expédié en chine et renvoyé en europe sous forme de fringues, je hurle de rire. (jaune) Parce que les maliens ne sont pas des sous-hommes et qu'ils seraient très capables de produire eux même les t shirts, qu'en plus vu le niveau des salaires chez eux ça ne reviendrait pas à une fortune... et que la création de plus value se ferait chez eux, de même que celle des emplois Parce que sinon on peut envoyer ce coton équitable chez nous et le donner à traiter par notre main d'oeuvre. mais l'aberration du passage par la Chine, sur le plan écologique, social et moral... Bref c'est que du bizness tout aussi immoral que le non équitable. Pour ça que je ne marche pas dans la combine.
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