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Forum IndonésieQui peut me renseigner sur Madura ?Posté par mandouil le 26 mars 2010 à 10:30 dans Activités et visites IndonésieBonjour, Je me rends à Java en juillet avec mon mari et nos enfants de 12 et 15 ans. Nous aimerions nous rendre à Madura, qui semble un endroit encore peu touristique, d'ailleurs on trouve peu d'infos touristiques dans les bouquins... Qui peut me donner des renseignements pratiques (hébergement, transport...), les points d'intéressants de l'île, sachant que nous aimons particulièrement aller à la rencontre de la population (voyage sac à dos et confort spartiate). Merci d'avance ! Mandouil Dolce vita à MaduraPosté par Bule Kere le 2 avril 2010 à 00:13Bonjour, Rien d'étonnant à ce qu'il n'y aie quasiment rien dans les guides sur Madura, rares sont en effet les touristes à s'y aventurer. L'image des Madurais véhiculée par les autres Indonésiens, en particulier les Javanais, n'a rien d'enthousiasmant: ils sont réputés querelleurs (voire violents), conservateurs et surtout "kasar", mal dégrossis, vulgaires, sans parler des talents sexuels prêtés aux Maduraises... De plus, leur île, aride, aux sols ingrats et relativement plate n'a à première vue pas vraiment de quoi rivaliser avec les paysages grandioses de certaines de ses voisines. Et pourtant... Il y a du potentiel inexploité à Madura, notamment dans l'est. L'ouest est en effet nettement moins traditionnel, du fait de la proximité avec Surabaya, même si c'est paraît-il à Bangkalan que l'on trouve les meilleurs et les plus beaux batiks de l'île. De même, il est considéré comme plus conservateur, je crois d'ailleurs qu'une des régences de l'île s'est dotée de lois inspirées de la charia (il me semble que c'est Pamekasan, mais c'est peut-être aussi Sampang). En revanche, Sumenep est restée plus proche de la haute culture traditionnelle: elle a conservé son petit palais du sultan (kraton) et accueille toujours des représentations de danses maduraises, notamment de danses masquées (topeng dalang). Interdite aux camions, elle échappe aux encombrements et au bruit des autres villes maduraises, ce qui lui donne un vague air méditerranéen, notamment aux heures les plus chaudes, quand tout le monde fait sa sieste. On y trouve aussi le cimetière royal d'Asta Tinggi, important lieu de pélerinage (sur le modèe d'Imogiri à Jogja) et une grande mosquée dont le portail monumental, réalisé par un Chinois aux XVIIe-XVIIIe siècles est devenu le symbole de la ville. L'ancienne capitale royale est aussi réputée pour ses ateliers de confection de meubles peints et finement sculptés qui se vendent à prix d'or à Bali. Aux alentours de Sumenep, on peut s'aventurer plus à l'est encore, en allant vers Kalianget en passant à côté des anciennes villas coloniales et des innombrables salines, omniprésentes depuis au moins l'époque de la conquête de l'île par les Hollandais au XVIIIe siècle. Le port de Kalianget abrite de nombreux petits bateaux en bois typiquement madurais avec leurs proues et poupes peintes de couleurs vives (les batiks, aux décors floraux et animaux, suivent aussi cette règle), mais c'est en allant se perdre sur la côte nord, la plus sauvage, qu'on en voit le plus. Cette dernière recèle quelques jolies petites plages désertes, cependant c'est le nom moins désert ruban de sable blanc de Lombang à l'extrême-est qui remporte la palme dans ce domaine. Enfin, il ne faut pas manquer ce qui a rendu célèbre Madura dans tout l'archipel: les courses de taureaux (kerapan sapi). Elles sont organisées généralement le weekend durant la saison sèche, un peu partout dans l'île. Dans la même veine, les mariages, en grand costume d'apparat, avec les mariés juchés sur des attelages richement décorés valent aussi leur pesant de nougat. Sans oublier la cuisine locale, connue aussi dans toute l'Indonésie grâce à la diaspora: soto (soupe au boeuf ou au mouton) et sate Madura (brochettes de poulet ou de mouton), mais également poissons grillés et nasi Madura (riz mélangé avec du maïs, considéré comme un plat de pauvre). Bref, si l'on veut sortir des sentiers battus, Madura peut valoir le coup, même si elle reste très pauvre. Cette pauvreté se traduit d'ailleurs au niveau des infrastructures sanitaires, éducatives mais aussi dans les transports et le tourisme. La construction du pont Suramadu entre Surabaya et Madura a certes raccourci quelques peu les trajets avec Java, l'île n'en reste pas moins sous-équipée au niveau routier et tout le trafic se concentre sur la route longeant la côte sud. Elle ne compte pas non plus d'aéroport en service, même si Sumenep cherche à rénover le sien (grâce à l'argent rapporté par l'exploitation du pétrole) pour pouvoir ouvrir une ligne Sumenep-Denpasar et profiter ainsi de la manne touristique. Les hôtels sont plutôt rares, tout sauf luxueux mais offrent des prix plus que raisonnables, notamment l'Utami Sumekar, à Sumenep. Selamat jalan! PS: Petit détail que j'ai oublié sur les transports en commun: les bus opérant entre les villes du sud et Surabaya ont la mauvaise habitude de laisser leurs passagers en rase campagne (enfin dans une gare routière tout de même) quand leur nombre passe en dessous d'un certain seuil sans assurer la desserte qu'ils étaient censés assurer (ex: pour un Sumenep-Surabaya, ils s'arrêtent à Pamekasan). Il faut donc prendre son mal en patience et attendre le suivant, généralement bondé, voire un autre mode de transport (camionnette, pick-up)... Ce n'est pas propre à Madura, mais sur cette île, c'est systématique quand on fait un long trajet. Annonces Google
Bateau Pelni de Jakarta à SurabayaPosté par mandouil le 6 avril 2010 à 14:51Re-bonjour, Comme vous semblez bien connaître Java, je me permets une petite question, au cas où : nous aimerions faire Jakarta-Surabaya en bateau avec la Pelni, avez-vous une idée de la régularité des liaisons ? Cordialement, Mandouil |
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