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Nous entrons là dans un domaine assez éloigné du tourisme proprement dit mais qui y est lié.
Maurice est une jeune république avec un passé complexe et une évolution contemporaine parfois très chaotique. Evolution très, trop, rapide depuis une quinzaine d'année.
Maurice n'est pas axée que sur le tourisme qui n'est qu'un petit pourcentage à la fois des revenus et de l'emploi donc il n'est guère possible de favoriser une protection absolue par la répression.
Pour oeuvrer dans le social je puis vous dire qu'une partie de la population est pauvre et défavorisée. Comme partout, cela favorise des couches rebelles, amères, désillusionnées, inclinant à un rapide "enrichissement" par le vol. Il n'y a pas que l'étranger qui est victime, la partie aisée des mauriciens l'est également, la tentation est énorme, identique aux ressentiments causées par les fractures sociales.
Que penser des familles habitant des cases tôles, sans eau ni électricité, dans des zones insalubres et travaillant dans des établissements de luxe ou côtoyant chaque jour des gens dépensant des centaines, voir des milliers de roupies ?
Je ne veux pas excuser ni légitimer ces actes répréhensibles, pas plus que je n'accepte la drogue ou la violence mais il faut essayer de comprendre les mécanismes et se défendre contre ce qui en découle. C'est pourquoi je recommande toujours d'être discret avec ses richesses, de ne pas étaler son luxe, même si en France ce n'est que de l'indispensable, du bien-être devenue normale.
Ici, 8 à 10 000 roupies sont un salaire mensuel courant pour faire vivre une famille, vous touristes les dépensez en une journée. Je ne critique pas, je suis (petit) retraité français et je suis aussi confronté quotidiennement à cette différence énorme. Quand au pénal et à la police il ne faut pas se leurrer, ces gens font leur travail dans la mesure de leurs moyens. Des échanges et des formations ont lieu avec leurs homologues français, anglais, américains, ce n'est pas pour faire beau, c'est pour que progresse la lutte contre le banditisme. Le gouvernement mauricien a donc bien conscience des besoins de son pays et n'est pas laxiste mais je le répète, il est impossible de conserver un pays de droits, un pays démocratique si l'on privilégie une petite partie de population éphémère.
Oui, le gouvernement a des lacunes et non, je ne suis pas toujours d'accord sur ses agissements tels que la protection de l'environnement mais il faut savoir qu'avant 1968, date d'accès à l'indépendance, les égouts et les systèmes d'épuration étaient inconnus hors les villes résidentielles, les routes étaient bien souvent des pistes de terre, une grande partie de l'île était sans eau courante ni électricité, la seule grande ressource était la culture intensive de la canne à sucre, le littoral servait de carrière pour extraire la chaux des coraux ou le sable des seules constructions luxueuses des industriels et dirigeants blancs. Des écoles en durs existent maintenant dans tous les villages, l'alphabétisation est égale à celle de la France, les adolescents ayant d'excellentes notions de français et d'anglais.
Plus de 40 années ont passées, permettant au peuple mauricien de rejoindre un modernisme européen acquis en plusieurs siècles, c'est quand même une évolution énorme dans un pays jusqu'alors essentiellement rural, et maintenu dans cette structure, pour le profit d'un autre gouvernement !
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