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Voici l' expérience que j'ai vécue en début d'année dans la province de Bohol aux Philippines...
Fin décembre 2008 je me rendais aux Philippines... 3 jours après mon arrivée je me faisais piquer au bord de mer près de l’île de Balicasag pendant une séance de snorkeling. Je tiens à préciser qu’à ce moment précis je n’ai pas posé le pied au sol. J’ai senti des filaments me piquer le premier pied, puis le deuxième.
J’ai immédiatement ressenti une brûlure aux pieds, laquelle est devenue de plus en plus intense jusqu’au soir. Durant ce premier jour, j'ai terriblement souffert; j’ai eu quelques sueurs et sûrement une baisse de tension.
Le lendemain le problème s’était aggravé : je commençais à avoir du mal à marcher ; mes pieds ont commencé à gonfler ; ils étaient rouges et brûlants. Des cloques s’étaient formées, surtout sur un pied. Je me suis rendue à l’hôpital le plus proche, à Tagbilaran (province de Bohol). Après m’avoir fait une injection antihistaminique, les médecins m’ont prescrit les médicaments suivants : Augmentin (1 cachet deux fois par jour), Zylohyst (1 cachet deux fois par jour), Arcoxia 120mg (1 fois par jour).
3 jours plus tard il n’y avait aucune amélioration. Au contraire je ne pouvais plus marcher et mes pieds gonflaient dès que je les posais au sol. Durant cette semaine, ils ont presque triplé de volume. Mes pieds et mes mollets étaient hypercongestionnés.
Je suis donc retournée à l’hôpital de Tagbilaran. De nouveaux médecins m’ont repris mes médicaments pour en prescrire d’autres : Medrol 1 fois par jour (cachets périmés depuis mai 2008) et Cloxacillin (1 comprimé toutes les 6h).
J'ai passé 1 semaine allongée sans pouvoir bouger (je croyais tellement que cela allait s'arranger que j'ai renoncé au rapatriement)...
Quelques jours plus tard mes pieds ont commencé à reprendre forme. Le 3 janvier j’ai pu marcher, mais difficilement. Au bout de 15 minutes de marche mes pieds gonflaient.
A force de rester allongée les oedèmes se sont estompés.
Le 7 janvier nous avons rejoint l’hôpital de Cebu, plus au nord de Bohol. Mon état avait empiré : mes pieds avaient regonflé, les oedèmes étaient plus importants que la veille. Cependant le problème restait local et je n’avais aucun autre symptôme : ni fièvre, ni courbature, ni diarhée…
Le médecin de Cebu m’a prescrit les 3 produits suivants : Cetirizine (anti-douleur, 1 cachet pendant 3 jours), Sultamicillin (2 fois par jour pendant 7 jours) et Clindamycin (4 fois par jours, toutes les 6 h, pendant 7 jours).
Les oedèmes se sont stabilisés pendant 1 semaine. Les plaies avaient du mal à cicatriser, notamment l’une d’elles qui se creusait.
A notre retour en France, le 15 janvier au soir mes pieds étaient très enflés.
Le 16 janvier mon médecin traitant à Rennes m’a prescrit de la Pyostacine (traitement d’1 semaine, 3 fois par jour), mais il ignorait ce que j’avais. Il m’a demandé de faire un doppler veineux (rien d’anormal) et une analyse bactériologique (qui elle non plus n’a rien donné).
Le 20 janvier j’avais rendez-vous au service parasitologie de l’hôpital de Pontchaillou à Rennes. L’entretien n’a donné lieu qu’à des interrogations… sans réponse.
Le 26 janvier je consultais un spécialiste des maladies tropicales, lequel m’a envoyée au cabinet d’imagerie médicale pour une échographie (peut-être du corail ?) et des radios. Résultat d’analyse : « absence de corps étranger (…). Présence d’un important œdème inflammatoire des parties molles, plus important du côté gauche. On met en évidence en regard de la plaie de la cheville droite une possible petite image de collection superficielle… »
N.b. : la tendance s’est renversée au profit du côté droit, là où la plaie ne cicatrise pas.
Les analyses de sang de type CRP n’ont rien apporté de plus. Mon spécialiste, dépourvu de diagnostic, m’a prescrit de l’Augmentin. Retour à la case départ. Personne ne savait ce que j'avais...
Le 4 février j’étais hospitalisée au CHU de Rennes pour 2 jours d’analyse.
J’ai vu des dermatologues et des spécialistes en maladies tropicales et maladies infectieuses.
L’analyse d’urines a révélé un taux de nitrite important.
Le 5 février, faute de diagnostic, ils pratiquaient une biopsie sur ma cheville droite. Les résultats d’analyses - 3 semaines plus tard - n'ont rien donné...
Au cours du mois de février j'ai ressenti des brûlures intenses aux pieds (je n'ai pas dormi pendant quelques semaines). Ces brûlures étaient extrêmement douloureuses ; elles avaient généralement lieu la nuit. Des tâches rouges se sont formées sur mes pieds et ma cheville droite. Plus tard - fin mars - le service de médecine interne de Rennes diagnostiquera une envenimation hémo-toxique et neuro-toxique, et - aidé de mes recherches et par exclusion des hypothèses préalablement envisagées - concluera à une envenimation par scorpénidé (poisson-pierre ? ptérois ?).
Ajourd'hui je suis guérie; mon corps en a gardé la mémoire par quelques cicatrices. Pour info voici l'info que j'ai découvert au cours de mes recherches :
"Nous observons une répartition sensiblement égale
des envenimations sur les 4 semaines du cycle : nouvelle
lune : 26,1 % ; premier quartier : 27,2 % ; pleine lune :
22,7 % ; dernier quartier : 23,9 %."
Voilà, maintenant vous connaissez les risques de la baignade en eaux tropicales.. J'aurais pu y rester par accident cardio-vasculaire ou arrêt cardiaque. Ceci dit ce genre de piqûre n'est pas fréquent. Je n'ai pas eu de chance.. Il faudrait toujours avoir sur soi un sérum anti-stonefish..
Si je vous raconte tout ça c'est juste pour que vous soyez conscients des risques (je ne l'étais pas vraiment) et parce que c'est tout simplement terrible de ne pas savoir ce que l'on a (pendant plusieurs semaines je ne répondais d’aucun diagnostic !)
Merci d'avoir lu jusque là &
Bonnes vacances quand même ! ;-)
Mag
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