Posté par Iwan le lundi 3 août 2009 à 15:20 dans Autre
Hello Vicou, votre question est belle !
La première chose à faire est de ne pas suivre le conseil habituel consistant à venir avec une valise vide à Bali sous prétexte que là-bas on peut acheter du Hugo Boss et du Christian Dior à moindre prix. Au contraire, c'est le moment de ranger les armoires et sortir les vêtements que vous ou vos enfants ne mettez plus (vous avez droit à 20kg en soute et 7 à bord par personne).
Offrir des vêtements européens (de meilleure qualité que là-bas) permet aux familles de consacrer plus de moyens pour payer la scolarité à leurs enfants (chaque matin, l'élève doit payer environ 0,4 euros à son maître s'il veut pénétrer dans la salle de classe). Les bébés et enfants sont très nombreux en Indonésie (moyenne d'âge de la population bien plus jeune que dans notre vieille Europe).
Si vous passez à Ubud (passage obligé), je connais une école de peinture déstinée aux enfants pauvres d'un village : une vingtaine d'enfants-peintres agés de 7 à 16 ans qui se paient eux-mêmes leur scolarité en peignant chaque après-midi (après l'école) des miniatures balinaises que leur maître (appelé Dolit) va ensuite revendre sur les marchés. Dolit aide les enfants pauvres de son village depuis 1991, ce qui leur permet d'une part de se scolariser, d'autre part d'acquérir le métier de peintre arrivés à l'âge adulte (je trouve que c'est plus constructif que de donner, comme je le fis naguère, à un orphelinat qui devient entièrement dépendant des dons, telle une outre percée qui toujours se revide). Dolit lui-même et d'autres habitants de son village (Lodra par exemple) sont très amateurs de l'apprentissage du français car les Français sont après les Singapouriens les touristes les plus nombreux. Leur ramener des feuilles Canson 180 ou 240 grammes (la Rolls des papiers selon eux) en vente dans tous les supermarchés français au rayon scolaire ou quelques pinceaux très fins (ils peignent des miniatures très très microscopiques) ou des tubes de peinture acrylique (couleurs primaires). Si vous voulez vous y rendre, l'école se trouve au village de Keliki, à 10 km d'Ubud direction Tegallalang, demandez Dolit, il est connu dans tout le village et il y a un panneau indiquant "Dolit school of painting" ; sinon, Dolit organise pour financer son école une ravissante promenade dans les belles rizières depuis Ubud (3 heures ou 1h 30 de marche dans des paysages magnifiques) pour environ 3 euros par personne (repas à l'arrivée et rapatriement en scooter ou voiture vers Ubud compris) ; la ballade se termine à la table de son école de peinture avec les enfants où il vous fait un petit cours de peinture balinaise, si vous le désirez ; nous y avons acheté de la peinture à des prix incroyablement trop bas. Dolit a de suite redistribué une partie de l'argent aux enfants présents à sa table d'étude (il redistribue aussi les vêtements aux plus nécessiteux, mais gardez-en pour le reste de l'île). Dolit partage aussi avec les vieux sans enfants (donc sans retraite) de son village. Si vous passez à Ubud, n'hésitez pas à faire cette magnifique promenade qui fait acte humanitaire. Son numéro de téléphone est le 08155791433. La récéption de votre hôtel peut le contacter ; il parle un peu l'anglais et même un peu le français (très utile pour indiquer le nom des plantes sur le chemin).
Sinon il existe plusieurs associations comme :
http://www.anakbali.fr/index.html (approuvé par le consulat français)
http://www.deroutes.com
La région la plus défavorisée de Bali est Karangasem (est) et il suffit d'y aller pour assez vite trouver de quoi faire (faites-vous conseiller par l'épouse de Dolit, Iluh, celle-ci est originaire de là-bas, elle doit connaître les villages les plus gravement atteints par la pauvreté).
Emmenez une carte d'Europe, des livres d'apprentissage du français pour tous-petits avec le mot et l'image à coté, les enfants balinais sont avides de connaissance. Demandez aux chefs de village (kepala banjar) ou aux habitants où se trouvent les familles les plus pauvres (keluarga yang paling miskin di desa= la famille la plus pauvre du village).
Votre démarche est le moyen le plus noble de faire connaissance avec un peuple, vous reviendrez avec mille sourires en mémoire et vous aurez laissé là-bas un souvenir indélébile.
Bon voyage (selamat djalan)
P.S. Si vous suivez mon conseil "valises pleines de vêtements" et pensez être trop chargés à l'arrivée, je peux contacter Dolit pour qu'il vous cherche à l'aéroport, vous pourriez même déposer provisoirement chez lui vos colis avant de poursuivre votre route ?! La vue de quelques pochettes Canson le remplira d'un sentiment de reconnaissance infinie...
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