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Salut 007 !
Il n'existe pas à Bali de circuits de randonnée comme les circuits de grande randonnée (G.R.) en France. Vous pouvez organiser des petits bouts très localisés d'une journée de marche facile, si possible avec guide-randonneur si vous ne voulez pas rebrousser chemin au bout d'une heure car les minuscules sentiers de rizières sont labyrinthiques (terrasses des alentours d'Ubud, terrasses de Jatiluwih, Sidemen). Le volcan Batur (si possible avec guide local) fait aussi partie des balades à la journée, comme les lacs Tamblingan et Buyan (sans guide) ou le Gunung Pohen vers Bedugul. Pour trouver des détails sur ces randonnées, il suffit de faire une recherche sur cette même page de l'excellent forum du routard dans la fenêtre "recherche" située ci-dessus à droite du menu (à coté de l'icône "Boutique") avec comme mot-clé "randonnée Bali" ou "Dolit", le nom d'un peintre-guide de randonnée très particulier de la région d'Ubud (j'ai déjà écrit un post sur lui sur ce forum, vous me reconnaitrez à la longueur du commentaire ;-) : si vous passez par Ubud, Dolit est LE guide à ne pas manquer, ses parcours originaux sont incontournables et inoubliables, ses balades se terminant chez lui devant une grosse assiettée villageoise, le tout pour un prix dérisoire.
Si vous préférez tracer carrément à la manière d'un G.R. français, il vous faut improviser à la carte votre propre itinéraire sachant qu'immanquablement vous risquez de parfois longer des routes asphaltées et surtout quitter le peu de zones hôtelières. Il vous faudra loger chez l'habitant qui vous demandera le prix d'une bonne chambre d'hôtel (ce qui est peu au regard de l'authenticité des moments vécus mais légèrement disproportionné vu l'absence de confort). Mais c'est une inoubliable pénétration de la société balinaise, un échange authentique, pour peu que vous puissiez communiquer en anglais (vous risquez d'avoir des petits interprètes improvisés de 12 à 15h ans) ! Je vous déconseille la tente car vous risquez d'y trépigner de 18h à 6h du mat (la nuit tombe très tôt en Indonésie) et vous manqueriez le rapport humain et l'ambiance nocturne mémorable des foyers balinais qui vous accueilleront. Dites-vous plutôt : "J'irai dormir chez eux" !
J'ai comme vous cherché à traverser Bali à pied. Vu l'urbanisation et la forte densité de population du sud (Denpasar à Ubud), j'ai préféré commencer ma randonnée depuis Ubud avec l'intention de rallier le volcan Batur puis la côte nord. C'est une promenade très agréable, d'un niveau plutôt facile d'un point de vue physique. Il faut par contre un relativement bon niveau en orientation : il n'existe malheureusement pas de cartes précises (au 50 millième) des petits sentiers, celles-ci étant considérées comme secret-défense. Mais les sentiers comme les routes suivent les courbes que la nature a tracé et les sommets des volcans et montagnes sont des repères visuels permanents. De plus, Bali est si peuplée sur un si petit espace, que l'on ne se sent jamais perdu.
La démarche consiste à rester le plus souvent dans les rizières et les petites zones de jungle plutôt que longer les routes goudronnées : pour cela, demander la confirmation de son chemin dès qu'il y a rencontre avec un paysan dans son champ ou un villageois ; spécialement dans les villages, demander la destination (Ke mana djalann setapak ke Batur ? = vers ou (se trouve) sentier pédestre vers Batur ?). Préciser : léwat sawah-sawah (en passant par les rizières) ou léwat ladang (par les champs) ou léwat houtann (par la forêt). Préciser parfois : Tidak maou djalann yang beraspal = ne pas vouloir route qui a de l'asphalte. Sinon on vous indiquera depuis un village la première route carrossable, ce qui est peu conseillé tant que les Indonésiens ignoreront le pot catalytique. Les Balinais ne peuvent pas comprendre qu'un touriste probablement fortuné veuille faire à pied tous ces kilomètres ! Le mot "djalann-djalann" qui signifie "se promener", est suffisant pour leur expliquer ce que vous êtes venu chercher si loin. Rares sont les Balinais anglophones, a fortiori en zone rurale et mieux vaut vous remémorer ces petites phrases qui vous éviteront bien des détours sur macadam.
Pour vous rassurer, je dois aborder le problème des chiens de villages !!! En pénétrant dans un village à pied avec un bon sac à dos, le premier à vous repérer est presque toujours un chien perdu dans ses méditations qui voit arriver d'un pas sportif un blanc de 1,80m (taille moyenne des Balinais : 1,60m), avec un gros dos (le sac), des cheveux clairs et des grands yeux noirs (les lunettes de soleil) ! C'est lui qui donnera l'alerte aux chiens du quartier qui donneront l'alerte aux chiens du quartier voisin, etc ... et ce parfois jusqu'au bout du village. Dans des cas pareils, on a tendance à presser encore plus le pas, ce qui donne une supériorité à ces shérifs à crocs qui finissent par croire que vous n'avez pas la conscience tranquille ... Non, la solution consiste à arriver dans un village (la règle vaut aussi dans les rues d'une ville) en marchant d'un pas typiquement balinais (on dit aussi "à la corse"), lent, mesuré et décontracté, presque désinvolte, et traverser le village comme si ces chiens étaient invisibles ; rien n'empêche non plus d'avoir un dissuasif bâton de marche (parfois utile en cas de déséquilibre sur les très petits sentiers de rizières). Les villageois aussi seront alertés par les chiens et ils s'empresseront de rappeler leurs toutous. Sachez aussi qu'un chien qui mord ne fait pas long feu à Bali. Un ami balinais m'expliquait que cette race de chien (il n'y a qu'une race à Bali) ne pouvait pas mordre, et qu'il n'avait jamais entendu parler de sa vie d'un chien qui aurait mordu un être humain. Ne sachant mordre, les chiens balinais se rattrapent en aboyant ... Donc, ne vous laissez pas impressioner par ce qui pourrait sembler être la seule ombre de ce magnifique tableau d'une randonnée dans l'île des dieux.
Autre petit conseil : la nuit tombe en 15mn après le coucher du soleil, il n'y a pas de crépuscule comme en Europe ; prévoyez donc qu'à 17h30 au plus tard vous soyez à proximité d'un village. Vous aurez droit au RT, l'officier territorial qui souvent décidera de votre lieu d'hébergement et qui fera un rapport sur votre nuitée au village.
Dans les villages d'altitude, prévoir un sac de couchage car les familles n'ont pas de couverture en réserve ; ailleurs, prévoir un drap fermé (l'idéal est une housse d'édredon : ample, se ferme au col, et isole des vieux matelas). Emmener aussi une taie d'oreiller pour dormir, à rembourer avec des vêtements ou serviettes et à utiliser toujours du même coté (comme la housse d'édredon d'ailleurs).
Penser bien-sûr à une moustiquaire grand format qui tombe jusqu'au pied du lit et une guinde de 1,50m pour adapter à la hauteur des plafonds. S'il n'y a pas de clou sur le plafond au-dessus du lit, demander d'en faire clouer un (valable aussi dans les losmens et hôtels) ; clou se dit "pakou".
Il fait froid en altitude, penser à emmener un pull chaud et une bonne veste, utiles aussi si vous êtes amenés à rouler en scooter.
De solides baskets (ou des chaussures légères de moyenne montagne) suffisent pour tout Bali y compris les volcans.
L'eau minérale en bouteille (se dit "aqua") s'achète partout, même dans les villages très reculés. Les thés ou cafés offerts chez l'habitant ne présentent aucun risque, les paysans balinais disposent de beaucoup de sources souterraines d'eau pure (ou achètent des énormes bidons d'aqua) qu'ils font bouillir en plus avant de la consommer. Il en est de même pour les repas servis.
Chercher toujours à se protéger du soleil. S'acheter avant la balade un chapeau à bord très large.
Par extrème prudence, s'acheter avant la balade une carte Sim indonésienne à mettre dans son portable et y mémoriser quelques n° d'urgence au cas où (débloquer son portable chez son fournisseur téléphonique avant le départ).
Emmener aussi un très large anti-pluie (pour la circulation d'air) ou un pancho grande taille (XXX) qui tous deux sont de vraies étuves en cas d'effort sous la pluie ; en cas de pluie, le mieux est de se trouver un abri et d'attendre l'acalmie, sous un cabanon de riziculteur, sous un arbre banian, sous le toit d'un temple ou invité chez l'habitant (inévitable si vous êtes sous averse en zone habitée). Emmener aussi un sac-poubelle 100 litres capable de recouvrir entièrement le sac à dos pour que lui, au moins, reste au sec ! Mais la pluie là-bas est douce et tiède ... et si elle s'éternise plusieurs jours, on n'est jamais loin d'un moyen de transport motorisé qui mène au bord de mer, plus sec et ensoleillé.
Voilà, James, j'espère que ces conseils vous serviront pour cette randonnée, probablement la manière la plus intense pour ressentir la nature à Bali et pénétrer la culture et la quotidienneté de ses habitants.
Selamat jalan (bonne route) !
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