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Magic bus, je partage pleinement ton point de vue sur la situation des Maliens et les ravages occasionnés par nombres de touristes.
Il est évident que si j'ai pu payer ne serait-ce que le billet d'avion Paris-Bamako, c'est que je suis déjà infiniment plus privilégié qu'une immense majorité de Maliens et je comprends en conséquence certaines réactions.
Ceci étant, et l'on en arrive au second point de ton message, j'ai déjà visité nombre de pays aussi pauvres que le Mali sans avoir jamais eu à y subir un tel niveau de harcèlement. Je pense tout comme toi que lorsqu'on veut voyager dans des pays moins favorisés que le sien, on se doit de faire preuve d'une certaine discrétion et de respecter ce que l'on pourrait appeler "l'écologie du tourisme".
Comme tu le notes justement, les petits cadeaux qui donnent bonne conscience ont des effets désastreux sur les relations touristes-habitants.
Par ailleurs, de nos jours, tout le monde va partout tout en se prennant pour un aventurier et il est évident que la proportion gigantesque de touristes qui voyagent au Mali en gros 4x4 climatisés avec guide, chauffeur, etc... ne peut que conforter la population locale dans l'idée que les touristes sont excessivement fortunés et peuvent donc bien lâcher un petit quelquechose.
Est-ce que cela a un sens de vister un pays dans des conditions aussi différente de sa réalité, ce n'est pas évident...maintenant on ne changera le tourisme d'un coup de baguette magique. Et de toutes façons, il faut bien reconnaître que toutes les formes de tourisme, mêmes les plus routardes sont toujours en décalage par rapport à la réalité du pays. Ne serait-ce que parce qu'en rentrant, on retrouvera son confort occidental.
Alors que pouvons-nous faire individuellement pour éviter de continuer à flinguer le tourisme dans certains pays comme nous l'avons fait au Mali ?
-se tourner, comme tu le suggère, vers des formes de tourisme plus intelligentes comme le tourisme solidaire sous ses différentes formes.
-sinon, au quotidien :
*éviter tous les petits cadeaux qui ne changeront pas grand chose à la situation de la personne à qui on l'offre mais nuieront gravement à ses futures relations avec d'autres touristes.
*ne pas céder au harcèlement : nous avons vu pendant ces 2 semaines au Mali beaucoup de gens céder au harcèlement pour avoir la paix. Si vous avez besoin d'un guide (pour le pays dogon par exemple), il est écrit noir sur blanc dans le Lonely ou dans le Routard où trouver un vrai guide accrédité à des tarifs plus qu'honnêtes. Si au lieu, de passer par ces canaux, on finit par céder au harcèlement de certains pour enfin avoir la paix, un : les vrais guides perdent leur outil de travail, deux : les faux-guides constatant qu'en harcelant plus sévèrement on arrive à de meilleurs résultats n'en seront que pire avec les prochains touristes, et trois : dites-vous bien qu'en ayant recours à ces gens là, vous ne ferez surement pas une bonne affaire, ni culturelle, ni pécunière.
Il en va de même avec toutes les autres formes de harcèlement (vendeurs, mendiants...) : il ne faut pas céder : un : ça les encourage à continuer, deux : cela flingue les sources de revenus d'autres personnes plus intègres ou qui en ont plus besoin.
Et puis, je ne vois comment on peut accepter tête haute l'idée de payer quelqu'un pour qu'il cesse de vous empoisonner...surtout si derrière on doit passer plusieurs jours à visiter le pays avec lui...
On ne changera le tourisme et ses ravages locaux avec cela, mais si au moins on peut éviter personnellement de le polluer un peu plus, c’est toujours ça de pris.
Sinon, pour « Agent de tourisme », un exemple de pays d’Afrique de l’Ouest où le harcèlement est bien plus calme et tout-à-fait supportable : le Burkina-Faso : nous y sommes actuellement et n’avons absolument à nous plaindre des mêmes problèmes qu’au Mali : pas de faux-guides, pas de mendicité des enfants, et lorsqu’un vendeur nous propose quelquechose, il suffit de dire avec le sourire qu’on est pas intéressé pour qu’il n’insiste pas plus.
Pourtant, à l’évidence, le Burkina est encore plus pauvre que le Mali, mais on n’y trouve les mêmes attitudes qu’au Mali. Certainement parce que beaucoup moins de touristes qu’au Mali sont passés ici avant nous.
A nous, touristes, de ne pas polluer ce pays encore préservé, de ne pas ne pas pourrir les relations population locale-touristes ou expats, et de ne pas compromettre le voyage des suivants, qui seront peut-être nos enfants...
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