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Pour tous ceux qui songent naïvement comme nous à un séjour au Mali, une précision s’impose : le harcèlement du touriste au Mali atteint des niveaux absolument insupportables.
Nous avions déjà une bonne vingtaine de pays à notre actif, sur différents continents, nous avions déjà subi du harcèlement classique (en Inde, au Maroc…), sans jamais que cela ne nous gâche en rien le voyage, mais au Mali, cela prend des proportions folles : pas moyen de faire un pas tranquille : vous trainez, en permanence, collés à vos basques des nuées de faux-guides, de pinassiers, de camelots qui ont décidés de vous vendre tout et n’importe quoi, des mendiants, des rabatteurs d’hôtels, des rabatteurs de bus….Et il vous suivent ainsi, quelque soit votre réaction (polie, ferme ou agressive), durant des minutes et des dizaines de minutes : rien à faire. Au final, lorsqu’ils finissent enfin par comprendre qu’ils ne tireront rien de vous, cela se termine souvent avec des insultes.
Nous avons aussi fait l’objet d’innombrables tentatives d’arnaques, souvent très grossières (c’est le seul avantage : au moins, on les voit venir de loin !).
Alors après tout cela, vous espérez trouver enfin un peu de quiétude dans la cour intérieure de votre hôtel ou à la table d’un restaurant : grave erreur ! Même là, les faux-guides et autres camelots n’hésiterons à venir s’asseoir à votre table pendant que vous dîner ou à venir frapper à la porte de votre chambre à 10h du soir pour savoir si par hasard vous n’auriez pas décidé depuis une demi-heure d’aller au pays dogon avec eux (oui : les mêmes reviennent à la charge 5 fois par jour) ; et là, quoique vous disiez, ils sont repartis pour 25 minutes de palabres sans fin.
Tiens à propos de tables de resto : j’oubliais une autre catégorie, que je classe cependant totalement à part en raison de leur très dure condition : les enfants mendiants. Plusieurs fois, nous avons mangé avec une dizaine d’enfants mendiants autour de nous nous suppliants de leur donner à manger. Je suis bien loin de les blâmer eu égard à leur terrible condition, mais faites l’expérience de manger avec dix gamins pieds nus , en haillons qui vous supplient de leur donner à manger et vous verrez que ce n’est vraiment pas plaisant.
Au final, malgré tout ce qu’il y a voir et à faire au Mali, nous n’avions même plus envie de sortir de l’hôtel, et chaque sortie était une épreuve. Nous aurions encore bien des désagréments à conter mais je pense cet aperçu suffit. Nous avions prévu de passer 30 à 40 jours au Mali. Finalement, usés, écoeurés, désabusés, nous avons quitté le pays au bout de 15 jours en direction du Burkina-Faso. Et encore, si l’on s’était écoutés, nous serions partis au bout d’une semaine. Le Mali regorgent de sites absolument exceptionnels et gens très biens (nous avons heureusement aussi fait quelques très belles rencontres), mais une minorité de gens le rende totalement impraticables pour des voyageurs indépendants. Allez-y en voyage organisé ou n’y allez pas ! (Et c’est le premier pays où nous avons ce sentiment, bien qu’ayant une grosse expérience du voyage routard sur tous les continents…).
Ici au Burkina, nous avons enfin récupéré le droit exorbitant de déambuler librement dans la rue, d’aller acheter un ticket de bus sans qu’un intermédiaire inutile ne s’en mêle, de dîner dans un restaurant sans être importuné, de bouquiner dans la cour de notre hôtel : quel soulagement !
Je me doute bien, qu’envoyant un tel post, je ne manquerai pas de me faire incendier par la foultitude de faux-guides, qui, sous un profil de voyageur, tentent de recruter des gogos sur ce forum, par des gens qui ont parcourus le Mali encadrés par des guides et n’ont pas eu à subir le même harcèlement permanent, ou par des routards bien plus résistants que nous au harcèlement, mais j’espère tout de même pouvoir mettre en garde certains voyageurs sur l’actuelle triste réalité du tourisme au Mali. Dites vous bien que cela n’a absolument rien à voir avec le petit harcèlement classique qu’on peut trouver en Asie ou dans les pays arabes.
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