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4 ans Expatrié en OMAN

Posté par Denis Vazquez le lundi 23 juin 2008 à 21:22 dans Expatriation

Salut à vous Routardes, Routardes et Routardeaux,

J’ai eu le grand plaisir de visiter quelques pays en Afrique, et dans la pinninsule arabique.
J’ai vécu au Sultanat d’Oman de avril 1983 à décembre 1986.

Quand je suis arrivé le pays était une énorme chantier : construction de la voie rapide qui rejoint le rond-point de Qurum au Bustan Palace en passant par Darsayt, construction des “fly-over” et de la grande voie qui rejoint ce même rond point de Qurum au rond pont de Darsayt en passant par Ruwi; construction des ministères le long de la plage entre l’intercontinental Hôtel et Seeb; construction des différents immeubles administratifs sur l’emplacement de l’ancien piste de l’aéroport de Ruwi (j’ai vu les restes de la piste, en dalles de béton), construction du Sheraton Hôtel a Ruwi, du Novotel près de l’aéroport de Seeb; construction du grand stade. Plus tout le reste.

C’était le super grand plan quinquennal du Sultan Qaboos. La modernisation du pays. Il y avait des grands chantiers dans tous les coins de la zone de Mascate/Qurum/Khuwair. En 1985 il y a eu a Mascate la Conférence de la GCC (la Communauté Économique des pays du Golfe Persique), fallait que tout soit terminé pour août 1985.

En même temps, le pays fêtait les dix années de pouvoir du Sultan et c’était aussi l’année de ses 40 ans. La ville était magnifique, tous les bâtiments de l’administration, tous les Ministères, tous les hôtels, toutes les grandes sociétés omanaises étaient décorés à la gloire et aux couleurs du pays et du Sultan. Il y eu des feux d’artifices gigantesques dans la baie de Mutrah, devant le corniche. Il y a eu de grandes festivités, les présidents et rois des pays arabes étaient présents, des représentants étaient envoyés par les autres pays (Gaston Deferre pour le France).Le Prince Charles et Diana représentaient la Queen EII (Oman ancien protectorat des anglais).

J’ai habité un an près du Rond-point de Ruwi, face au Ruwi Hôtel, dans l’immeuble Shanfari, alors ministre du Pétrole. Ensuite j’ai occupé un petit pavillon à Al Khuwair.

Je travaillais pour le Ministère du Pétrole, ce qui a beaucoup facilité ma découverte du pays. J’avais accès à la cartographie; Je pouvais aller au Ministère de l’armée me procurer les cartes géographiques au 1:100 000 des zones que je voulais visiter; Ces cartes étaient très très récentes, elles venaient d’être éditées et leur diffusion en était très restreinte.

J’ai visité tout ce qui était visitable à l’époque, de Janjah à Ibri par la route sud qui contourne le Jabal Hajdar (Fanjah, Nizwa, al Hamra, Ibri), la route côtière (de Seeb à Sohar); de Mascate à Quryat, à Sur, à Ras a Rhad (plages des tortues).

À l’époque il n’y avait pas beaucoup de routes bitumées, celle qui dessert de la côte nord de l’Oman (plaine de le Batinah), la route de Nizwa-Ibri -al Ayn (vers les Émirats, Qatar, Bahrein et l’Arabie), la route de Quryat, la route de Sur, la route qui allait de Seeb à Rustaq en passant par Nahkl (au nord du Jabal Hajdar), et la grande route qui descend dans le Dhofar, Salalah et le Yémen (route à emprunter avec un roadpass à présenter au poste militaire de Dawkah.

J’ai visité pratiquement tout le Jabal Hajdar, la Batinah, par la route et par les airs (j’ai survolé une fois le Jabal Hajdar en hélicoptère, ça c’est le pied ! Nous avons décollé de Al Hamrat à 600 m par rapport au niveau de la mer, passé au-dessus du village de Misfah et monté jusqu’à la crête du Jabal qui à cet endroit devait être à environ 2400/2500 mètres pour chuter dans la Mistal Bowl (le gros trou au milieu de Jabal Hajdar) et ensuite la remontée le long de l’à-pic qui fait quand même 1400 m. C’est très très impressionnant. On a qu’une hâte, c’est de passer la crête. Je suis monté au sommet de l’Oman le Jabal Shams en 4x4, jusqu’en haut à côté des antennes de télécommunication. Il n’y avait pas de route, une simple “piste“ tracée par les militaires. Mais la montée et la descente ont été fantastiques.

Au nord de Ibri, je suis allé au pied du Jabal Misht, magnifique dent de requin à l’envers, parfaitement bien visible de la piste qui monte au Jabal Shams. Dans le Jabal Hajdar j’ai découvert les Wadi Awf, Sahtan, Saqlah, Sabt, Wakan, Bani Kharus, Ghul, avec en prime tous les petits villages/oasis qui longent les pistes, perchés dans les montagnes, visibles seulement au passage bien périlleux des cols. Mais le plus beau de tous c’est le plateau de Sayq. En 1985, une seule piste pour y monter en voiture, la piste militaire à Birkat Al Maz, pas de roadpass, pas de Sayq. Sinon, restait pour les courageux la piste des aniers, à pieds (un bon treak). Là-haut c’était le paradis, un écrin de douceur de tranquillité de sérénité, de l’eau des jardins en terrasse, des citronniers, des orangers, de la vigne, des dattiers et surtout des Omanais d’un accueil ………! (sans nom, tellement c’était bon !)

À Al Hamrat, j’ai fais connaissance d’un omanais qui parlais anglait (rare dans la montagne). Il m’a invité dans sa maison. Il m’a présenté toute sa famille, sa femme. J’ai été invité à boire le thé et manger les dattes avec eux. Les femmes étaient avec nous, dévoilées, une même a allaité son bébé devant moi. C’était un suprême honneur que me faisait cet Homme, me recevoir chez lui. Je n’ai fait aucune photo de ce moment, celles que j’ai, elles sont dans ma tête, cette jeune femme et son bébé, cette famille devant le portail de leur maison, nous saluant lors de notre départ.

Je suis allé sur les plages de Ras Al Had, au sud de Sur voir les grosses tortues venir pondre et mettre à la mer les tortullons qui sortaient des œufs.

J’ai visité une partie du Dhofar, Salalah, Thamrit, les grandes plages de sable gris à l’ouest de Raysut.

De plus j’avais une moto tout terrain. Je prenais la piste du pipe derrière chez moi et je roulais dessus. Une fois je suis allé jusqu’à Izki, près de Nizwa. Des champs pétroliers se trouvent dans la dépression de la Fahud, à la frontière avec l’Arabie Saoudite, 2 à 300 km au sud ouest de Nizwa. Pour amener le pétrole de ces champs de production vers la raffinerie et le port de Qurum (à côté de Mascate) les omanais ont installé un grand pipe-line. Pour l’entretien et la surveillance de ce pipe, il y a une piste interdite à toute circulation, mais avec d’autres motards on s’octroyait le privilège de l’emprunter. Allez sur Google Earth et vous verrez les images satellites des zones qu’on traversait.

4 années à travailler avec des Omanais de souche, d’autres revenant d’Afrique, cela crée des liens et des amitiés.

Plusieurs fois j’ai été invité à des mariages omanais, certains traditionnels, d’autres un peu occidentalisés (pour les omanais de souche africaine). Les Omanais étaient de grands marins comme Sinbad et ont parcouru l’Océan Indien. À partir de la mi XVIII e siècle, avec leurs dhows (boutres) ils sont partis sur le mer. Certains sont allé vers les Philippines, d’autres vers le sud/est de l’Afrique -Zanzibar- d’où ils ont pénétré vers l’intérieur en allant même jusqu’au Zaïre.

Plusieurs fois j’ai été invité à des fêtes de village où j’étais reçu en ami, parce que invité par le fils d’untel ou d’autretel omanais de ce village.

Plusieurs fois j’ai été invité dans des familles omanaises, notables ou simples employés. Plusieurs fois j’ai mangé assis sur les tapis, autour du plat commun, avec femmes et enfants. Plusieurs fois j’ai eu le plaisir d’inviter des familles omanaises et de leur faire goûter la cuisine française, avec quelques petites péripéties. (Une fois j’avais préparé un plat où j’avais mis un peu d’alcool dedans. Ça ne sentait pas, mais comme j’expliquais toujours mes recettes, et dit que j’avais mis de l’alcool. C’est un pays musulman, donc imaginez ! Mais ne vous en faites pas, cela s’est très bien terminé, et cette famille est revenue plusieurs dîner chez moi).

Pour les expatriés il était facile de se procurer des boissons alcoolisées : bières, vin champagne, wisky, cognac,… Il suffisait de faire une demande à la police, suivant la loi omanaise; et un petit carnet d’achat nous était remis. On avait un quota mensuel de tant de ryals d’achat. Une fois le quota du mois atteint, on ne pouvait plus acheter, fallait attendre le mois suivant.
Sinon dans les grands hôtels on pouvait aller se boire une drop beer au comptoir des coffee-shop.

Mais pour tout cela il m’a fallut du temps, de la patience, et beaucoup de respect pour leur culture, leurs traditions, leur mode de vie. J’ai su les respecté, ils ont su m’adopter. L’humilité, c’est la plus grande satisfaction que je garde de ce pays. Qui que nous soyons, restons humble et respectueux.

J’aurai encore plein plein et encore plein de choses à dire sur ce Sultanat et ses Omanais,
ma ligne-mail est libre.

Bien amicalement à vous,
Découvrez l’Oman et Aimez les Omanais.

Denis Vazquez
Orléans.

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