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jéjé bouéni
C'est vrai que les délais postaux sont trés farfelus. La poste propose des multi propositions d'envois mais ça reste de la publicité. Sur le terrain c'est autre chose.
A ce propos dans pratiquement tous les villages, les facteurs sont équipés de scooters. Aucun ne livre les colis à domicile. ce sera alors traditionnel de trouver dans votre boite à lettre de modèle homologué (svp et ce depuis janvier 2007) l'avis de passage du facteur. Vous serez priés d'aller chercher votre colis à la poste. Donc, à savoir.
En arrivant, rien ne vous empêche d'aller à la poste et de demander à voir le facteur de votre quartier. Présentez vous amicalement auprès de lui, une bonne poignée de main, un beau sourire, une plaisanterie et il aura enregistré vos têtes.
Sinon, il vous reste les envois en économique (autrement dit en maritime). C'est moins cher mais carrément plus long.
Idéal pour l'envoi de ses affaires perso quand il n'y a pas urgence.
Vous avez droit a un colis dont la somme des 3 côtés ne dépasse pas 150 centimetres et dont le poids peut aller jusqu'à 25 kilos je crois. Ca coûte dans les 25-30 euros et ça met de 3 semaines à 2 mois. Nous avons pas mal de fois expédié nos affaires depuis la Métropole jusqu'à Mayotte pour pouvoir vous affirmer que ça marche trés bien.
Côté douane, ne chargez dans le colis que des produits autorisés.
Evitez le neuf sous emballage. Produits taxables par les services de douane. Sur la petite fiche descriptive qui sera collée sur le colis, inscrivez "affaires personnelles, déco, occasion". Précisez qu'il s'agit d'occasion.
Il se peut que la douane vous invite a venir vous même ouvrir votre colis au service de douane (à Kawéni) pour vérification. Si vous avez la conscience tranquille alors vous irez.
Donc le système envoi en économique vaut le coup. C'est ce qu'on a trouvé de moins cher.
Le shimaoré s'apprend avant tout sur le terrain à mayotte. Le brassage comorien-malgache-africain a depuis trés longtemps planté ses racines dans différents coins de l'île. Ainsi, on parlera Shibushi à M'tsangamouji, (issu du malgache), on parlera l'anjouanais dans le quartier "Kyama" de Combani etc ... Mais sachez que partout dans l'île, on se comprend. On se comprend par le français, le shimaoré et le langage des mains.
Le shimaoré s'apprend aussi par des cours. Vous trouverez diverses associations qui donnent des cours à mamoudzou. Vos voisins (si vous habitez en quartier mahorais) vous en apprendront aussi les rudiments.
Mais malgré le vocabulaire qui est déjà une épreuve, il y a une chose que vous verrez de vos propres oreilles (!) c'est la logique qui est redoutable. Je vous donne deux exemples :
On a l'habitude en parlant français d'employer la forme interrogative en y ajoutant une négation pour poser une question.
Posez la question à un gamin : "bonjour, ton père n'est pas là ?"
le gosse répondra "ewa (oui)". Vous; vous comprenez, "oui! il est là" et vous attendez qu'il aille chercher son père. Erreur ! L'enfant a bien répondu à votre question par "oui, il n'est pas là" donc, interprétez par "non, mon père n'est pas là !"
Vous me suivez ? ... Autre exemple : pour dire "il n"y en a plus, fini, y' en a pas ..." on dit "kavou". A présent "kaïvo" (je ne suis pas sûr de l'orthographe) qui veut dire "c'est pas possible ...". Vous voyez une pancarte devant une petite boutique de quartier sur laquelle est écrit "kavou kaïvo". Que faut il comprendre à ça ! "Y'a pas, c'est pas possible ???" Ce qui ne veut rien dire. En fait il faut comprendre "Kavou = y en a pas" + "Kaïvo" = C'est pas possible. Donc, ce n'est pas possible qu'il n'y en ait pas, donc il y en a , donc vous trouverez dans cette boutique un peu de tout.
Bon, prenez deux aspirines, on va parler d'autre chose.
Juste un dernier mot pour vous dire que votre volonté d'apprendre le shimaoré fait preuve de votre part d'un souhait d'intégration que les locaux vous rendront bien.
Le rituel du bonjour, s'adresse souvent aux proches, à la famille, à votre situation ...
- Bonjour, (jéjé) ..
- (réponse) N'djéma ..
- Si c'est à une personne plus agée (kwézi)
- (réponse) M'bona jéjé ...
- wa fété (si ça va ?)
- (réponse) ewa (oui) ou "m'fété" ou "m'fété tou"
- "jéjé mwana zaza ? " (ça va les enfants)
- "jéjé dagoni" (ça va la maison)
- "jéjé azini" (ça va le travail)
- "jéjé licoli" (ça va à l'école)
etc ... etc ... C'est (comment dire) réconfortant, agréable, touchant, d'entendre une personne s'interesser à vous, à votre vie, et même si elle a sans doute des problèmes autrement plus importants que les votres, on ressent du bien au coeur surtout quand on a vécu longtemps en Métro dans la obotisation et l'anonymat le plus complet. Ca remet les pendules à l'heure quant aux valeurs de la vie.
Un échange ne venant jamais seul, si une personne ressent le besoin de vous parler en français, je crois que la moindre des politesses et de lui répondre en Français. Si vous connaissez mieux cette même personne vous pourrez vous permettre de la reprendre dans ses imperfections. Cela est bien perçu dans le but de progresser.
Vous aurez sans doute du mal à retenir au début les prénoms. Je vous rassure tout de suite, A chaque rentrée scolaire je mets des semaines avant de commencer à les retenir. Beaucoup d'entre eux se ressemble phonétiquement. Soignanti, soidanti, Sadanati, saoudati ... Mohamed, ahmed, mo'med, muhamadi, amadi, madi, mahamoudou, ... Un vrai casse tête mais on s'en sort.
Pour ceux qui ont des enfants : Vous avez un petit Kévin, vous êtes Ma' kévin. Le père c'est Pa' kévin. De même si vous n'avez pas imprimé le prénom de quelqu'un, Ce sera Pa' Abdou ou Ma' fatima.
Voilà, j'espère avoir répondu à vos questions.
Pour tous ceux que ça interesse, Ca y est, les premiers containers de frais sont arrivés hier au port de Longoni. On va pouvoir retrouver des produits frais aprés une pénurie qui était pénible à la longue. Attention ! A Mayotte les pénuries sont monnaie courante suivant les arrivages de containers ou les caprices des sociétés maritimes. le phénomène ilien n'arrange rien à l'affaire. Aussi, on a manqué de lait, de cigarettes, de produits frais, ça peut arriver aussi avec l'essence ce qui met tout le monde dans la panade ou alors comme il y a deux ans "pénurie de papier à cigarettes" ce qui ennuyait davantage les rastas que les haut fonctionnaires.
haya Kwahéri, lala u nono.
Bakoko jacky
P.S. Une autre personne sur ce forum signe ses interventions bakoko JP, mais ce n'est pas moi.
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