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Quel plaisir, (Nath) de savoir que tu apprends des rudiments de Shi maoré avant le départ. Une véritable marque de respect envers le peuple des îles de la lune.
Pourquoi les îles de la lune ? Observez la disposition des 4 îles des Comores et vous verrez qu'elles sont disposées en croissant.
Etant donné que Mayotte reçoit par le sud la communauté malgache, par le Nord celle des 3 autres îles des Comores et par l'Ouest enfin celle du continent Africain, on retrouve plusieurs dialectes sur l'ile. Là où se trouve une forte concentration malgache on parle le Shibushi, ailleurs où il y a majorité d'Anjouanais on parle Shinzwani, là où il y a majorité de Grand Comoriens on parle Shingazidja. Sinon on parle partout le Shimaoré et pas de soucis, tout le monde se comprend. La langue Française étant l'objectif un de l'éducation nationale, ça parle français quasiment partout avec plus ou moins d'aisance. N'hésitez pas au cours d'une conversation avec des locaux à corriger leurs fautes de "parlé Shim'zungu". Ils aiment bien ça. En échange vous apprendrez vite les bases de dialogues respectueux et autres expressions de la vie courante.
J'habite Combani et beaucoup de jeunes Combaniens ont fréquemment fait un voyage vers la France (famille, stage, études ...). Ils ont importé un langage transformé peu à peu d'expressions , mots tordus etc... A la longue c'est devenu le Shicombanien ! Employé surtout par les jeunes de Combani (comme d'autres parlent le verlan) c'est devenu une marque de fabrique qui ne va pas tarder à s'étendre vers d'autres villages.
Le Shimaoré appartient au groupe des langues Bantu de la côté Nord-est de l'Afrique, et en tant que moyen de communication, seul son usage nous permet de saisir la complexité (Et encore !!)
Par exemple : "Assis" se dit "Ketsi". Mais pour dire "j'habite ici" on dira "Wami ketsi vavo". Textuellement "Moi, assis ici". Autrement dit "je suis posé ici". L'image est belle à condition d'avoir l'imagination débordante. (L'homme qui a beaucoup marché a fini par trouver l'arbre, l'endroit, la rivière etc. ... où il va s'asseoir pour se reposer plus ou moins longtemps). Vous comprenez la finesse ?
Autre chose encore, connaitre des phrases en shimaoré c'est savoir se débrouiller seul. Nous sommes à notre arrivée sur l'île, restés 8 mois sans voiture nous trouvant ainsi sur un pied d'égalité par rapport à de trés nombreux locaux. Nos moyens de locomotions restant nos pieds et le taxi brousse, nous avons beaucoup appris.
C'est devenu rare de trouver un m'zungu dans un taxi brousse et pourtant c'est là le plus exaltant des voyages internes. Les taxis clandestins ont disparu pratiquement depuis un an. Il n'y a pas de bus sur l'île (exceptés ceux des ramassages scolaires) et donc, les taxis brousse sont des 9 places ou 12 (des fois 15). Le prix est dédié à l'utilisation mahoraise et reste plus qu'abordable. 1 euro la course dans mamoudzou ou vers la périphérie, 2 ou 3 euros en général pour le restant de la desserve de l'île.
Je vous conseille vivement de prendre régulièrement le taxi brousse, c'est une véritable école du savoir vivre à Mayotte.
Marcher à pieds et faire du stop est la solution de la facilité pour tout le monde. C'est hallucinant de voir le nombre de personnes marchant à pieds en bords de routes, de pistes, partout. On se pose la question : "Suis-je un nanti, d'avoir une voiture ?". La réponse est un petit oui. La solidarité implique de prendre les gens en stop.
Bien sûr il faut ouvrir son esprit et cesser de considérer sa bagnole comme son salon de réception. Bien sûr qu'en bord de routes il y a des gens avec des régimes de bananes, des fagots de bred manioc, des sacs remplis de noix de coco, bien sûr que s'il pleut leurs sandales sont boueuses, bien sûr ... Une voiture ça se nettoie, on s'en fout. Ou alors ça cache autre chose.
Celui ou celle qui n'a pas ramassé en bord de route cette femme avec ses deux petits enfants ne saura jamais si elle a pu se rendre à temps à l'hôpital ou dans un bureau quelconque récupérer les papiers dont elle a tant besoin pour un problème d'importance vitale. Le stop à Mayotte c'est important. Soyez prudents en voiture et là je pèse mes mots. Tous les jours à tous les instants on trouve des gens qui marchent des deux côtés de la route, des tous petits enfants imprudents, des gens qui font du stop assis en sens opposé à la direction dans laquelle ils se rendent, des zébus et cabris qui divaguent, des voitures arrêtées en plein virage, des scooters qui déboitent face à vous, des taxis qui chargent ou déchargent en plein virage caché, des conducteurs qui téléphonent en roulant et qui ne vous ont ni vu ni entendu ... Bref, soyez hyper prudents.
Ca ne sert à rien de s'énever ou d'enguirlander la personne en défaut. Celle ci ne mesurant pas le danger, va vous sourire ou faire coucou de la main.
Hé ! Les wazungus. Arrêtez de dire que les mahorais ne savent pas conduire. Vous avez la mémoire courte par rapport à ce qui se passe en France ou quoi ! Cessez de vous prendre pour des moniteurs d'auto école à la critique facile. Vous êtes pédants, agaçants et vexants.
Pour terminer, le prix des véhicules d'occasion est trés élevé. Trop !
Vous ne trouverez qu'une épave en dessous de 1000 euros. Assurez vous surtout que le vendeur est bien le propriétaire du dit véhicule. Il est déjà arrivé qu'une personne vende la voiture ou le scooter de son voisin. C'est ennuyeux de devenir un receleur malgré soi.
Il est important de régulariser le nombre de véhicules sur l'île. Sa survie écologique en dépend. Y a qu'à regarder à La Réunion ... le nombre de voitures est hallucinant.
Une dernière chose ... C'est rare à Mayotte de pouvoir passer la quatrième et encore moins la cinquième lorsqu'on est en voiture.
Les bolides n'ont aucune raison d'existence. Patience et conduite prudente sont les deux facteurs de réussite.
Il y a peu de stations sur l'île et Total est l'unique distributeur. (super ou gas oil). A l'ancienne des employés vous servent et là aussi on échange des courtes discussions.
Sont acceptés les paiements en espèces, cartes et chèques. Pour les chèques c'est plus compliqué surtout si votre adresse est restée en France. On peut trés bien vous refuser ce mode de paiement aux stations ou dans des magasins. Donc prévoyez.
Pas de soucis pour les gabiers (distributeurs de sous) on en trouve assez facilement. Toutefois si vous vivez en brousse c'est plus rare et ils ne sont pas toujours opérationnels. Il suffit de savoir et de prévoir.
Gardez le sourire ... Haya kwahéri
Bakoko Jacky
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