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Nous avons deux saisons bien distinctes, la saison seche ou hiver austral (mai à octobre) température douce, trés agréable. Le soir prévoyez des vetements légers manches longues. Et la saison des pluies (kashi-kazy) ou saison cyclonique de novembre à avril. Là c'est chaud chaud chaud !!! Beaucoup d'humidité avec un taux à 90%. La situation géographique de l'île (sud des Comores, Nord de Madagascar, embouchure du canal du Mozambique) nous épargne souvent des cyclones. La Réunion et Mada ont beaucoup moins de chance que nous, hélas. Chaque anée on a droit a une ou deux tempêtes tropicales mais rien de bien méchant.
La température de l'eau est idyllique. Mayotte est appelé l'île au lagon puisqu'avec sa double barrière de corail, nous avons le plus grand lagon du monde. Tortues, dauphins, dugongs et autres espèces y vivent. En septembre les baleines entrent dans le lagon et souvent viennent nous montrer leurs nouveaux nés. Il y a pas mal d'écoles de plongée (ma fille se régale) et des balades en bateaux ou pirogues à moteur sont possibles. La aussi il faut connaitre la bonne personne et ne pas partir avec n'importe qui car la législation est sévère. Les plages sont super. Il y a quand même des gens qui à la longue ont réussi a faire une plage de blancs (Pfff !!) la plage de N'Gouja. Nous, nous n'y allons jamais.
Les mahorais ont pour habitude de faire des "voulé" pique nique-grillades et du coup c'est devenu aussi une habitude pour les blancs.
Voulé dans la brousse, voulé à la rivière, voulé sur la plage, voulé sur les îlots déserts. Tout les excuses sont bonnes pour faire un voulé.
Côté cuisine locale, vous trouverez des endroits aménagés pour manger un peu partout. C'est convivial, on mange souvent tous à la même table, on rencontre des gens et on discute de tout. C'est sûr que pour ceux qui ont l'habitude d'un service impeccable et de nappes brodées sous la vaisselle en porcelaine, ils n'iront certainement pas dans ces endroits typiques. On y mange des brochettes (boeuf, zébu, poisson) pour 20 centimes et c'est servi avec des bananes frites et du manioc frit également. Quand c'est la saison on peut avoir du fruit à pain frit. Bref pour 2 euros on repart avec le ventre cassé.
Le plat national reste les "mabawas" ailes de poulets macérées puis préparées de différentes façons ou grillées. On utilise beaucoup les épices (curcuma, cumin, poivre de mada, M'Tzinzano sorte de curry ...) Avec les feuilles du manioc on prépare le "mataba". On pile les feuilles puis elles cuisent trés longtemps dans du lait de coco, on y ajoute du poisson frit émietté et du piment (poutou). C'est excellent.
Il y a des sortes de ragouts aux noms trés typiques (m'tsulola, cacamouko ... )
La viande fraiche est rare. Il n'y a pas d'abattoir à Mayotte et il faut attendre que quelqu'un ait abattu une bête. (zébu, cabri ...) On trouve de la viande congelée et importée. On trouve aussi du porc.
Le poisson frais on en trouve tous les jours. Il suffit d'apprendre à connaitre les gens qui ne revendent pas de poisson congelé. Beaucoup d'espèces différentes, entre autre le mérou, le barracuda, le thon et la bonite, le capitaine, dorades ... etc.....
Des vendeurs de poisson passent dans les rues des villages en criant "fi... Filao ...fi ..." Leurs poissons sont dans une brouette, suivi d'un petit nuage de mouches, on peut acheter au kilo (3 euros) et ils coupent ce que vous voulez sur un carton posé à meme le sol. Depuis des années, on n'a jamais rencontré un seul problème de santé. Et puis du thon blanc frais à 3 ou 4 euros le kilo, on passe pas à côté. Il y a aussi des COPEMAY coopératives de pêcheurs où tous les poissons sont entre 4 et 5 euros. On peut aussi directement guetter le retour des pirogues et acheter hypra frais le poisson aux mêmes prix indiqués au dessus.
Ceux qui préfèrent se la jouer métropole, trouveront un rayon poissonnerie au grand supermarché de l'ile, qu'ils paieront 8 à 12 euros le kilo (voire plus).
On finit par trouver des bons plans avec les locaux. Des langoustes à 5 ou 6 euros le kilo, des huitres sauvages à 3 euros la douzaine et le gars vous les ouvre, Bref, en produits de la mer, y a de quoi faire.
LE POINT IMPORTANT EST QU'IL N'Y A PAS DE MAC DO ICI et c'est vraiment bien. Nous équilibrons notre nourriture en poisson, fruits (bananes, ananas, fruits de la passion, oranges et mandarines, avocats et pamplemousses, goyaves ...) par contre côté légumes c'est suivant la saison et vous n'aurez pas le choix de la métropole.
Les locaux mangent beaucoup de riz et de bananes préparées sous toutes leurs formes.
En deux mots, si vous voulez manger éco, mangez local. Maintenant il y a les produits M'Zoungous avec des prix qui font frémir (yaourts brassés la laitière les 6 pour 12 euros). Mais même si ce n'est pas notre tasse de thé, je comprends que certains ne peuvent se passer de nourriture et de produits français. C'est leur problème et ça se paie.
N'oubliez pas que vous arrivez sur une terre d'Afrique. Les Mahorais ont horreur que l'on dise qu'ils sont des Africains. Ils sont mahorais et musulmans point barre. A l'occasion ils veulent bien qu'on dise qu'ils sont un peu Français mais la France les a tellement laissé de côté depuis longtemps qu'on comprend qu'ils n'y croient plus beaucoup.
La religion prend beaucoup de place dans la vie quotidienne. Pas comme à Mada où existe le brassage religieux. Il y a pas mal de fêtes musulmanes dans l'année. (La Ide, Maoulida, abolition de l'esclavage aussi ... autant de jours fériés)
L'époque des mariages est surtout en juillet-aout, là c'est géant.
Mais Mayotte c'est aussi la misère au quotiden et ça il faut le savoir.
Sachez que nous en tant que m'zoungou nous sommes pour beaucoup un espoir, une porte de secours, un soutien. Nous avons vu et vécu des situations indignes de la part d'un pays démocatique comme la France. Je vous assure que c'est la vérité. Malgré ça, nous avons mis volontairement des barrières sinon on se faisait envahir et bouffer. Les locaux l'ont compris et savent qu'ils peuvent malgré tout compter sur nous aussi bien la nuit que le jour.
Vous n'ignorez pas la situation de Mayotte face au problème des clandestins. Ces pauvres gens qui affluent en bravant la mer sur des petits canots de 6 m dans lesquels ils s'entassent jusqu'à 40. Souvent si la barque est trop chargée est a du mal a passer la barrière de corail, les passeurs jettent à la mer sans scrupules des gens qui n'ont pas pu payer la totalité des frais de passage 90 euros. On retrouve régulièrement des corps échoués (hommes, vieillards, femmes et enfants). Ces barques ont le triste nom de "kwassa-kwassa". Chaque récit de tous ceux qui ont vécu les passages en kwassa, est terrifiant. Entre les Comores et Mayotte, c'est le plus grand cimetierre marin du monde dit-on ! Pourtant malgré la surveillance, les kwassa arrivent toutes les nuits. Ces gens qui ont préféré braver la mort vers cet eldorado en carton qu'est mayotte. C'est toujours mieux que de crever de faim dans son pays. Qu'est ce quon ferait à leur place ???
Je suis instit' de la collectivité locale et ma femme directrice d'une crèche associative. Notre fille va au collège et s'est complètement fondue dans le paysage mahorais. Nous ne voyons plus aucune raison de retourner un jour en France.
Bon ! voilà c'est tout pour aujourd'hui.
Ces messages ressemblent de plus en plus aux belles histoires de l'oncle Paul !!!
A la prochaine
bakoko Jacky
Si vous souhaitez nous rencontrer à Mayotte, envoyez un message sur ma boite perso, je vous donnerai nos coordonnées teléphoniques. C'est toujours bien d'avoir les meilleurs plans en arrivant, ça peut éviter bien des désagréments.
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