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| Voiture, camping sauvage, généralités |
Posté par Youka
le mercredi 20 août 2008 à 15:18
Avec un ami, nous revenons de 8 jours en Arménie et voici quelques ressentis de l'expérience vécue.
Contexte : 8 jours c'est court donc on a opté pour la location de voiture pour parcourir le maximum de distance en 6/7 jours. Comme ça crevait notre budget, nous avions fait le choix avant de partir de faire du camping sauvage. Ce qui nous allait bien vu notre goût pour la marche en montagne.
1. Formalités :
L'obtention du visa à l'arrivée à l'aéroport est très longue. Arrivés par le vol de 20H55, on a quitté l'aéroport à 23H00. Sans qu'il y ait une queue monumentale (40 personnes pour 5 guichets), les fonctionnaires aéroportuaires n'avaient pas l'air pressés. Le visa en France est parfois plus onéreux mais c'est un véritable gain de temps.
2. Voitures :
Au mois d'août, beaucoup de loueurs à Erevan ont l'ensemble de leur parc loué. On cherchait en plus un 4x4 car le parcours que nous comptions faire ne pouvait être réalisé avec une berline traditionnelle sous peine de la rendre avec les roues carrées. Ca ne facilitait pas les choses. Toutes les chaînes ne pouvaient nous proposer que des véhicules qui ne nous convenaient pas (bien souvent, elles n'en avaient plus qu'un de disponible sur leur gamme). Nous avons fait le choix d'un loueur local : Avengard (près de la place de l'opéra) où on a trouvé les prix les plus intéressants de tout Erevan en plus d'avoir le fameux 4x4.
Petite précaution tout de même : soyez vigilants avec ce loueur en étant très explicites sur les conditions de paiement. Pour le reste, tout est nickel.
3. Hébergement :
Les hôtels dans le centre d'Erevan sont parfaitement équipés. Pour le reste du voyage, on a opté pour le camping sauvage : une tente et des montagnes.
Deux choses à gérer :
- les moustiques : en Arménie l'eau n'est jamais loin. Malgré l'altitude et la fraîcheur des nuits, il y a beaucoup d'endroits où il y a des moustiques. Paradoxalement, le seul endroit où nous n'en avons pas eu c'était aux environs de Sevan, près du lac.
- les températures : l'altitude moyenne étant proche des 1000 mètres, dès que vous vous amusez à monter un peu, les nuits sont fraîches. Si dans le sud, les montagnes sont rocailleuses et très chaudes la journée (30/35°), la nuit, ça descend à 15°. Le plateau central situé aux environs de 2000 mètres vers Artik (le nom n'est pas innocent) est encore plus froid dès que le soleil disparaît (on est descendu à 10°).
Loin des routes, nous n'avons jamais été importunés. Il nous a pourtant semblé sage d'aller nous présenter au berger du coin lorsque nous plantions notre tente pour lui demander l'autorisation. Ce qui a donné lieu à des rencontres forts sympathiques.
4. L'accueil :
L'obstacle de la langue (les arméniens parlent très rarement l'anglais hors d'Erevan : principalement l'arménien et le russe, avec quelques fois de l'allemand) est évident, pour vraiment partager, il est primordial de parvenir à communiquer. Mais au delà de cette première barrière, franchie tantôt rapidement, tantôt plus lentement, nous avons vraiment ressentie un fossé entre la partie située au sud du lac Sevan et celle située au nord.
Au sud, des paysages plus arides, des gens plus rudes, un peu fermés aux étrangers. A de nombreuses reprises, des arméniennes nous ont regardé avec insistance (du fait de la rareté des touristes dans les régions traversées certainement), ce qui nous a valu quelques regards peu amicaux de la part des hommes qui les accompagnaient. Pourtant au sud, il y a l'Iran, un des pays les plus accueillants qui soient.
Passé Sevan, l'ambiance a été très différente. Le paysage est plus verdoyant et les rencontres sont bien plus faciles. Même sans un mot d'arménien (ou deux/trois), il a été facile de se faire comprendre. Les gens nous ont semblé plus ouverts et certains ont même partagé leur collation avec nous. Dans un petit village, nous avons même rencontré une professeur de français. Si vous passez aux environs de Polad, au nord de Sevan, rendez-lui une petite visite, elle en sera très heureuse. Pour la trouver, présentez-vous aux villageois en leur parlant français, le téléphone arabe fera le reste et en 20 minutes, nous serez assis à sa table. Ailleurs, nous avons fait du cheval avec deux gamins attirés par le feu de notre bivouac, tandis qu'un chien errant est venu surveiller notre campement toute une nuit durant. Sans oublier un vieux berger qui, tel un lutin, est venu sans se faire voir nous déposer quelques prunes à côté de notre campement à la frontière géorgienne.
5. Le budget :
C'est le principal désavantage de l'Arménie : la vie n'y est pas si bon marché comparée à ce qu'on s'attend à trouver. Même dans les contrées reculées, il est difficile de manger pour moins de 4 euros par personne dans les bouibouis. Pour comparaison, au Cambodge (qui est le pays qui nous a semblé le plus proche au niveau du niveau de vie parmi ceux visités), nous mangions pour moins d'un euro. La location de la voiture crève le budget mais ça, nous nous y attendions (400 euros la semaine pour un 4x4 très bon marché). En mode dégrouillardise, à acheter notre propre viande pour la cuire après, nous en tirions pour 2,5 euros par personne. Mais ce n'est pas toujours facile à trouver et les possibilités de cuisson ne sont pas toujours présentes. En fait, les prix pratiqués dans le reste de l'Arménie sont quasiment identiques à ceux d'Erevan, côté restauration. Reste la chasse au sanglier mais avec seulement deux couteaux suisses, nous ne nous y sommes pas risqués.
Pour conclure, je dirais que l'expérience valait le coup d'être menée, que l'Arménie dispose d'un énorme potentiel pour la rando et la crapahute en montagne, mais également pour le ski de randonnée l'hiver et le kayak (jamais vu un débit aussi énorme que le Debet à cette période de l'année, ça doit être le rêve à descendre). L'ambiance post-apocalyptique de certains endroits où les anciennes usines soviétiques rouillent sur place sur plusieurs kilomètres a un charme certain (avis personnel). L'ambiance y est très nature. Le seul gros point noir qui me semble être un frein important au tourisme, outre le coût de la vie, est l'absence d'endroit où les arméniens se retrouvent le soir. Certes à Erevan, c'est très différent, mais partout ailleurs, les arméniens se retrouvent chez les uns ou les autres mais il n'y a pas de bars (ou très peu), pas de restaurants ouverts le soir après 22H00. Le rythme est calqué sur le soleil et la vie s'arrête à 21H00. Du moins est-ce le sentiment que l'on a eu et ce n'est pas faute d'avoir cherché.
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