Où observer les étoiles dans le monde ?

Où observer les étoiles dans le monde ?
HPTE Pic du Midi

Pureté de l’atmosphère, faible pollution lumineuse, équipements de pointe ou emplacement historique en altitude... Les spots pour admirer les astres ne manquent pas sur notre planète. Certains sont accessibles au public, permettant à tous de découvrir de nouvelles constellations ou de regarder les cieux sous des configurations célestes différentes, en changeant d'hémisphère par exemple. Tour du monde des meilleurs sites d’observation des étoiles.

Observatoire du Pic du Midi de Bigorre (Hautes-Pyrénées)

Le Pic du Midi de Bigorre (Hautes-Pyrénées) est un lieu incontournable en France pour les amateurs d'astronomie. La première coupole a été construite en 1908, tout en haut, à 2 877 m d'altitude. Presque un siècle plus tard, le site s'est ouvert au grand public, en l'an 2000. D'abord de jour et, depuis 2006, en nocturne également. Les visiteurs peuvent en quelque sorte vivre l'expérience des scientifiques pendant quelques heures.

Après avoir découvert le musée retraçant l'histoire du Pic, savouré le coucher du soleil et goûté aux plats régionaux, ils regardent, à travers un télescope installé sur la terrasse panoramique ou dans une petite coupole, les galaxies, les supernovae, l'anneau de Saturne ou Jupiter, Uranus, Vénus et Neptune. La formule Soirée étoilée se termine vers 23 h 30, avec un retour en téléphérique à la station de la Mongie.

Les plus passionnés poursuivent eux jusqu'au petit matin avec le programme Nuit étoilée : après avoir dormi dans une partie des quartiers scientifiques réaménagée à des fins touristiques, ils assistent au lever du soleil, puis sont guidés dans les espaces et coupoles habituellement réservés aux chercheurs.

Enfin, si le ciel n'est pas couvert ni brumeux, ils peuvent utiliser un coronographe pour observer la couronne solaire : avant l'invention et l'installation de cet appareil dans les années 1930 au Pic du Midi, ce n'était possible que lors des éclipses.

Mais si les conditions météo ne sont pas favorables, une salle de projection propose une simulation de la carte du ciel au-dessus du Pic, grâce au logiciel Stellarium. Peut-être qu'un jour le site s'équipera d'un planétarium...

Pour en savoir plus, lire notre idée week-end Pic du Midi de Bigorre

Parc Astronomic Montsec (Catalogne)

Le Centre d’observation de l’univers d'Ager, en Catalogne, au pied des Pyrénées espagnoles, est, quant à lui, équipé d’un planétarium.

Outre « l’œil de Montsec », son planétarium numérique équipé d’un système de projection 3D sur dôme intégral, le parc astronomique, inauguré à la fin des années 2000, possède plusieurs télescopes dans des petites coupoles pour étudier le soleil en journée. Mais également la lune, les planètes et les étoiles lors des soirées organisées pour le grand public. Les scientifiques, eux, travaillent dans d'autres installations perchées sur la montagne Montsec, à 1 570 m d’altitude.

Un superbe site naturel qui offre plusieurs avantages à leurs yeux : les précipitations y sont peu élevées donc le ciel souvent dégagé ; la densité de la population est faible, d'où la pollution lumineuse réduite ; l'atmosphère est limpide une grande partie de l'année.

Pour les plus néophytes des visiteurs, les enfants notamment, une exposition très didactique retrace les origines de l’univers et la formation du système solaire. Une escapade familiale agréable dans le Vall d'Ager, à 3 h de route au nord-ouest de Barcelone.

Observatoire El Roque de Los Muchachos (Canaries)

Situé dans l'archipel espagnol des Canaries, sur l'île de La Palma, le site astronomique El Roque de Los Muchachos est l'un des plus réputés au monde.

En effet, l'environnement insulaire offre des conditions idéales et les infrastructures comptent le plus grand télescope optique infrarouge qui scrute, depuis 2009, les trous noirs, les galaxies en formation, les exoplanètes et les supernovae. Sa puissance de vision est comparée à la capacité de quatre millions d'yeux humains, pouvant par conséquent distinguer des lumières de la taille des phares d'une voiture à une distance de 32 000 km !

Bien sûr, le grand public n'utilise pas cet appareil, mais il peut visiter les lieux, de jour comme de nuit. Des « safaris astronomiques » sont organisés par l'observatoire, activités pédagogiques pour petits groupes (sur réservation) incluant la visite de coupoles et l'usage de télescope. Les amateurs éclairés peuvent même louer du matériel sur place pour procéder à leurs propres explorations de l'univers.

Observatoire des Makes (Réunion)

Pas de grande ni de petite ourse à repérer ici, puisque nous sommes dans l'hémisphère sud. Plus précisément dans la partie ouest de l’île de la Réunion, à environ 1 000 m de haut, au-dessus de Saint-Louis. À chaque hémisphère ses propres constellations circumpolaires, donc...

Mais les comètes ne choisissent pas leur camp. C'est le passage de celle de Halley en 1986 qui a constitué le déclic pour la création de l'Observatoire des Makes, inauguré en 1991 en présence d’Hubert Reeves.

Des visites et des séances d'observation pour tous sont proposées pour découvrir les équipements (dont des télescopes et le planétarium Hipparque) et regarder les astres, en particulier en soirée (sur réservation). On débusque d'abord à l'œil nu les étoiles, les nébuleuses, les galaxies, puis on utilise les instruments astronomiques pour approfondir ces rencontres célestes.

ASTROLab du Parc national du Mont-Mégantic (Québec)

Le superbe Parc national du Mont-Mégantic abrite, depuis 1978, un observatoire perché à 1 100 m d'altitude. C'est un centre astronomique majeur au Canada qui regroupe en fait deux entités. La première, scientifique, se visite en journée, mais elle est dédiée à la recherche à la nuit tombée.

Cependant, chaque année, plusieurs soirées sont programmées pour que le commun des mortels accède au grand télescope de l'observatoire, en particulier lors du Festival d'astronomie Populaire du Mont-Mégantic, qui se tient l'été. Il existe diverses possibilités d’hébergement dans le parc.

La deuxième partie du site, c'est l'Observatoire populaire du Mont-Mégantic, entièrement ouvert au grand public. Là aussi, les soirées sont inoubliables, grâce au télescope de 61 cm et à la plate-forme d'observation avec bancs inclinés. La pollution lumineuse est réduite puisque la zone est une réserve internationale de ciel étoilé : l'éclairage public doit, par exemple, faire en sorte de limiter son impact sur l'obscurité environnante.

Observatoire Mauna Kea (Hawaii)

Au sommet d'un volcan endormi dominant Hawaï, est posé le plus grand observatoire au monde consacré à l'étude des parties des radiations situées dans l'infrarouge et les ondes submillimétriques des objets astronomiques.

En effet, à 4 200 m d'altitude, l'atmosphère est très sèche et le ciel sans nuage, donc les détails infimes sont plus visibles. En outre, la proportion de nuits claires est l'une des plus élevées de la planète.

Les installations sont réservées aux scientifiques mais les curieux et les férus d'astronomie peuvent observer le soleil et les étoiles depuis la Visitor Information Station, installée à 2 800 m de haut et ouverte tous les jours de 9 h à 22 h. Là, des télescopes sont à disposition en journée comme en soirée, et des animateurs encadrent le public.

Un programme d'observation des étoiles gratuit et sans réservation est proposé chaque soir de 18 h à 22 h. Le premier samedi du mois, il est précédé par un point sur l'état de la recherche en cours à l'observatoire Mauna Kea et sur les découvertes faites depuis ce site, aussi beau que prestigieux.

Observatoire Cerro Mamalluca (Chili)

Grâce à la qualité de son ciel nocturne, le Chili est devenu un pôle astronomique majeur. Notamment pour les professionnels et scientifiques internationaux qui multiplient les programmes de recherche en différents endroits, en particulier dans le désert d'Atacama, au nord du pays, l'un des plus arides au monde et dont l'atmosphère est donc très pure.

Autre spot réputé, l'observatoire public de Mamalluca, près de Vicuña, à 500 km au nord de la capitale Santiago et bien au sud de l'Atacama. Il présente l'atout d'être facile d'accès et, depuis son lancement dans les années 1990, il est dédié aux amateurs.

Ils participent à l'une des sessions nocturnes régulièrement planifiées pour scruter les cieux, avec ou sans télescope, et visitent également le planétarium. De nombreux autres observatoires chiliens ouvrent leurs portes aux non-professionnels, des agences de voyage organisant en général ce type d'excursion.

Pour en savoir plus

Consulter nos guides en ligne Midi-Pyrénées, Catalogne, Canaries, Réunion, Québec, Hawaii et Chili.

Autres sites intéressants : le triangle noir du Quercy, la région d’Alqueva dans l’Alentejo (Portugal), le parc de Wood Buffalo dans l’Alberta (Canada).

Le site du Pic du Midi de Bigorre, dans les Pyrénées

Le site du Parc Astronomic Montsec, en Catalogne

Le site de l'observatoire El Roque de Los Muchachos, aux Canaries

Le site de l’observatoire des Makes, à la Réunion

Le site de l’ASTROLab du Parc national du Mont-Mégantic, au Québec

Le site de l’observatoire Mauna Kea, à Hawaï

Le site de l’observatoire de Mamalluca, au Chili

Texte : Stéphanie Condis

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