Nîmes, romaine et moderne

Nîmes, romaine et moderne
Office du Tourisme de Nîmes DA

Ville antique labellisée « ville d’Art et d’Histoire », Nîmes est en perpétuelle mutation. Fière de ses racines et tournée vers l’avenir, elle affiche une volonté de perpétuer le dialogue entre l’ancien et le moderne, l'histoire et urbanisme contemporain. Un mélange des genres, qui innove sans rien renier de son héritage. Tour d’horizon d’une ville délicieusement schizophrène sous le soleil du Midi.

Nîmes la romaine

Nîmes a été construite sur le modèle d’une cité romaine, avec une Voie Domitienne qui traverse la ville et en relie les portes. La colonie romaine a été fondée par l’empereur Auguste à l’emplacement d’une source divinisée par les Romains et devenue un site sanctuarisé : le temple de Diane, visible aux jardins de la Fontaine.

C’est l’un des sites les plus énigmatiques de Nîmes, car toute la lumière n’a pas encore été faite sur ses fonctions primitives. Ici le culte d’Auguste s’associe donc à celui de Nemausus, le dieu de la source, dont le nom donna, par transformations successives, Nîmes.

Les arènes de Nîmes et la Maison carrée

Exemple parfait de l’architecture romaine, les arènes sont le monument incontournable et emblématique de Nîmes. Inspiré du colisée de Rome, cet amphithéâtre construit au Ier siècle de notre ère est le mieux conservé de la Gaule romaine. Signe particulier : sa forme elliptique. L’amphithéâtre doit sa survie au fil des siècles à une occupation ininterrompue depuis l’époque romaine. Après avoir servi de forteresse, il a accueilli au Moyen Âge tout un quartier d’habitations et d’entrepôts !  

Les arènes restent bien vivantes, cristallisant toujours les temps forts de la vie nîmoise. C’est en effet ici que sont données les corridas lors des ferias. L’amphithéâtre accueille aussi spectacles taurins, courses camarguaises, péplums des Grands jeux romains, concerts du festival de Nîmes, opéras, manifestations sportives…

Parvenue jusqu’à nous dans un état de conservation exceptionnel, la Maison carrée est un temple romain datant aussi du Ier siècle. Nous sommes ici à l’emplacement du forum, au cœur de la ville romaine. On admire l’harmonie des lignes, la finesse des sculptures qui courent sur la frise. La Maison carrée a fait l’objet d’une importante campagne de restauration des façades. On peut aujourd’hui y voir un film retraçant les étapes de la fondation de la colonie nîmoise à travers le destin d’une famille.

Nouveau : un musée de la Romanité dès juin 2018

Les jardins de la Fontaine et la tour Magne

Envie de respirer le grand air ? Direction les jardins de la Fontaine, classés « jardins remarquables ». Ils ont été aménagés par Louis XV à l’emplacement de la source divinisée par les Romains. Encore visible, elle marque le berceau de Nîmes. Ces jardins à la française mêlent allègrement références à l’Antiquité et ornementation du Siècle des Lumières. C’est l’un des premiers jardins publics d’Europe, où les joueurs de pétanque font aujourd’hui résonner leur accent du Midi.

Pour prendre de la hauteur et dominer les jardins, il faut gravir la tour Magne, l’unique vestige de l’enceinte de la ville. En pleine Pax Romana, elle eut en réalité pour fonction essentielle l’affirmation de la puissance romaine. Sorte de signal de la ville, elle offre un panorama sur les toits de tuiles et, par temps clair, le mont Ventoux, les Cévennes et les Alpilles en arrière-plan.

Témoin de l’alimentation de la ville par l’aqueduc romain via le pont du Gard, le castellum, un bassin de répartition, permet de voir le système de distribution en étoile. Un vestige extrêmement rare, car à ce jour ne subsistent que deux castella au monde, l’autre se trouvant à Pompéi.

Fière de son patrimoine antique et soucieuse de le valoriser, Nîmes espère obtenir son inscription à l’Unesco.

Du textile aux hôtels particuliers

Les ruelles du vieux Nîmes fourmillent d’hôtels particuliers. Ils ont été construits entre le 16e et le 18e siècle par les négociants enrichis notamment dans la soie et le textile, alors que Nîmes connaissait un véritable âge d’or.

Les manufactures de la ville confectionnaient un tissu réputé pour sa solidité. Ce tissu d’origine nîmoise aurait d’ailleurs donné l’expression « denim ». Teinté au bleu de Gênes, il devint par transformation phonétique le célèbre « blue jeans »…

Preuve que Nîmes a traversé les âges imprégnée de sa romanité, de nombreuses portes, façades et ornementations d’hôtels particuliers puisent leur inspiration dans les monuments de l’Antiquité : piliers romains, chapiteaux corinthiens, frontons triangulaires... Au pied des escaliers monumentaux surmontés de balustres, dans des décors à la fois coquets et théâtraux, les cours de ces hôtels particuliers vibrent aujourd’hui à l’heure des bodegas.

Si le vieux Nîmes donne à voir de nombreux spécimens, les quais de la Fontaine alignent aussi, sous les feuillages des platanes, de belles façades d’hôtels particuliers. Nombre d’entre eux sont restés dans le giron de riches familles protestantes depuis l’apogée du textile.

Nîmes contemporaine

Soucieuse de ne pas prendre une ride, la cité antique a pris le taureau par les cornes. Dès les années 1980, son maire d’alors, Jean Bousquet, décide de donner un coup de jeune à la ville, et de redynamiser le centre ancien. Il lance une vague de restaurations et de modernisation. Un vent de modernité qui souffle aujourd’hui encore à l’unisson du mistral.

Les armoiries de la ville (le palmier et le crocodile, référence à la conquête de l’Égypte par Auguste), omniprésentes dans les rues, sont relookées par Philippe Starck. Un secteur sauvegardé est mis en place.

Dans les années 2010, de nombreuses places sont réaménagées, comme le parvis des arènes ou la place du Chapitre, avec sa fontaine en escalier aux formes labyrinthiques. L’éco-quartier universitaire Hoche est créé. Sorte de forum du 21e siècle, l’avenue Feuchères, véritable jardin urbain, relie la gare à l’esplanade qui jouxte les arènes.

En parallèle, des édifices modernes, voire futuristes, sortent de terre. Et pour ce faire, Nîmes confie ses projets d’urbanisme aux grands noms de l’architecture et du design.

Magnifique Carré d'Art

Signé Norman Foster en 1993, le Carré d’Art et ses collections d’art contemporain sont la concrétisation muséale d’une volonté d’insuffler un vent de modernité. Le bâtiment, tout en transparence, volumes amples et lumineux, comprend aussi une médiathèque et un restaurant (voir plus loin).

La façade de verre du Carré d’Art reflète la Maison carrée, et ses fins piliers blancs rappellent les colonnes du temple. Aucun monument n’éclipse l’autre, et ainsi se perpétue le dialogue entre temple antique et temple de l’art contemporain, l’écho entre Antiquité et modernité.

Autre figure majeure de l’urbanisme contemporain à Nîmes, Jean-Michel Wilmotte a donné un coup de jeune à l’hôtel de ville ainsi qu’à l’école des Beaux-Arts installée dans l’hôtel Rivet. Il a dessiné l’habillage extérieur des halles, où se retrouve le tout-Nîmes, et réaménagé les allées Jaurès sur le modèle des Ramblas de Barcelone.

Mais Nîmes ne saurait s’arrêter en si bon chemin : face aux arènes, le futur musée de la Romanité devrait ouvrir ses portes d’ici 2017. Il est pensé pour être la clef de la compréhension de l’histoire nîmoise dans une architecture contemporaine.

Fiche pratique

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A ne pas manquer dès le 24 juin, le Festival de Nîmes avec, comme chaque année, une très belle programmation.

Comment y aller ?

- Par le train : 3 h depuis Paris-Gare de Lyon via le TGV Méditerranée. Trains Intercités depuis Bordeaux, Toulouse, Marseille et Nice.

- En avion : aéroport Nîmes-Alès-Camargue-Cévennes à Garons, à 15 km de Nîmes.

Où dormir ?

- Hôtel Amphithéâtre : 4, rue des Arènes. Hôtel de charme installé dans d’anciens hôtels particuliers, à deux pas des arènes. Joli mobilier classique. Doubles à partir de 89 €.

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Où manger ?

- Tendances Lisita : 2, boulevard des Arènes. Face aux arènes, un restaurant gastronomique orienté « brasserie ». Un lieu habité par la culture taurine et une cuisine attachée au terroir provençal, à l’image de son chef, une étoile du guide Michelin. Entre autres spécialités : la brandade de morue et le filet de taureau sauté.

- Le Ciel de Nîmes : place de la Maison-Carrée. Resto panoramique perché au sommet du Carré d’Art, avec vue plongeante sur la Maison carrée. Déco épurée, cuisine de qualité concoctée avec des produits frais de la région.

- Le Bar 421 : 37, rue Fresque. Le repaire des aficionados.

Texte : Marie Borgers

Mise en ligne :

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