Colorado, la porte de l’Ouest américain

En route vers la ville fantôme d’Animas Forks

En route vers la ville fantôme d’Animas Forks
Animas Forks - Claude Hervé-Bazin

De Silverton, la County Road 2, gravillonnée, mène à la vieille mine d’or désaffectée d’Old Hundred. Ensuite, sur la gauche, une mauvaise piste caillouteuse, généralement dégagée à l’orée de l’été grimpe sur les hauts flancs du rio Animas, entre rochers et congères de 2 m.

Au fil de la montée, la brume se lève, engloutit des pans entiers de montagnes, les recrache. Le thermomètre frise les 0 °C (en juin !). Les eaux de fonte, regelées durant la nuit, parsèment la piste de plaques de verglas craquant sous les roues.

Enfin, le moteur cale dans un dernier hoquet. L’altimètre indique 3 414 m. Là, dans une combe nappée de blanc, sous la menace constante des avalanches, quelques vieilles baraques de bois renforcées de tôle ondulée achèvent de tomber en ruines. Bienvenue à Animas Forks, ville fantôme de l’époque de la ruée vers l’or !

Dans les années 1880, Animas Forks publiait son propre journal et fut desservie par la ligne de chemin de fer la plus haute des États-Unis. Quelques bâtisses ont été restaurées, dont la grande Walsh House, bâtie par un mineur chanceux qui avait acheté à sa femme le célèbre diamant Hope (44,5 carats) – retaillé d’après le Bleu de France volatilisé pendant la Révolution…

Au-delà, la piste continue son ascension, réservée aux seuls 4 x 4, pour une boucle connue sous le nom d’Alpine Loop. Au programme : 3 cols oscillant entre 3 856 m et 3 941 m, la bourgade aux maisons victoriennes de Lake City (la première du Colorado à avoir eu le téléphone !) et la mine bien conservée d’Ute-Ulay. A trip down memory lane, comme on dit ici…

Texte : Claude Hervé-Bazin

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