Équateur : les Galápagos, une faune et une flore d’exception

Équateur : les Galápagos, une faune et une flore d’exception
Bartolome Island © fominayaphoto - stock.adobe.com

À 1 000 km à l’ouest des côtes de l’Équateur, au milieu de l’océan Pacifique, les Galápagos forment un archipel d’une vingtaine d’îles, classées au patrimoine mondial de l’Unesco.

Ces terres du bout du monde, à la faune et à la flore exceptionnelles, sont aussi un laboratoire géant. Un site précieux pour les scientifiques du monde entier qui cherchent à comprendre les mystères de la vie sur Terre. Au 19e s déjà, inspiré par son séjour aux Galápagos, Charles Darwin avait développé sa théorie sur l’évolution des espèces par la sélection naturelle.

Coup de projecteur sur la faune et la flore des Galápagos qui ont fasciné des générations de voyageurs…

Les Galápagos : une biodiversité hors du commun

Les Galápagos : une biodiversité hors du commun
© BlueOrange Studio - stock.adobe.com

Un océan à perte de vue, une centaine d’îles, d’îlots et de rochers qui se profilent… Bienvenue aux Galápagos ! En arrivant sur l’île de Baltra (où se situe le principal aéroport), on est saisi par la sécheresse des lieux. Terre rouge et plate, cactus et rochers sont les premiers paysages à découvrir.

Mais sur le chemin de Puerto Ayora, sur l’île de Santa Cruz, (plus grande ville de l’archipel où se trouve le principal port pour se rendre sur les autres îles), la promesse d’une biodiversité hors du commun se devine rapidement : un oiseau aux yeux turquoise et aux plumes roussies à la sortie de l’aéroport, des iguanes sur le bord de la route, des pélicans dans le ciel…

Lion de mer © Fotos 593 - stock.adobe.com

Sur Santa Cruz, la végétation verdoie et foisonne au fur et à mesure des kilomètres traversés. Les cactus et le maquis font place peu à peu à des prairies verdoyantes, des bouquets de bambous gigantesques (plusieurs dizaines de mètres de hauteur), des arbres majestueux.

Les reliefs s’élèvent, la ville pointe son nez et les premières rencontres avec la faune du coin ne tardent pas : un lion des mers affalé sur un banc public, un iguane se baladant sur le trottoir, des bébés requins tournoyant sous le ponton du port, une frégate planant dans le ciel… Les animaux ici sont les maîtres des lieux ! Peu farouches pour la plupart, ils offrent un spectacle inoubliable et étonnant.

La faune endémique des Galápagos

La faune endémique des Galápagos
Fou à pieds bleus © Maridav - stock.adobe.com

Tortues géantes, iguanes terrestres ou marins, fous à pieds bleus, grandes frégates, mouettes à queue fourchue, lézards de lave, pigeons des Galápagos… La liste des espèces endémiques est importante. Des espèces ressemblant bien souvent à celles du continent, mais avec des particularités exceptionnelles. La raison : l’adaptation à cet environnement, le résultat du processus de la sélection naturelle, comme l’a démontré notamment Charles Darwin.

Ouvrez-bien l’œil et appréciez tous ces petits détails qui révèlent l’adaptation de cette faune équatorienne locale et authentique !

Tortues géantes et carapaces innovantes

Tortue des Galapagos © treetstreet - stock.adobe.com

Symbole incontesté de l’archipel, les tortues géantes des Galápagos sont les descendantes d’espèces d’Amérique du Sud, bien plus petites et légères : elles peuvent mesurer plus de 1,50 m et peser plus de 250 kg ! Une évolution due à leur nouvel habitat, qui se définit même jusqu’à la forme de leur carapace !

Amusez-vous à les comparer, que ce soit dans la nature ou dans une des réserves de tortues géantes que l’on peut visiter (El Chato sur l’île de Santa Cruz, Galapaguera de Cerro Colorado sur l’île de San Cristobal, Arnaldo Tupiza sur l’île d’Isabela) :

- La tortue à carapace en forme de selle, avec des pattes et un cou plus longs. Cela lui permet d’atteindre plus facilement le haut des cactus, dont elle ne nourrit, et de vivre sur les îles les plus sèches et arides.  

- La tortue à carapace bombée (carapace en forme de dôme). Véritable stock de graisse et d’eau, sa carapace lui permet de mieux résister aux écarts de températures et de vivre ainsi en altitude ou dans des zones arides, sur les îles les plus grandes avec du relief.

- La tortue à carapace étroite. La forme de sa carapace lui permet de mieux se mouvoir dans une végétation touffue. On la retrouve notamment dans les forêts buissonnantes.

Iguanes terrestres et pied marin

Iguanes © Fotos 593 - stock.adobe.com

Les premiers iguanes des Galápagos étaient terrestres et sont probablement arrivés d’Amérique du Sud par radeaux naturels. On peut les observer dans des zones plutôt arides, notamment sur les îles Fernandina, Isabela, Santa Cruz, Seymour Nord, Baltra. Levez la tête, parfois ils se cachent dans les arbres !

Au cours des millions d’années, une partie d’entre eux a commencé à se nourrir d’algues sur les rivages et s’est peu à peu adaptée au milieu marin… Jusqu’à devenir les iguanes marins d’aujourd’hui.

Peau noire pour se réchauffer plus vite après un bain dans l’eau froide, griffes acérées et préhensibles pour mieux s’accrocher aux rochers quand l’océan est agité, queue robuste et aplatie qui sert de gouvernail… Vous pourrez observer tous ces détails, fruit de l’évolution, sur la jetée de Baquerizo Moreno (San Cristobal), sur une plage ou dans l’eau d’une crique d’Isabela, le long d’un sentier sur l’île de Baltra, sur les rochers volcaniques de n’importe quelle île…

Becs de pinsons et alimentation

Pinson © donyanedomam - stock.adobe.com

On trouve des pinsons un peu partout aux Galápagos : en ville, dans les buissons, sur les cactus, dans les zones sèches ou plus humides, près des côtes ou en altitude… Mais ils semblent toujours différents ! C’est que les pinsons des Galápagos sont l’exemple idéal pour comprendre les secrets de l'évolution des espèces. La population pionnière, après avoir trouvé différents environnements et différents types d'aliments, a évolué en treize espèces différentes.

Observez donc la forme de leurs becs : ils vous donneront pas mal d’infos sur le type d’habitat et leur mode de vie. Un gros bec ? Sans doute le Geospiza magnirostris qui l’utilise pour casser les graines aux coquilles très dures. Un bec long et robuste, idéal pour se nourrir de la chair et des fleurs de cactus ? Il appartient au Geospiza sandens ! Le bec petit et fin du Certhidea olivacea est quant à lui parfait pour attraper les insectes !

Des cormorans… qui ne volent pas

Cormoran © Maridav - stock.adobe.com

Encore une curiosité des lieux : le cormoran des Galápagos ne vole pas ! Il a effectivement perdu cette aptitude… Arrivé sur place il y a des milliers d’années par les airs, le cormoran y a sans doute trouvé son Eden ! Pas de prédateurs en vue et de la nourriture à profusion et à portée de bec sur les rivages ! Pourquoi donc continuer à voler ?

Coup de cœur : Los Tunnels à Isabela

Los Tuneles © rpbmedia - stock.adobe.com

Offrez-vous une excursion à Los Tuneles, sur l’île d’Isabela : une belle expérience pour approcher la faune locale ! Les "Tunnels" sont des formations volcaniques s’avançant dans la mer, créant des criques, des tunnels, des bassins, des îlots, des ponts…

Une balade en bateau durant laquelle on peut observer des manchots, des fous à pieds bleus, des iguanes, des lions des mers, des raies, des tortues marines, des hippocampes, des requins de récifs… Une sortie magnifique et inoubliable.

La flore des Galápagos, un trésor inestimable

La flore des Galápagos, un trésor inestimable
Concha de Perla © rpbmedia - stock.adobe.com

Avis aux botanistes : les Galápagos représentent un véritable trésor végétal. Les étendues ne sont pas grandes, mais les conditions particulières (climat tropical aride, influence du courant de Cromwell, terre volcanique et isolée…) créent des écosystèmes variés et spécifiques, selon les îles et leur altitude.

Les îles plates comme Baltra et Espanola ne présentent que des zones arides. Les plus grandes îles (Santa Cruz, San Cristobal, Isabela), avec leurs volcans et leur relief arborent des strates de végétation beaucoup plus variées et étagées.

Sur les zones côtières et autour des lacs salés, la mangrove étend sa jungle de racines et de branches, telle une forêt impénétrable. Baladez-vous à l’ombre des palétuviers autour du lac Poza Salinas ou rejoignez la crique Concha de Perla (Isabela) : de jolies balades pour apprécier cette végétation les pieds dans l’eau !

Galapagos © rpbmedia - stock.adobe.com

On retrouve aussi à cette basse altitude des champs entiers de cactées et de plantes adaptées aux zones arides : figuiers de Barbarie, cierges du Pérou, cactus Candélabre, lichens… Des pans entiers d’îles ne sont dessinés que par ces silhouettes longilignes s’élevant vers le ciel. Pour apprécier ces paysages fantastiques, on vous conseille un tour dans les tunnels (Isabela), une balade sur la plage de Los Alemanes à Las Grietas ou au canyon de Santa Cruz (ouvrez bien l’œil, c’est l’habitat de nombreux oiseaux !).

Entre 200 m et 500 m, les balades se font à l’ombre des goyaviers, des robiniers, des passiflores et des scalesia. Ces derniers sont reconnaissables grâce à leurs branches se terminant par une tête fleurie et par leurs feuilles duveteuses et douces comme de la soie (qui permettent d’absorber l’eau).

Au-delà de ces altitudes, on retrouve notamment le miconia, sorte d’arbuste endémique assez invasif. Mais aussi des fougères arborescentes, des herbes hautes, des carex. C’est aussi l’étage de la culture du café, de fruits et légumes.

En revanche, vous ne trouverez pas de coquelicots aux Galápagos, ni de fleurs rouges, roses ou violettes sauvages sur les îles de l’archipel ! La raison : les insectes pollinisateurs du coin ne voient pas les couleurs, exception faite du jaune et du blanc. Vous pourrez donc déduire que l’hibiscus rouge flamboyant du massif a été forcément planté par une main humaine…

Les Galápagos, paradis de la plongée

Les Galápagos, paradis de la plongée
© The Ocean Agency - stock.adobe.com

Il suffit de longer le port ou les rivages pour percevoir la richesse de la faune marine : bancs de lions de mer affalés sur les bouées et les bateaux de Santa Cruz, iguanes marins et fous à pieds bleus se dorant la pilule sur les rochers de San Cristobal, pélicans et manchots pêchant à marée basse sur les plages d’Isabela, bébés requins dans le port de Santa Cruz…

Offrez-vous une belle sortie plongée en bouteille, et filez découvrir les trésors aquatiques du coin. Tortues marines, requins des Galápagos, requins marteaux, requins à pointe blanche ou à pointe noire, raies mantas, raies aigles… Certains ont même déjà vu des orques !

Cette profusion de vie marine s’explique notamment par la convergence de plusieurs courants océaniques. Le courant froid de Humboldt et le courant de Cromwell apportent des eaux riches en nutriments. Le courant chaud de Panama offre un environnement idéal pour le développement des écosystèmes marins tropicaux.

Coup de cœur : une plongée nocturne au milieu des lions de mers

S’ils paraissent placides et amorphes sur terre, les lions des mers deviennent gracieux et agiles dans l’eau. De vraies fusées ! PMT ou bouteille, au large ou près des côtes, on peut en voir partout. Une plongée nocturne dans le port de San Cristobal vous réservera un spectacle inoubliable.

À la lumière des réverbères, on s’équipe sur le ponton au milieu des mammifères y ayant élu domicile. Puis c’est le plongeon dans un univers fantastique ou le ballet des lions des mers impressionne et fascine. Curieux, joueurs et rapides, ils tournent, slaloment, virevoltent dans les eaux ténébreuses. Fabuleux !

Un écosystème fragile à préserver…

Un écosystème fragile à préserver…
© rpbmedia - stock.adobe.com

Sur place, vos sacs seront vérifiés à chaque entrée et sortie d’une île ! Le but : limiter au maximum le risque d'espèces introduites, accru par l’augmentation du tourisme. Les effets pourraient être dévastateurs pour les écosystèmes des Galápagos.

Certaines histoires passées le prouvent bien :  dans le lagon de San Cristobal, une espèce de grenouille, invasive et agressive, a été introduite par accident via les transports maritimes. Pour tenter de l’éradiquer, le gouvernement utilise des produits chimiques. Résultat : la faune du lagon meurt, la grenouille survit. Il faudra plus de 10 ans pour que les flamants roses y reviennent.

Un conseil : vérifier que vos chaussures sont propres (pas de terre, porteuse de graines), ainsi que votre matériel de camping. Et puis surtout, ne prenez pas d’éléments organiques dans vos sacs !

Pour en savoir plus

Retrouvez tous les bons plans, adresses et infos pratiques dans le Routard Équateur, Galapagos en librairie.

Consulter notre guide en ligne Galápagos

Galápagos Conservancy
Pour tout savoir sur la protection de la faune et la flore d'un archipel hors normes, de l'histoire du Parc national des Galápagos à son fonctionnement en passant par l'étude des milieux marins et terrestres. En espagnol et en anglais.

Fondation Charles-Darwin

La Fondation Charles-Darwin est impliquée dans la préservation des îles Galápagos. En anglais.

Save Galápagos

Cette association de protection des Galápagos vous donne toutes sortes de renseignements sur la faune et la flore de l’archipel. Vous connaîtrez tout sur le contrôle de l’introduction de nouvelles espèces animales, l’exploitation des ressources naturelles, etc. En anglais.

Guides naturalistes

Idéal pour découvrir l’archipel et ses trésors naturels.

Parmi les plus réputés des Galápagos : Alfredo Bolona, un ancien joueur de foot international, véritable amoureux de la nature, reconverti en guide : +593 981 355 646 (possibilité de le contacter sur Whatsapp) ou alfredobolona@yahoo.com  

Plongées et circuit organisé

Pour un circuit organisé, terrestre et/ou aquatique, on recommande fortement Sharksky, une agence locale tenue par Aline, une française tombée amoureuse des Galápagos. Un programme personnalisé, une organisation parfaite, pour tous les budgets ! Infos : www.sharksky.com

Texte : Nicolas George

Mise en ligne :

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