Ouest américain : autour de Las Vegas

Ouest américain : autour de Las Vegas
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Las Vegas est loin d’être une routarde… mais ne dit-on pas qu’elle est à voir au moins une fois dans sa vie ? Hallucinante, démesurée, clinquante et franchement too much, cette ville de 600 000 habitants, qui attire les touristes et les joueurs par millions, est unique au monde, reléguant les parcs d’attractions les plus délirants au niveau d’aimables fêtes foraines.

Bon, franchir l’Atlantique et même une partie des États-Unis pour aller voir cet aspect illusoire du rêve américain ne vous tente pas trop ? Sachez que Las Vegas, située au cœur du Nevada, se trouve à portée de voiture de sites naturels majeurs de l’Ouest américain.

Alors, voici un bon compromis : explorer les grands espaces le jour (Death Valley, Valley of Fire, Grand Canyon…) et expérimenter Vegas en fin d’après-midi et surtout la nuit, quand elle se réveille… Let’s go to Vegas !

Las Vegas, un mirage en plein désert

Las Vegas, un mirage en plein désert
Machines à sous à Las Vegas © Aurélie Michel

Luxueux hôtels à faux ciels, machines à sous, 43 millions de visiteurs par an… Las Vegas, une destination routard ? À priori, pas vraiment. Et pourtant : juste derrière la démesure des gratte-ciel, celle de la nature : quelques petites heures de route et on se retrouve, par exemple, au Grand Canyon ou à la Vallée de la Mort. La plus grande ville du Nevada – 2 millions d’habitants – peut donc être une porte d’entrée de l’Ouest américain et de ses parcs nationaux.

N’oublions pas qu’à l’origine, Las Vegas – qui signifie « les prairies » en espagnol – n’était que désert : celui de Mojave. En 1840, l’endroit était un lieu de campement pour les convois de diligence, sur la piste allant de Santa Fe à la Californie. On trouvait ici des sources d’eau.

La ville de Las Vegas voit véritablement le jour en 1905, avec la construction du chemin de fer Salt Lake City-Los Angeles. Elle se développe quelques années plus tard, en 1931, quand le Nevada décide de légaliser les jeux d’argent. L’état se montre également souple en matière de mariage, de divorce et de prostitution, le tout en pleine période de Prohibition... D’où son surnom « Sin City », la ville du péché.

La construction du barrage Hoover Dam, à la même époque, participe aussi à son développement. Puis c’est au tour de la mafia de s’intéresser à Las Vegas. Un bon moyen, pour elle, de blanchir son argent. En 1946, Benjamin Siegel, allias Bugsy (le cinglé) fait alors construire le premier grand hôtel casino : le Flamingo (toujours en place !)

Le Strip © lucky-photo - Adobe Stock

Depuis, Las Vegas a bien changé. Sur le Strip, partie sud du fameux Las Vegas Boulevard, les resorts n’ont cessé de pousser. À l’intérieur, des hôtels de luxe et des casinos, évidemment, mais aussi des restaurants, des bars, des plages, des aquariums et autres salles de spectacle. La ville du péché est désormais devenue « The Entertainment capital of the world », la capitale mondiale du divertissement.

On ne vient plus seulement pour jouer, mais aussi pour manger (et même bien manger !), assister à un match de hockey (depuis 2016, Las Vegas a son équipe : les Golden Knights), aller à un concert de Céline Dion ou encore s’émerveiller devant un show du Cirque du Soleil. Car les complexes hôteliers proposent aussi de fabuleux spectacles. Coup de cœur pour ceux du Cirque du Soleil et notamment « The Beatles Love », au Mirage.

Et puis, il y a ces complexes hôteliers aussi pharaoniques que kitsch, qui valent le coup d’œil : les délirants The Venitian où l’on déambule dans une Venise de carton-pâte, le Caesars Palace et son Colosseum, salle de spectacle de 4 000 places, le Bellagio et les jets d’eau de ses 1 000 fontaines, le Louxor et son sphinx géant, ou encore le Paris-Las Vegas avec sa tour Eiffel d’où l’on admire, depuis le sommet, les lumières de Sin City. S’il fallait résumer tout cela un seul nom, ce serait bien entendu The Mirage, et son bâtiment qui évoque un lingot d’or…

Et, pour terminer en beauté, grimpez sur la grande roue d’observation la plus haute du monde (167 m) ou la Strastosphere Tower, tour d’observation la plus haute des États-Unis (350 m). Vue saisissante sur Vegas, of course !

Downtown : un Las Vegas vintage et routard

Downtown : un Las Vegas vintage et routard
Fremont Street © Aurélie Michel

On replonge dans le passé en filant à Downtown, le quartier où tout a commencé. L’ambiance y est radicalement différente de celle du Strip. Nous sommes ici dans le Las Vegas « vintage » et « graffé » (il accueille chaque année le festival Life is beautiful). Un quartier qui se renouvelle peu à peu. Il faut compter 20-30 minutes pour s’y rendre en voiture depuis le Strip. Sur la route qui nous y mène, un véritable défilé de chapelles, plus farfelues les unes que les autres.

À Las Vegas, on peut se marier – ou divorcer – en express, parfois même sans avoir à sortir de sa voiture ou accompagnés d’un sosie d’Elvis Presley (chapelle Graceland). Chaque année, 81 000 couples se marient ici. Au cœur de Downtown, on s’aventure dans la Fremont Street. Aventure, c’est le mot : chippendales, magiciens, musiciens, tyrolienne au-dessus de la foule… on en prend plein les yeux et plein les oreilles, pour le meilleur et pour le pire ! Encore plus fou by night.

Évidemment, on n’échappe pas aux casinos. Plus cheap que sur le Strip, certes, mais plus authentiques. Beaucoup moins chers, aussi : on peut jouer plus longtemps en se ruinant moins vite ! Coup d’œil obligatoire au Golden Nugget, tout premier hôtel de Las Vegas (1906).

Autre coin sympa à découvrir, à Downtown : le Container Park, un petit quartier tout en containers de bateaux. Pour faire des emplettes, on peut filer non loin de là, au Las Vegas North Premium Outlets (10 minutes en voiture de la rue Frémont). Les marques américaines comme Levis sont nettement moins chères que chez nous.

Las Vegas, aux portes du Grand Canyon

Las Vegas, aux portes du Grand Canyon
Grand Canyon © kojihirano - stock.adobe.com

Non loin de Las Vegas se trouve l’un des plus impressionnants phénomènes géologiques de la planète… le Grand Canyon ! Il attire, chaque année, près de 5 millions de visiteurs…

Il existe trois « portes d’entrée » pour y accéder : rive sud (la principale), rive nord et rive ouest, la plus proche de Las Vegas. Contrairement aux deux autres, elle n’appartient pas au Grand Canyon National Park, mais à la réserve indienne Hualapai. C’est elle qui abrite la fameuse passerelle de verre au-dessus du vide (Skywalk). Il faut compter 2 h 30 de voiture pour la rejoindre, contre un peu plus de 4 h pour les deux autres.

Après une cinquantaine de kilomètres, nous passons devant le Hoover Dam, signe que nous quittons l’état du Nevada. Bienvenue en Arizona ! Ce barrage géant – 220 m de haut – fut inauguré en 1935 et participa au développement de Las Vegas.

La ville de Boulder City, croisée quelques kilomètres auparavant, fut spécialement construite pour les ouvriers. But de cet ouvrage colossal : prévenir les inondations du redoutable Colorado et fournir en électricité le Nevada, l’Arizona et la Californie. Rien que ça ! Créé la même année, le lac Mead est le plus grand lac artificiel des États-Unis (possibilité de pratiquer des activités nautiques). Il alimente en eau 25 millions de personnes !

Eagle Point Skywalk © Grand Canyon Resort Corporation

70 km plus loin, bifurcation : nous quittons l’autoroute US 93 (gratuite, comme la majorité des autoroutes aux US) pour la plus petite Pierce Ferry road. De part et d’autre de la route, des étendues désertiques parsemées de yuccas (les fameux joshua tree) et des rangées de boîtes aux lettres de tailles et de couleurs différentes.

Nous voici aux portes du Grand Canyon. La voiture reste sur le parking, à l’entrée : une navette nous conduit aux différents points de vue. Le plus attendu : Eagle Point Skywalk. Construite en 2017, cette passerelle en forme de fer à cheval et au plancher de verre permet de côtoyer le vide d’encore plus près. Elle s’avance à 21 m du bord, au-dessus d’un à-pic de 1 220 m ! Qu’on se rassure : elle a été étudiée pour résister à des vents de 160 km/h et à un tremblement de terre de 8 sur l’échelle de Richter… Cela dit, toutes les affaires personnelles doivent être laissées dans un casier (même l’appareil photo), pour éviter toute chute d’objet sur le verre.

On file ensuite à Guano Point, point de vue idéal pour les photos. Ici, l’immensité du Grand Canyon est saisissante : il s’étire sur 445 km et ses parois descendent sur plus d’1,6 km ! Tout en bas, le Colorado, qui paraît tout petit. Un spectacle encore plus grandiose au lever et au coucher du soleil.

Désert de Mojave : sur les traces des chevaux sauvages

Désert de Mojave : sur les traces des chevaux sauvages
Mustang dans le désert de Mojave © Aurélie Michel

À cheval sur la Californie, le Nevada, l’Arizona et l’Utah, le désert de Mojave s’étend sur quelque 125 000 km2. Il abrite notamment les parcs nationaux de Joshua Tree et de la Vallée de la Mort, ainsi que la ville de Las Vegas ! Un bon moyen d’explorer ces terres arides ? Au volant d’un buggy, un petit véhicule tout terrain. Il s’en loue par exemple à Goodsprings, à 45 minutes en voiture de Las Vegas.

Au bord de l’autoroute Interstate 15 qui nous y mène, une curiosité : les Seven Magic Mountains, de géantes pierres colorées superposées. Une œuvre d’art permanente en plein désert, qui n’est pas sans nous rappeler les hauts buildings de Las Vegas…

Arrivés à Goodsprings, le périple prend des airs de Far West. Sur ces terres ocre d’une incroyable sécheresse, la végétation se résume à des cactus et des joshua trees, encore et toujours. Appelés arbres de Josué en français, cette variété de yucca est un emblème du désert de Mojave. Côté faune, de nombreux serpents, notamment des crotales. Alors gare à où on met les pieds !

Tout à coup, comme par enchantement, un petit groupe de mustangs apparaît. Crinière au vent, qu’ils sont majestueux et élégants ! Sur les 59 000 chevaux sauvages que compte l’Ouest américain (dix états), plus de 34 000 vivent ici, dans le Nevada. Après cette incroyable immersion dans le désert, on s’attable au saloon, avant de reprendre la route direction Las Vegas.

Au cœur de la Valley of Fire

Au cœur de la Valley of Fire
Valley of Fire © Aurélie Michel

Autre site facilement accessible à la journée, le plus vieux parc de l’état du Nevada : le Valley of Fire State Park, établi en 1935. Située à seulement 90 km au nord-est de Las Vegas, la Vallée de Feu nous plonge dans un décor surréaliste. Aux portes du parc, la route est véritablement irréelle, d’autant plus au lever du soleil. Sommes-nous encore sur terre ?

Les dunes de sable du Jurassique ont fait place à d’incroyables dunes de grès et autres formations rocheuses. Certaines formes sont si évocatrices qu’elles semblent avoir été sculptées, comme l’Elephant Rock. L’ocre dévoile ici mille déclinaisons, du jaune pâle au marron. La Vallée de Feu porte bien son nom !

Sur 170 km2, ce parc nous livre un bel aperçu de la grandiloquence des paysages de l’Ouest américain. Un vrai décor de cinéma. On ne croit pas si bien dire : des scènes de films ont été tournées ici, à l’image de Star Trek Generation en 1994 ou de Transformers en 2007.

Bien sûr, les cactus sont au rendez-vous. Au printemps, on a même la chance de les voir en fleur. C’est d’ailleurs la meilleure saison si on souhaite beaucoup marcher, car les températures atteignent, en été, jusqu’à 45 degrés…

Une dizaine de balades nous permettent d’explorer la Vallée de Feu. Parmi elles : Fire Wave (2 km), White Domes (2 km) ou encore « Mouse’s Tank » (1,2 km). Point d’orgue de cette dernière : des pétroglyphes gravés dans la pierre. Ils ont été laissés par les Indiens (Anasazi), qui fréquentèrent le site de 300 av. J.-C. à 1150. Bouleversant.

Fiche pratique

Retrouvez toutes les adresses, infos et bons plans dans le guide du Routard Parcs nationaux de l’Ouest américain.

Consultez aussi notre guide en ligne Parcs nationaux de l’Ouest américain

Office de tourisme de Las Vegas

Office de tourisme du Nevada

Comment y aller ?

Vols avec escale aux États-Unis sur United Airlines, au départ de Paris-CDG. Autres compagnies (escale aux États-Unis également) : Air France, Delta Air Lines, American Airlines, Air Canada… Trouvez votre billet d’avion

Dormir

- Mandalay Bay Resort & Casino Las Vegas : 3950 S Las Vegas blvd. Situé au sud du fameux Strip de Las Vegas, il compte 3 211 chambres (dont 436 suites), une trentaine de restaurants, un spa, une salle de sport, un aquarium (Shark Reef Aquarium) et une dizaine de nightclubs et salles de spectacles. Appartenant au groupe hôtelier MGM Resorts, le Mandalay Bay est le seul resort du Strip à disposer d’une plage. L’hôtel connecte avec les hôtels voisins : Delano Las Vegas, Luxor et Four Seasons. Prix : De 68 $ (55 €) à 475 $ (380 €) en fonction des dates. Prix moyen : 160 $ (129 €). Pour le petit déjeuner, nous vous recommandons l’Orchid Coffee Bar, pile à la sortie des ascenseurs (avec vue sur le casino).

- Super 8 Strip Area : 4250 Koval Lane. Pour les petits budgets, la chaîne de motel Super 8 propose des chambres fonctionnelles et confortables. Celui-ci est le plus proche du Strip et de l'animation. Doubles 30-130 $ (25-110 €)

Trouvez votre hôtel à Las Vegas

Où manger ?

- The Market : 611 Fremont Street, Downtown. Un supermarché-coffee shop à Downtown, le vieux quartier de Las Vegas, loin de l’agitation du Strip. Sandwichs, plats sains, bio, végétariens : ça change des fast food ! Snack environ 10 $.

- Restaurant Beerhaus : 3784 S Las Vegas blvd. Situé dans The Park, un lieu réservé aux piétons (plutôt rare, sur le Strip !), il propose d’excellents burger-frites à l’américaine, avec un grand choix de bières.

- Restaurant Once : 3355 S Las Vegas Blvd. Dans les assiettes du restaurant situé dans l’extravagant Hôtel Venetian, une cuisine fine et inventive fusion Japon/Pérou. Beaucoup de plats à base de fruits de mer. Excellent ! Plats à partager 15-45 $.

- Restaurant Rivea : 64e étage de l’hôtel Delano Las Vegas, 3940 S Las Vegas blvd. Pour une soirée chic et choc, un resto d'Alain Ducasse avec une table aux accents méditerranéens. Cuisine gastronomique et incroyable vue à 180 degrés sur Las Vegas. On peut aussi prendre un verre au Skyfall Lounge, le bar perché de l'hôtel et profiter ainsi de la vue pour moins cher.

Activités avec accompagnateur

Pour être totalement autonome, nous vous recommandons de louer une voiture. Sinon, vous pouvez faire appel à un prestataire, qui se chargera de tout (trajets, réservations, guidage…). En voici quelques-uns.

- Journée au Grand Canyon avec un guide francophone : de 130 à 160 € par personne en fonction du nombre de personnes (ce tarif comprend le trajet, l’entrée et le repas du midi).Yellow Sky Tour (avec la sympathique Emmanuelle, rennaise installée à Las Vegas depuis 10 ans)

- Excursion à Goodsprings avec tour en buggy (1 h 30) et déjeuner au Pioneer Saloon : environ 200 € par personne (525 $ par buggy) Vegas Off Road Tours 

- Matinée à la Valley of Fire, randonnée accompagnée dans le parc avec Love Hikes : environ 100 € (129 $) par personne. 

 Informations diverses

- Décalage horaire : - 9 heures avec Paris. Quand il est 15 h à Paris, il est 6 h du matin à Las Vegas.

- Il fait chaud à Las Vegas, mais gare toutefois à la climatisation : toujours prévoir une veste pour les dîner et spectacles. Il peut également faire plus frais lors des excursions en dehors de Las Vegas.

- Électricité 110V. Les prises américaines sont à fiche plate. Pensez à vous munir d’un adaptateur pour recharger votre portable, ordinateur, appareil photo…

- On compte en général 2 $ de pourboire par bagage dans les hôtels aux États-Unis. Pour les autres pourboires (taxis, restaurants…), il est d’usage de laisser un pourboire de 15 à 20 %.

Texte : Aurélie Michel

Mise en ligne :

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