Le Sarawak, l'aventure à Bornéo

Du Shangri-La du Sarawak aux trésors de Sabah

Du Shangri-La du Sarawak aux trésors de Sabah
Plateau du Bario © Rochu2008 - Fotolia

Le Bario

Longtemps, seuls d’intrépides colporteurs franchissaient les montagnes et les jungles protégeant le plateau du Bario (alt : env 1100 m). Christianisé, le Bario a changé. Les femmes de l’ethnie locale Kelabit ne se tatouent plus le visage, le réseau GSM et l’Internet se sont invités.

Oui mais... hormis une interminable route forestière ou un long trek, seul un superbe vol depuis Miri relie Bario au reste du monde. Pesés avec bagages ( !) et serrés dans le petit bimoteur à hélice, les passagers voient défiler l’océan complice des mangroves, les volutes de rivières, le damier « gulliverien » des plantations et enfin le grand vert, à peine griffé par l’ocre de pistes accrochées aux crêtes, veillées par le Bukit Batu Lawi (alt : 2000 m).

Plus verte que bâtie, la capitale éponyme réunit quelques commerces et un marché au micro-centre. La longhouse Bario Asal abrite 35 familles et une petite expo. La réussite sociale des Kelabit est célèbre, au prix de l’exode des jeunes. Norme régionale, le home-stay inclut les 3 couverts. Le Jungle Blue Dream de Stephen, artiste-peintre Kelabit, et Tine sa femme danoise, est exceptionnel pour l’accueil, la cuisine et les plans dessinés des environs.

Miam ! Naturellement bio et locavore, la cuisine du Bario fait le buzz autour de ses 3 piliers : riz local au grain fin et allongé ; sels de sources saumâtres roulé dans une feuille, compagnon subtil des cuissons et ananas si sucré et fondant que les locaux ajoutent parfois sauce soja et piment.

Pierres levées et sculptées... des archéologues au look d’Indiana Jones débonnaires s’attaquent aux mystères du Bario. Une culture cousine de l’indochinoise Dongson aurait fleuri ici dès 1000 ans av J.C. !

Trek sur le Bario © Dominique Roland

Vers Ba’Kelalan et Sabah

Obligatoirement guidé, un trek réputé, long (4 jours  dont 1 nuit en abri et saute-mouton autorisé en Indonésie) mais pas trop dur, relie Bario à Ba’Kelalan, la capitale des Lun Bawang, cousins des Kelabit. À Pa’Lungan, beau village encerclant une prairie avec église et dolmen, aller dormir à l’adorable Philip & Pauline Homestay.

D’anciens abris Penan rappellent que 3% de leurs membres seraient encore chasseurs-cueilleurs.  Connaissance des plantes, habilité à la sarbacane, ni « merci » ni « au revoir », des mots inutiles dans leur vie nomadique égalitaire où forêt se dit simplement « univers »... c’est pour protéger cette précieuse culture que le bâlois Bruno Manser s’opposa brillamment aux compagnies forestières avant de disparaitre mystérieusement en 2000. 

Congrégation de hameaux, Ba’Kelalan est célèbre pour ses pommiers. Un vol ou 6 h de 4x4 jusqu’à l’enclave côtière de Lawas, entre Brunei et Sabah, permet de pénétrer Bornéo en direction de l’est.  

Sabah possède les plus belles plages et le « toit » malaisien, le Kinabalu (Unesco ; alt : 4 095 m). Le trek a rouvert après le fort tremblement de terre de 2015.  Idéal pour se remettre tout en profitant de la biodiversité (et des éléphants nains...) : la rivière Kinabatangan et son couloir de jungle (prévoir 3 jours) et, à 3 h au sud, les sublimes fonds marins de Sipandanrejoints depuis l’île Mabul. Bornéo c’est fou !

Texte : Dominique Roland

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