Canton, le dragon de la Chine du Sud

L’île de Shamian, à l’ombre des canneliers et des camphriers

L’île de Shamian, à l’ombre des canneliers et des camphriers
© Olivier Page

Dès 1787, on autorise les nations européennes à établir des comptoirs, les « factoreries » (abritant bureaux, entrepôts et logements) sur l’île de Shamian, au bord de la rivière des Perles. 1 km de longueur sur 400 m de large, c’était un monde clos réservé aux étrangers et interdit aux Chinois.

Le commerce international rapportait plus à la Chine qu’à l’Europe car les marchandises européennes avaient peu de succès en Chine. On payait très cher la soie, le thé, les porcelaines, l’or, les épices (la cannelle surtout), les drogues médicinales…

L’opium, nerf de la guerre

Excédés que le commerce du thé leur coûte plus cher qu’il ne leur rapportait, les Anglais vendirent alors en Chine leur opium des Indes pour compenser le manque à gagner. Malgré l’interdiction de cette « boue des barbares », on ferma les yeux sur ce commerce clandestin. L’opium se répandit illégalement en Chine. Jusqu’à ce jour de 1839 où un mandarin impérial  du nom de Lin Zexu ordonna la destruction de 20 000 caisses d’opium sur les quais de Canton.

Ce geste du fonctionnaire zélé provoqua la première Guerre de l’Opium. La Chine en sortit vaincue et l’empereur humilié. En 1861, après la seconde guerre de l’Opium, l’empereur finit par céder Shamian aux puissances européennes qui purent y jouir d’un statut d’extra-territorialité.

Shamian aujourd’hui

Shamian devint une île administrative (consulats), et financière (banques), partagée entre Anglais et Français. Des immeubles imposants de style colonial y furent érigés, dans des rues ombragées par des canneliers, des camphriers, des fromagers, arbres aujourd’hui plus que centenaires.

Rien n’a été détruit, tout a été soigneusement conservé, et des familles de la classe moyenne y vivent encore, Shamian n’est pas devenu un musée. On y voit encore l’église Notre-Dame-de-Lourdes, le vieux consulat de France et l’ancienne poste française…

Texte : Olivier Page

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