Le tour du monde en 80 treks

Voyager en marchant, le temps d'une courte randonnée ou d'un trek de plusieurs jours, est un moyen privilégié de découvrir le monde. L'effort est presque toujours récompensé par les magnifiques paysages et les rencontres chaleureuses au hasard des chemins. À l'occasion de la sortie du livre Le tour du monde en 80 treks, dans lequel 9 trekkeurs se sont associés pour nous présenter leurs sentiers favoris, Anthony Nicolazzi, rédacteur en chef de Grands reportages et de Trek magazine, nous dévoile une sélection de ces itinéraires d'exception.
À lire également l’interview d’Anthony Nicolazzi.

Tour du mont Blanc

Tour du mont Blanc
© Anthony Nicolazzi

Le tour du mont Blanc est l’un des grands « classiques » du trek sur notre territoire. Il faut compter une semaine pour réaliser le tour complet, avec, en point d’orgue, une arrivée sur les balcons face au mont Blanc et à la Mer de Glace… 170 km de bonheur.

Grande traversée des hauts-plateaux du Vercors

Grande traversée des hauts-plateaux du Vercors
© Anthony Nicolazzi

La grande traversée des hauts-plateaux du Vercors, en hiver. Ou comment être plongé dans des conditions quasiment arctiques à moins d’une heure de la maison. C’est un territoire exceptionnel, sauvage, isolé, qui peut s’avérer hostile en conditions hivernales. Le Vercors est d’ailleurs le lieu d’entrainement de nombreuses expéditions arctiques avant leur départ.

Parc national de Rondane

Parc national de Rondane
© Anthony Nicolazzi

La Norvège est un pays incroyable pour vivre des expériences nature. Les Norvégiens ont un rapport privilégié avec leur environnement, et ce dès l’enfance. Les montagnes culminent à plus de 2000 mètres, et les fjords de la côte plongent littéralement dans l’Atlantique, en composant un paysage spectaculaire. 

Le long des levadas à Madère

Le long des levadas à Madère
© Anthony Nicolazzi

Sur l’île de Madère, des centaines de kilomètres de canaux d’irrigation acheminent l’eau vers les champs cultivés : ces canaux, appelés levadas, se glissent partout, dans les villages, les cultures, à flanc de falaise... un fabuleux réseau de sentiers quasi horizontaux et donc accessibles à tous, sur plus de 2 000 km.

Des steppes au désert de Gobi

Des steppes au désert de Gobi
© Anthony Nicolazzi

Aux portes du désert de Gobi, en Mongolie, un troupeau de chameaux de Bactriane se hâte pour la traite, avant que ne tonne l’orage. Pour un désert, tout semble bien vert. Mais on devine l’embellie estivale, une fulgurance de vie dont la nature en milieu hostile conserve les secrets. Deux mois plus tôt, deux mois plus tard, le paysage sera irrémédiablement sec, aride, presque stérile.

Vallée de la Nubra

Vallée de la Nubra
© Anthony Nicolazzi

Non loin du monastère de Diskit, dans la vallée de la Nubra, quelques chameaux de Bactriane rappellent l’histoire caravanière de la région. Le Ladakh et l’Himalaya indien ont longtemps été reliés à l’Asie centrale et aux routes de la Soie, par les hauts cols aux marges du plateau tibétain.

Plantations de thé au Sikkim

Plantations de thé au Sikkim
© Anthony Nicolazzi

Les plantations de thé situées sur les contreforts himalayens, non loin de Darjeeling, constituent une survivance de la colonisation britannique. Plus au nord, sous les cimes du Kangchenjunga (8586 m), l’ancien royaume du Sikkim est aujourd’hui rattaché à la république indienne.

En pays sherpa au Népal

En pays sherpa au Népal
© Anthony Nicolazzi

Everest, Lhotse, Ama Dablam (de gauche à droite)… les sommets emblématiques du Khumbu, également appelé « pays sherpa », accompagnent le trekkeur tout au long des itinéraires du camp de base de l’Everest ou des hauts-cols du Khumbu. L’un des treks les plus populaires au monde…

Cheminées de fées de Cappadoce

Cheminées de fées de Cappadoce
© Anthony Nicolazzi

Chaque matin, à 360 °, ce sont dix, vingt, cinquante montgolfières qui s’élèvent de concert dans le ciel de la Cappadoce, en Turquie. Un point de vue unique pour découvrir cette merveille géologique, composée d’une myriade de vallées, de cônes, d’aiguilles, de tours et de cheminées des fées…

Vallées du Cap-Vert

Vallées du Cap-Vert
© Anthony Nicolazzi

Sur l’île de Santo Antão, au Cap-Vert, les vallées de Ribeira da Janela, Ribeira do Paúl ou Ribeira Grande dévoilent un inextricable amphithéâtre naturel émaillé de villages, de maisonnettes au toit de paille, et de cultures en terrasses. Un immense jardin, rendu possible grâce à un savant réseau d’irrigation, qui fait déambuler le marcheur dans un incroyable univers vivant et verdoyant.

Île de La Réunion

Île de La Réunion
© Anthony Nicolazzi

Niveau trekking, la Réunion est ce qu’il se fait de mieux. Un volcan hyperactif, un point culminant à plus de 3 000 m, des villages totalement inaccessibles aux véhicules, des cascades d’une hauteur vertigineuse, des sentiers dans tous les sens, sans oublier un lagon qui, le soir venu, récompense le marcheur éreinté d’un véritable aquarium tropical qu’une simple paire de lunettes de piscine permet d’admirer.

Pays Dogon

Pays Dogon
© Anthony Nicolazzi

Vivement déconseillé aujourd'hui pour des raisons de sécurité, le Pays Dogon a longtemps fait partie des destinations de trek mythiques. Longue d’une centaine de kilomètres, haute de 300 m par endroits, la falaise de Bandiagara est située en territoire malien, au sud de la boucle du fleuve Niger. Longtemps, elle a servi de refuge aux peuples de la savane. Les agriculteurs dogons se sont installés au pied de la muraille ; les villages de banco (pisé) et leurs myriades de toits de chaume pointus se sont érigés dans les éboulis qui jonchent le bas de la falaise.

Cordillère des Andes

Cordillère des Andes
© Anthony Nicolazzi

Les volcans font partie de la vie quotidienne de la cordillère des Andes, en particulier dans la région centrale de l’Équateur, appelée « Allée des Volcans ». Depuis la nuit des temps, les populations autochtones, les Kichwas, ont eu à composer avec les humeurs des dieux. Leurs communautés villageoises conservent fièrement cette identité indigène et fêtes, cérémonies ou vêtements, rappellent à chaque instant cet attachement aux traditions amérindiennes.

Questions à Anthony Nicolazzi

Le Routard : Tu es spécialisé dans les sujets outdoor, d'où te vient cet intérêt pour les grands espaces ?

Anthony Nicolazzi : Sans doute est-ce lié au fait que je suis né et j’ai grandi dans les Vosges, où la nature fait partie du quotidien. Très tôt, j’ai arpenté la forêt, apprenant à m’orienter ou à lire les cartes pour retrouver mon chemin au fur et à mesure de mes explorations, mais aussi à découvrir les plantes, les animaux, les roches ou les fragments d’histoire qui « habitaient » les lieux. En voyageant, j’ai naturellement retrouvé ces reflexes qui me permettaient d’avoir une « lecture » du paysage, et une bonne compréhension des endroits que je visitais. Au-delà des grands espaces, que j’affectionne particulièrement il est vrai, j’aime avant tout « comprendre » ce que je vois. Le caractère des gens, par exemple, est déterminé par leur environnement immédiat ; les populations qui vivent dans les montagnes ont été confrontées depuis des générations à des conditions climatiques difficiles, et ont développé des « valeurs » telles que l’entraide, l’endurance ou la persévérance. Je suis toujours touché de voir, alors que je suis à des milliers de kilomètres de chez moi, que je partage les mêmes valeurs qu’un éleveur mongol ou qu’un berger ladakhis. Nous sommes différents, mais dans bien des domaines, nous parlons le même langage.

Le Routard : Si tu ne devais en retenir qu'un, quel serait ton trek favori ?

Anthony Nicolazzi : La réponse est forcément liée à une expérience personnelle, et aux moments forts que j’ai pu vivre en voyage. J’ai beaucoup d’affection pour le Népal car j’y ai vécu de multiples expériences très riches, et que ce pays fait partie des destinations de trek les plus enthousiasmantes que l’on puisse trouver sur la planète, tant sur le plan humain qu’en termes de paysages. Mais parmi les « voyages forts » qu’il m’a été donné de vivre, je me dois de mentionner le Karakoram, au Pakistan, qui a été mon premier grand voyage, celui qui avait fait rêver mon adolescence. Et aussi le Rwenzori, en Ouganda, les fameux « monts de la Lune » où se situaient les sources du Nil selon le géographe greco-égyptien Ptolémée. Leur existence même aura été un mystère pendant dix-huit siècles, avant que l’explorateur Henri Morton Stanley ne découvre enfin ce massif glaciaire en plein cœur de l’Afrique, en 1888. J’avais lu un reportage sur le Rwenzori en 1982, et je m’étais juré d’y aller un jour. Il m’aura fallu 25 ans pour accomplir ce rêve.

Le Routard : Sais-tu déjà quelle sera ta prochaine destination et as-tu encore un trek que tu rêverais de faire ?

Anthony Nicolazzi : Lorsque je regarde en arrière, je me dis que j’ai eu beaucoup de chance de pouvoir voyager ainsi, et de découvrir des lieux qui m’avaient fait rêver si longtemps. Mais étonnamment, je ne suis pas rassasié. Il reste fort heureusement de nombreuses régions qui continuent de me faire rêver, et d’autres que je connais désormais, où je rêve de retourner. Malgré tout, je ne suis pas un voyageur qui « collectionne » les voyages. À la quantité, je préfère la qualité : prendre le temps de m’imprégner, choisir avec soin mes itinéraires, établir des liens forts avec les personnes que je rencontre… Et puis j’aime aussi partager ces moments là, écrire des « pages d’histoires » avec d’autres voyageurs. J’ai eu la chance d’emmener ma fille découvrir le Népal il y a deux ans (elle était alors âgée de huit ans), et c’était pour moi un immense bonheur de voir cette émotion dans laquelle nous porte le voyage à travers ses yeux d’enfant. Alors peu importe l’endroit, j’aimerais renouveler cette expérience.

Le Routard : Quel est ton équipement photographique et les logiciels que tu utilises pour le traitement de tes photos ?

Anthony Nicolazzi : J’ai longtemps voyagé avec un reflex et des objectifs professionnels, lourds et encombrants, mais plus les années passent, et plus j’utilise des matériels légers et polyvalents. Je voyage toujours avec mon reflex (un Nikon D800) mais avec un simple objectif transtandard 24-80 mm. Par contre, depuis deux ans, je me suis formé au pilotage de drones, car cet appareil a littéralement révolutionné la manière dont on pouvait réaliser des prises de vue. Je l’utilise dans des lieux éloignés, où les images que je réalise sont encore inédites à ce jour. J’utilise un matériel très courant (un DJI Phantom équipé d’une GoPro), mais léger et relativement facile à transporter. Là où il fallait jadis mobiliser un hélicoptère, cher et polluant, pour réaliser ces prises de vue aériennes, un simple drone permet désormais d’enregistrer des plans incroyables à moindre coût. Le tout en le transportant sur son dos…

Le Routard : As-tu quelques conseils à donner à nos internautes photographes qui pratiquent le trek ?

Anthony Nicolazzi : Opter pour du matériel léger et polyvalent, car le poids de notre équipement est bien souvent une limite à notre liberté d’évolution. Lorsque vous évoluez à 5000 m d’altitude, chaque (kilo)gramme supplémentaire compte. Certes, vous réaliserez de plus belles images avec plusieurs objectifs, mais au final, vous consommerez votre énergie à porter votre matériel, là où elle pourrait être utilisée pour avancer un peu plus loin, ou un peu plus haut. Les petits appareils compacts aujourd’hui (voire les smartphones) sont capables de réaliser des images —photos ou vidéos— tout à fait correctes. Certes, vous aurez moins de pixels, peut-être, mais est-ce réellement important ? Mieux vaut une image qui véhicule une émotion, ou une photographie prise dans un lieu inédit, qu’une image techniquement parfaite, dans un endroit accessible au commun des mortels. Peu importe la technique, j’attache davantage d’importance au contenu des images, à leur caractère inédit, à leur rareté.

Le tour du monde en 80 treksPour continuer le voyage, retrouvez l'ensemble des itinéraires ainsi que des conseils pratiques pour préparer son trek, dans l'ouvrage Le tour du monde en 80 treks aux éditions Hachette Pratique.

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