La Charité-sur-Loire et Sancerre, plaisirs d’automne

La Charité-sur-Loire et Sancerre, plaisirs d’automne
Sabine André

Moins touristique que la Vallée de la Loire, le Nivernais se distingue par sa discrétion et son authenticité. À deux heures de Paris, La Charité-sur-Loire étonne par la richesse de son patrimoine. Tout près, les rives de la Loire s'offrent aux promeneurs et le vignoble de Sancerre aux épicuriens. Santé !

La Charité, sur les chemins de Compostelle

Construite à fleur de coteau, La Charité domine la Loire et le pont de pierre qui l’enjambe. Étape importante sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, La Charité est une puissante cité monastique au Moyen Âge grâce à son prieuré, fondé en 1059 sur les bords de Loire par l’ordre de Cluny à qui l’on doit la fameuse abbaye du même nom. Au XIIe siècle, l’église Notre-Dame de La Charité-sur-Loire est la deuxième église de la chrétienté après Cluny.

Les pèlerins qui profitent de la « charité des bons pères » rebaptisent la ville autrefois appelée Seyr - ce qui signifie « soleil » - et lui donnent son nom actuel. La ville déclinera ensuite, affaiblie par la Guerre de Cent ans et les guerres de religion. Petite anecdote : La Charité sera fatale à Jeanne d’Arc puisque sa défaite - la première ! - aux portes de la ville lui sera reprochée lors de son jugement !

La visite de l’église est incontournable : classée par l’UNESCO depuis 1998, elle étonne par son architecture profondément remaniée au fil du temps et par la richesse de ses chapiteaux, pilastres et tympans sculptés. Le prieuré, en cours de restauration, abrite une jolie salle capitulaire qui accueille régulièrement expositions et concerts.

Balade dans le temps

Le passé historique de la ville peut encore se lire dans ses rues et ruelles : étroites et profondes, elles ont conservé leur nom évoquant les métiers du passé : « rue des hôtelleries, rue du grenier à sel, place des pêcheurs, rue des chapelains… ». Il faut flâner dans ces rues sombres et humides pour apercevoir une tour Renaissance, une façade classique, une cave voûtée...

Pour contempler un beau point de vue sur la ville, la Loire et la campagne environnante, il faut suivre les anciens remparts en remontant vers le haut de la ville. Un détour par le musée municipal complète la visite de la ville : les collections, issues des fouilles archéologiques du prieuré, permettent de retracer la vie quotidienne de celui-ci à l’époque médiévale.

La rue du Pont, qui relie l’église à la Loire est truffée de librairies et de bouquinistes, qui ont peu à peu pris possession du quartier et ont valu à la ville le titre de Ville du Livre : un paradis pour les collectionneurs en quête de livres originaux ! Des manifestations autour du livre sont d’ailleurs organisées toute l’année à la grande joie des bibliophiles.

Petit conseil : pour une arrivée inédite sur la Loire, bifurquez à droite depuis la rue du Pont et prenez la petite rue des Bancs-Vieux : le point de vue sur la Loire et le vieux pont de pierre est ravissant ! De l’autre côté du pont, un quartier s’est créé sur une île de la Loire : le faubourg. Au petit matin ou en fin d’après-midi, les pêcheurs se rassemblent sur la digue submersible de la chevrette, pour la pêche au sandre et au brochet.

Au fil de la Loire

Vous êtes venu à la Charité pour le prieuré, mais il y a aussi la Loire ! Le dernier fleuve sauvage mérite son appellation : au gré des crues, des îlots se créent ou s’évanouissent. La nature est reine. Une zone de vingt kilomètres entre Pouilly et la Charité est classée Natura 2000 depuis 1995 : elle abrite une trentaine d’espèces de poissons, près de 500 espèces de flore, et plus de 200 espèces d’oiseaux. Les adeptes du tourisme vert seront comblés : cyclotourisme, randonnée, canoë… Tous les moyens de locomotion sont bons pour découvrir ce milieu préservé !

À pied, vous pouvez parcourir les différents sentiers aménagés ou sauvages le long de la Loire, prendre le soleil sur les plages ou bancs de sable et admirer la faune et la flore typique de ce milieu préservé. Plusieurs chemins partent du Pavillon du Milieu de Loire à Pouilly, qui organise toute l’année des sorties thématiques (observation des oiseaux, des castors…).

À vélo, vous pouvez emprunter l’ancien chemin de halage qui longe la Loire ou la piste cyclable qui borde le canal latéral à la Loire. L’office de tourisme loue des vélos électriques aux moins sportifs ! Du vélo toujours, mais sur une ancienne voie de chemin de fer : à la gare de Port Aubry, à trois kilomètres au sud de Cosne-sur-Loire, le cyclorail du Sancerrois emprunte un viaduc long d’un kilomètre au-dessus de la Loire et offre une jolie promenade campagnarde.

Le canoë reste cependant le moyen le moins fatigant et le plus dépaysant de découvrir la Loire durant l’été. Au rythme docile de l’eau, vous quittez la civilisation pour la nature sauvage, dans un silence de cathédrale. L’œdicnème criard vous observe de son œil d’or tandis qu’un héron prend son envol à votre approche. N’hésitez pas à quitter le lit principal du fleuve pour visiter ses différents bras au courant entravé par la végétation et le bois flotté : exotisme garanti !

Du côté de Sancerre

La Charité se situe à la frontière entre le Nivernais et le Berry. Si vous êtes motorisés, la découverte de la campagne du pays charitois et du Berry environnant s’impose.

En pays charitois, les champs alternent avec les bois. À moins de cinq kilomètres de la Charité, la forêt des Bertranges, seconde chênaie de France, offre de belles promenades, particulièrement à l’automne quand les arbres se parent de vibrantes couleurs : partez cueillir des champignons en journée ou écouter le brame du cerf au fond des bois en compagnie d’un guide.

Les amateurs de vins se promèneront dans les coteaux ensoleillés ou feront le tour des caves de Pouilly et de Sancerre afin de déguster ces vins réputés. En allant vers Sancerre, le petit port de plaisance de Ménétréol-sous-Sancerre est bien agréable. On peut s’y arrêter pour siroter un petit verre de vin blanc accompagné d’une friture de poissons, en contemplant les bateaux de passage : un régal !

La visite de Sancerre vaut le détour, et pas seulement pour ses caves : cette petite ville au charme provincial est agréable à parcourir et offre un joli panorama sur le Val de Loire. En quittant la ville, empruntez la route de Chavignol afin de découvrir un point de vue inédit du vignoble et vous ravitailler par la même occasion du délicieux fromage à la source. Le temps semble s’être arrêté dans ces villages, images nostalgiques de notre douce France : on y est bien !

Fiche pratique

Consultez nos fiches destination Bourgogne et Châteaux de la Loire.

Comment y aller ?

- En voiture
Indispensable pour sillonner la région.
Depuis Paris, autoroute A77, sortie 28. 216 km .Péage : 10,70 €.
- En train
Train depuis la gare de Bercy. Durée : 2 heures environ. Tarif normal : 30 € l’aller.

Où manger ?

- L’Auberge de Seyr : 4, Grande-Rue, à La Charité-sur-Loire. Tél. : 03-86-70-03-51. L’une des bonnes tables de La Charité. Compter 25-30 € par personne.
- Chez Babette et Eva, 73, rue Camille Barrère à La Charité-sur-Loire. Tél : 03-86-70-01-54. Cuisine familiale dans un décor original, expos temporaires. Tartes salées à partir de 8 €.
- L’Écurie, 31 Nouvelle-Place à Sancerre. Tél : 02-48-54-16-50. Plats et salades copieuses et de bonne qualité. Bon rapport qualité-prix.

Où dormir ?

Hôtel Le bon Laboureur, quai Romain-Mollot à La Charité-sur-Loire. Tél. : 03-86-70-22-85. Hôtel sympa dans une bâtisse ancienne. Certaines chambres donnent sur la Loire. Doubles à partir de 50€.

Sites et infos utiles

Réservations canoë-kayak : 03-86-70-35-88

Texte : Sabine André

Mise en ligne :

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