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Des criques craquantes

Des criques craquantes
Eric Milet

L’intérieur d’Ibiza ondule en collinettes boisées découpées par des axes routiers surdimensionnés. C’est en sillonnant les petites routes de campagne, parfumées d’essence de pin, qu’il faut gagner les calanques paradisiaques qui ont fait la renommée de l’île.

Au nord de San Antonio, Cala Salada (photo), une petite crique comme un coup de cuiller dans la nappe de rocher friable, étale ses eaux cristallines sur fond d’outremer. Rien à voir avec la platja d’Enbossa et son cortège de transats. Pas de bar de plage distribuant des décibels à tout va. Ici on bronze au chant des cigales et, qui plus est – si on le souhaite –, dans le plus simple appareil...

En 1932, l’écrivain et philosophe juif allemand Walter Benjamin, fuyant le nazisme, découvrirait la douceur de vivre ibicenca tout en déplorant la construction du premier hôtel à San Antonio. Aujourd’hui ultra-bétonnée, San Antonio ne vit plus qu’au rythme des charters de clubbers, majoritairement britanniques. Heureusement, il y a l’arrière saison et l’arrière-pays, qui recèle encore de beaux petits coins dotés d’une nature généreuse. L’office de tourisme y a balisé des parcours de marche nordique.

De San Antonio à Eivissa, la côte ouest égraine un chapelet de calanques toutes plus belles les unes que les autres : Cala Bassa, Cala Vedella, Cala d’Hort, Cala Jondal. Un itinéraire à parcourir en scooter, la serviette de plage autour du cou. C’est l’occasion de passer d’un chiringuito (paillotte-resto de plage) à un autre.

Au mois de septembre, quand arrive la saison des rasons (raones en dialecte local) – ces petits poissons à la peau si croustillante quand ils sont frits –, les plages sont animées jusqu’à fort tard en soirée. À quelques encablures au large, le rocher d’Es Vedrà avec ses 380 m de haut, jaillit de la mer comme la proue d’un navire en perdition.

Texte : Eric Milet

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