La Gallura, aux couleurs de la Sardaigne

Un conte de fée couleur d’émeraude ?

Un conte de fée couleur d’émeraude ?
Jean-Philippe Damiani

L’émeraude. C’est à la couleur de cette pierre précieuse que le nord-est de la Sardaigne doit sa bonne fortune touristique. En effet, en 1961, le prince Aga Khan, ayant un coup de foudre pour la beauté sauvage et la couleur de l’eau de mer de la région, décide d’acheter à des paysans locaux une bande de littoral de dix kilomètres située au nord d’Olbia pour y créer la Costa Smeralda (Côte d’Émeraude). Il décide d’y implanter une station balnéaire haut de gamme obéissant à des règles architecturales strictes : respect de l’environnement, maisons blanches ou pastel imitant les demeures traditionnelles sardes, influences byzantines.

Le « style Costa Smeralda » voit alors le jour, fleurissant face à une mer de carte postale, entre les localités ultra-chic de Porto Cervo et Porto Rotondo (photo). Depuis, devenue l’un des points de rencontre de la jet-set internationale et des inévitables paparazzi, la région est affublée de tous les oripeaux des « contes de fées » (ou des cauchemars) modernes : yachts, nuits d’hôtels coûtant plusieurs centaines d’euros (et beaucoup plus dans des palaces comme le Cala di Volpe), top-modèles et badauds obnubilés par le bling-bling. Pas étonnant que l’inénarrable Berlusconi y ait fait construire l’une de ses résidences d’été, la pharaonique villa La Certosa.

Bref, vous l’aurez compris, la côte d’Émeraude conviendra plus aux propriétaires de Ferrari qu’aux routards et au commun des mortels. Mais la Sardaigne, île essentiellement rurale où le salaire moyen dépasse péniblement les 1 000 euros, est bien loin de se résumer à cette carte postale galvaudée.

Texte : Jean-Philippe Damiani

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