Arménie, la preuve par le monastère

Au nord, les gorges de la Debed

Au nord, les gorges de la Debed
Claude Hervé-Bazin

On ne saurait visiter tous les monastères d’Arménie. Ils sont innombrables et beaucoup, inaccessibles, ont été abandonnés au fil des siècles. Ainsi à Kobayr, sur le flanc nord de la vallée de la rivière Debed, au nord du pays, en chemin vers la Géorgie. Un sentier muet, sinuant entre les maisons et les soues à cochons d’un bourg oublié, se hisse jusqu’aux arbres et aux murs éventrés, découvrant un Christ ressuscité dans le chœur ouvert aux vents. En aval, le monastère d’Achtala est également silencieux, même s’il a conservé son toit. Ses murs, exceptionnellement, sont couverts de fresques superbes, qui menacent chaque jour de s’effondrer.

Vivants, ceux-là, les monastères de Sanahin (notre photo) et Haghpat s’amarrent sur le versant opposé. Fondés au Xe siècle par la reine Khosrvanouch, à dix années d’intervalle, ils s’enorgueillissent d’avoir abrité bibliothèque, scriptorium, école de médecine. À leur apogée, quelque 500 scribes, théologiens et érudits y vivaient. Le premier se serre au-dessus du village éponyme, adossé à un cimetière verdoyant où foisonnent les fleurs des champs et de grands tilleuls sévères. Dans l’église de la Sainte Vierge, on trébuche sur les tombes vénérables de moines aux visages ronds comme la lune. Des animaux peuplent les chapiteaux. Et, à l’arrière, sur le pignon oriental, un discret bas-relief dédicatoire, haut perché, montre les deux fils de la reine, Smbat et Gurgen, tenant entre eux la maquette du sanctuaire.

Texte : Claude Hervé-Bazin

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