Valparaiso, prenez l’ascenseur !

Autres Montmartres porteños

Autres Montmartres porteños
Claude Hervé-Bazin

La balade tient un peu du hasard et beaucoup du degré de la pente. Invariablement, les calles finissent par glisser d’un cerro pour rebondir sur un autre, escaliers ou virages à la clef. Du cerro Alegre au cerro Cárcel (« prison »), du cerro Cárcel au Florida, du Florida au Bellavista, la visite prend des allures de montagnes russes, la vitesse en moins. Sur ce dernier, au-dessus de l’ascensor Espíritu Santo, les tags et les graffitis habituels cèdent le pas aux vraies peintures du Museo a Cielo Abierto, réalisées par les professeurs et étudiants d’un institut d’art local.

À l’est, tout à l’est, l’ascensor du très populaire Cerro Polanco, auquel on accède par un long tunnel, joue les originaux. Battu l’exploit technique du cerro Artilleria, où la pente du funiculaire atteint 63,5 % ! Ici, on peut véritablement parler d’ascenseur, grimpant verticalement sur 60 mètres de haut jusqu’au sommet d’une grande tour jaune, son sommet relié au plancher des vaches par un pont suspendu métallique... De là, la marée de toits de tôle rouillés et rapiécés atteste d’un niveau de vie bien différent de celui des fresas (jeunes friqués) installés juste au-dessus du centre-ville.

De l’autre côté de la baie, l'Ascensor Artillería, en livrée jaune et bleue délavée, trace son chemin vers le plus vaste panorama de Valparaiso, livré au regard depuis le Paseo 21 de Mayo, ombragé par un unique palmier. Il fut construit en 1893 pour permettre aux élèves de l’école militaire navale voisine de ne pas arriver en retard aux cours...

Texte : Claude Hervé-Bazin

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