Casablanca la méconnue

Sidi Abderrahmane, l’îlot mystérieux

Sidi Abderrahmane, l’îlot mystérieux
Cerise Maréchaud

Mais bien des mystères de Casablanca se nichent loin de son centre frénétique, comme à Sidi Abderrahmane, un minuscule promontoire rocheux peint de blanc. Posé sur l’océan entre la rive et le large, l’îlot happe le promeneur de la plage par quelques marches grossières que les vagues viennent polir à marée haute. À marée basse, des femmes lavent le linge dans un cours d’eau douce ruisselant vers l’océan.

Peu de Casablancais s’y rendent, par superstition : à Sidi Abderrahmane, presque déserté par les hommes, les femmes, des chouwafate, lisent l’avenir dans le plomb fondu et promettent la fertilité, moyennant des cérémonies mêlant fumées d’encens, des sacrifices de coqs noirs et des offrandes de fleurs d’oranger ou de lait à l’océan. Elles préparent ainsi les demandeuses à se faire frapper des « sept vagues guérisseuses ». Y croit qui veut. Mais nul doute que ce petit bout de terre est pétri de mysticisme : portant le nom d’un des saints préférés des Casablancais, guérisseur des angoissés, Sidi Abderrahmane sert d’écrin à une trentaine de marabouts.

Sa géographie marginale, trêve de modernité le long d’une corniche bétonnée et branchée, et son atmosphère insolite, comme suspendue à un avenir fantasmé, ont décidé la réalisatrice Narjiss Nejjar à y tourner en 2005 son film Wake up Morocco. « Je me baladais sur la corniche, un jour brumeux. Il y avait une sorte de chape de plomb sur Sidi Abderrahmane. J'ai cru voir le Maroc à cet instant, et je me demandais ce que les voyantes avaient prédit pour son avenir. J'ai donc retroussé mon jean et suis allée voir. »

Texte : Cerise Maréchaud

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