Casablanca la méconnue

Bain populaire à Derb Soltane

Bain populaire à Derb Soltane
Cerise Maréchaud

Pour les amateurs de bonne viande, il n’est jamais trop tard pour attraper un taxi rouge et filer à l’entrée de Derb Soltane L’Baladiya, pour y déguster les choua (kefta, brochettes, côtelettes…) de la place Sidi Ben Abdellah dans une atmosphère enfumée. La viande s’achète au kilo dans l’une des petites boucheries mitoyennes d’où pendent des têtes de dromadaires au long cou dépecé, entre côtes de bœuf et pieds de mouton. Les cuistots de la place mitonnent le tout pour 10 DH le kilo, agrémenté de tomates et d’oignons grillés et arrosé de thé. Une excellente adresse populaire, qui se mérite en dépassant les quelques ruelles du quartier des Habous.

À l’entrée des arcades qui abritent un mini-souk touristique, s’élève un immeuble imposant: le « tribunal de la Moudawana », où se jugent les affaires relatives au Code de la famille, dont la réforme représente l’un des chantiers les plus importants du règne de Mohammed VI. Une fois dépassée l’allée principale, il suffit de remonter sur la droite, le long des magasins de djellabas et de vaisselle de fête, puis de passer le pont surplombant la voie ferrée pour entrer dans Derb Soltane, quartier d’où partirent les mouvements politiques et sociaux d’avant l’indépendance.

Toujours tout droit, la rue s’enfonce soudain dans une foule grouillante s’étendant à perte de vue, dans un fouillis de dattes, cosmétiques de contrebande, fleurs en plastique, habits d’occasion, portables rafistolés, tuyauteries, matériel de cuisine… En vitrine, des hijab (voiles) légers et des caftans flamboyants ; en arrière-boutique, parfois, quelques burqa à l’afghane. Et en amont, sur la droite, une étonnante ruelle digne d’un marché aux sorcières, où se mêlent herbes folles, racines tortueuses, tortues et caméléons encagés, peaux de renards et aigles empaillés…

Texte : Cerise Maréchaud

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