Paradis vert
Éléonore Collin

Une lumière de premier matin du monde baigne la côte caraïbe du Costa Rica. Dans la transparence de l’air qui dispense encore une exquise fraîcheur, un toucan pousse des cris perçants. La surface sombre du canal de Tortuguero, enserrée entre des rives touffues, s’étend sous un ciel où flottent quelques nuages. Il faut se lever tôt pour s’imprégner de la vitalité qui émane du lieu, dès les premiers rayons du soleil…

Un vacarme de branches secouées démasque les premiers ébats d’un groupe de singes. Toute une bande de capucins jouent les trapézistes virtuoses dans un bosquet de bambous géants. Des arabesques noires se dessinent et s’effacent à toute vitesse sur fond de tiges vertes. Autour des massifs fleuris, sous les cocotiers, se joue le ballet furtif des colibris et des morphos, ces incroyables papillons bleu électrique, grands comme la main. Des écureuils cabriolent au soleil. La notion du temps s’efface. Ici, au cœur du parc de Tortuguero, n’a plus cours que le rythme de la nature.

Le Costa Rica est un petit joyau qui évoque irrésistiblement le paradis originel. Sa situation géographique, à la jonction des deux continents américains, explique l’abondance et la diversité des espèces qu’il abrite. Un quart de sa superficie est constituée de parcs nationaux ou privés, où l’écotourisme ne cesse de se développer. La particularité de la côte caraïbe tient à sa forêt primaire qui reçoit de fortes précipitations toute l’année, ce qui crée un climat particulièrement humide et chaud. Une atmosphère mystérieuse émane de cette forêt dense et sombre, aux zones marécageuses parcourues par un lacis de petits canaux.

Le lamantin, gros mammifère herbivore qui serait à l’origine du mythe des sirènes, vit dans ces eaux peu profondes. C’est l’animal emblématique du parc national de Tortuguero, qui s’étend le long de cette côte aussi accueillante pour la faune sauvage qu’inhospitalière pour les hommes. Côté océan, des rouleaux viennent fouetter un long ruban de sable inabordable, car dépourvu de criques. Côté terre, les mangroves qui s’enfoncent loin vers les plaines empêchent la construction de routes. Entre les deux, le parc déploie les méandres aquatiques de ses 19 000 hectares. Bienvenue dans l’Amazonie du Costa Rica…

Texte : Éléonore Collin

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