Le Voyage était presque parfait

Auteur : Jean-Didier Urbain

Editeur : Payot

560 Pages

Le Voyage était presque parfait

Jean-Didier Urbain, spécialiste en anthropologie sociale, signe un essai érudit sur l’art de (mal) voyager, nourri par de multiples références culturelles et extraits de lettres de plaintes. Il étudie les situations anodines : l’attente devant un tapis (ne) délivrant (pas) le bagage attendu, la rencontre chaotique de l’autre, ces impondérables qui parasitent et interfèrent… Sans jugement, il épie l’Homo touristicus qui sommeille en nous et se réveille au moment où nous espérions trouver et renvoyer au monde le meilleur de nous-même. Car, même s’il adopte souvent la rassurante stratégie dite « du banc de poissons », le touriste rêve toujours d’être davantage que ce qu’il est.
Ce portrait est parfois ironique, souvent sans concession : l’échec du voyage n’est pas seulement dû aux accidents de parcours, il est aussi une prédisposition. Le voyageur qui reste emprisonné par ses certitudes oublie de douter. En refusant l’imprévu, il raye le disque d’un scénario trop strict. L’inadéquation entre lui et son décor creuse le lit de ses déboires.
Et pourtant, celui que Jean-Didier Urbain nomme le « mésaventurier » cherche toujours à se dédouaner, se perdant dans les méandres de courriers de doléances aux tours-opérateurs et éditeurs de guides. L’auteur dissèque la victimologie du voyageur : est-il trompé ou se trompe-t-il ? Le dédommagement demandé est-il une compensation ou une quête de profit déguisée ? La plainte doit-elle être lue comme le fait d’un martyr, d’un altruiste ou celui d’un maître chanteur ?
Loin de la pratique épistolaire de la plainte, le retour est aussi le moment de briller en société. Impossible est alors tout aveu d’échec qui pourrait ternir le récit, assombrir la représentation idéalisée que ceux qui sont restés se font de la destination et du voyageur : un aventurier baroudeur dans un paysage dépaysant et idyllique. La déception, elle aussi socialement incorrecte, est dissimulée par l’Homo touristicus. Car le retour est aussi le moment de se confronter à la réalité de la destination et du lieu de départ : comme à la sortie d’une salle de cinéma, on réalise alors que rien n’a changé.
Le Voyage était presque parfait nous fait croquer les absurdités et frustrations de la société de consommation. Il ne s’agit pas ici de se moquer de ses victimes, mais de purger la hantise asphyxiante d’une aventure imparfaite.

Texte : Marie Borgers

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