Voyage en short, planète en slip

Auteur : Jean-Marie Boëlle

Editeur : Phileas Fogg

92 Pages

Voyage en short, planète en slip

Il y a M. Kilomètres, « éminent » journaliste hors circuit qui a tout vu, tout connu, et qui ne se prive pas d’étaler sa science du voyage : « À côté d’une cervelle de singe crue et frémissante – comme à Hong Kong, je la dégustais avec cette vieille ficelle de Bao Daï –, le foie gras de Sarlat manque de saveur, vous savez ! Ha ha ! ».
Il y a Monique Piquet, qui travaille dans une agence de voyages avec l’enthousiasme d’un végétalien commis de boucherie. Mais la force de persuasion de son sabir emphatique n’a d’égale que celle des photos idylliques de ses catalogues.
Et puis il y a Pascale et Antoine Boudesseul, la quarantaine monotone, qui n’ont jamais pris l’avion. Une hérésie ! Sur les conseils bienveillants des deux mentors précités, le couple décide de découvrir le monde, à l’heure des voyages tout compris et des Paris-Pékin en douze heures. Voyage en short, planète en slip : un titre surprenant et accrocheur, pour cette courte caricature du voyage en conserve tel qu’on nous le sert à la louche aujourd’hui. Il renvoie à l’idée de voyeurisme, une image plutôt bien trouvée. Le couple Boudesseul, contaminé par le virus du voyage, écume en effet les quatre coins de la planète en un temps record, entre week-end en Chine et forfait « Fantômes au Pays de Galles, 3 jours / 2 nuits au départ de Paris, 499 €, supplément de 39 € pour le week-end de la Toussaint ». Un constat s’impose : notre planète est désormais bel et bien, grâce aux progrès technologiques, mise à nu. Est-ce un mal ? Pas selon M. Kilomètres, en tout cas !
Pourtant, ce petit livre sympathique prête plus à rire qu’à la satire véritable. Les Boudesseul, à force de naïveté, deviennent presque attachants. On appréciera particulièrement les impressions que Pascale consigne dans ses lettres : « les jeunes Pékinoises ont adopté la mode occidentale : toutes portent des tongs » ; à Amsterdam : « Nous avons bu de la liqueur de genièvre avec de la bière. Ça s’appelle Kopstoot et ça veut dire “coup de tête”. J’ai eu la migraine pendant deux jours. Mais il faut se plier aux coutumes locales, non ? Sinon, à quoi bon voyager ? »... L’impression finale est celle d’une lecture divertissante et rapide : le genre de livre de route idéal pour un week-end en short à l’étranger !

Texte : Clémentine Bougrat

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