Carnet de Chine 1932. Le voyage insensé du père Jo

Auteur : Christine Cornet et François Verdier

Editeur : Actes Sud

207 Pages

Carnet de Chine 1932. Le voyage insensé du père Jo

Le 9 septembre 1932, Joseph de Reviers de Mauny, dit le “ père Jo ”, s’embarquait sur le Félix Roussel à destination de Shanghai. Mandaté par la Mission de Chine, le prêtre français partait à la rencontre des missionnaires œuvrant sur place depuis que la Chine, vaincue lors des guerres de l’opium (1840-1860), avait été contrainte de céder des concessions aux puissances occidentales.
A priori, le carnet de route d’un obscur prêtre jésuite parti dans un pays pétri de croyances bouddhistes et taoïstes, ainsi que de confucianisme, ne laisse pas présager un portrait objectif de la Chine à la veille de la proclamation de la République populaire. Mais à la différence du commun des voyageurs de cette époque, encore prisonniers d’une vision ethnocentrique occidentale, le père Jo ne s’est pas arrêté à la description d’un Shanghai ultramoderne et cosmopolite, la ville par laquelle il entre en Chine. Il s’est aussi intéressé aux Chinois, à leur mode de vie, leurs traditions, leurs coutumes, et son témoignage est d’autant plus précieux qu’il a rapporté de son voyage une quantité impressionnante d’images, de photographies, d’aquarelles et de films.
L’originalité de ce carnet tient aussi à la façon dont les auteurs, qui ont trouvé par hasard les notes du père Jo au cours de leurs recherches de sinologues, se sont servis de celles-ci pour tisser la trame d’un portrait circonstancié de la Chine des canaux. Ils citent des extraits des écrits du père Jo, dont l’intérêt ne tient pas vraiment à leur valeur littéraire, et s’en servent comme point de départ d’une description approfondie de la culture de cette partie de la Chine, située le long du Grand Canal qui court de Hangzhou à Pékin.
Nous suivons ainsi le père Jo à Hangzhou, Nankin, Zhenjiang et dans chacun des villages où se trouve une mission jésuite, jusqu’à l’intérieur de la Cité interdite de Pékin dont les portes ne s’étaient ouvertes aux visiteurs étrangers que quelques années auparavant. Et à chacune de ces étapes, les auteurs nous éclaircissent sur les croyances et superstitions de la population, les techniques de pêche en rivière, celles de la construction des jonques, les significations du Qingming, la fête des morts, et jusqu’à la valeur des excréments humains, que les Chinois recueillent dans une jarre, le matong, pour les revendre comme engrais aux cultivateurs…
Ce carnet de route un peu particulier est accompagné d’un recueil de photos intitulé Paysans de l’eau, publié par le même éditeur. Il offre une balade instructive et captivante au cœur d’une Chine ancestrale, que l’on se surprend vite à vouloir redécouvrir en retournant sur les traces du père Jo…

Texte : Clémentine Bougrat

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